Hammer Series : un concept innovant et intéressant, un emballage à revoir

Ce week-end s’est déroulée dans le Limbourg néerlandais la première édition des Hammer Series, cette nouvelle compétition par équipes imaginée par le collectif Velon afin de bouleverser les codes du cyclisme contemporain et offrir un spectacle innovant aux fans de la Petite reine.
Ce week-end s’est déroulée dans le Limbourg néerlandais la première édition des Hammer Series, cette nouvelle compétition par équipes imaginée par le collectif Velon afin de bouleverser les codes du cyclisme contemporain et offrir un spectacle innovant aux fans de la Petite reine. Si l’attrait sportif était bien là avec une finale haletante jusqu’au dernier mètre, la difficulté de compréhension de ces nouvelles règles a quelque peu refroidi les ardeurs. Il suffit pourtant d’une meilleure couverture de l’événement et d’un rodage plus précis pour que les Hammer Series deviennent un rendez-vous annuel intéressant.

Velon ne pouvait espérer une meilleure finale que celle proposée dimanche après-midi au terme des 44,7 kilomètres de la poursuite par équipes proposés autour de Sittard. Le Team Sunweb a récupéré plus de 30 secondes sur le Team Sky, parti en avance, et a failli remporter les Hammer Series au terme d’un sprint haletant entre… huit coureurs, quatre de chaque équipe. Ce sont finalement les hommes en noir de l’équipe britannique qui ont passé en premier la ligne d’arrivée, permettant au Team Sky de remporter le classement général de ces Hammer Series, alors que la Sunweb devait se contenter du succès sur l’étape, grâce au meilleur temps signé sur ces 44,7 kilomètres. L’équipe néerlandaise aurait donc remporté le contre-la-montre par équipes dans une structure de course plus classique. Mais là n’était pas l’objectif ce dimanche…

Velon peut se féliciter d’avoir obtenu ce résultat final, au terme de la troisième manche des Hammer Series. Car les deux premières journées de compétition ont été compliquées à analyser pour les suiveurs du peloton. Les indications à l’écran étaient en effet pour le moins disparates ou tout simplement erronées. Alors que Velon pousse depuis deux ans pour un meilleur affichage des informations à l’écran, avec l’ajout de nouvelles données en temps réel sur la fréquence de pédalage ou le rythme cardiaque de chaque coureur, l’organisation n’a visiblement pas trouvé la bonne boîte de production, ce week-end, pour afficher des informations primordiales comme les écarts entre deux groupes ou faire un rappel discret et rapide sur les équipes en tête au terme de chaque tour des deux premières manches.

Pour introduire ce nouveau concept de classement par équipes, avec des points rajoutés à chaque tour, Velon devait justement taper et retaper cette idée dans la tête des fans de cyclisme, en assénant des rappels le plus souvent possible. Sinon, impossible de suivre cette compétition pourtant innovante. Car l’intérêt sportif était bien là et les coureurs l’ont prouvé : bon nombre d’attaquants de la première heure sur la course de côte ont eu du mal à suivre le rythme effréné, à l’image de Tim Wellens (Lotto-Soudal) ou Daniel Oss (BMC). Les tactiques habituelles utilisées sur les courses traditionnelles ne fonctionnaient clairement pas, et il fallait savoir jauger son effort tout au long des deux heures de course pour éviter la zone rouge. De même sur l’épreuve du sprint, sur laquelle Trek-Segafredo a réussi un grand coup via notamment les offensives de Jasper Stuyven et Matthias Brändle tout au long de la journée.

Mais si vous ne parvenez pas à suivre ce nouveau système de points, comment parvenir à comprendre ces tactiques, justement ? C’est là-dessus que Velon a pioché et doit encore améliorer son emballage pour rendre ces Hammer Series encore plus intéressants. Surtout face à un public conservateur, qui n’aime pas forcément qu’on bouscule autant son sport en un week-end. Les Hammer Series peuvent être un rendez-vous annuel (voire bi-annuel, vu la prochaine édition prévue en Norvège, en 2018) qui marquera la saison. Il reste encore à se montrer plus convaincant, et à chercher de nouveaux diffuseurs, dès l’année prochaine. Car la télévision reste également le meilleur vecteur de diffusion, aujourd’hui, même si Velon peut se vanter d’une audience de quelques centaines de milliers de spectateurs via YouTube et Facebook durant ce week-end.

Grégory Ienco – Photo : Team Sunweb

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