Paris-Roubaix Femmes 2021 : notre présentation de la 1re édition

Enfin ! Les cyclistes du peloton féminin vont enfin pouvoir s’attaquer aux pavés de Paris-Roubaix. Pour la première fois en 125 ans, les femmes vont fouler les tranchées et ornières du Nord, pour une bataille épique sur ces routes d’un autre temps. Reportée à deux reprises, cette première édition féminine de l’Enfer du Nord proposera tous les ingrédients d’une classique historique, avec en prime la pluie et le vent qui ajouteront aux difficultés naturelles du terrain cabossé menant au vélodrome de Roubaix.

Le parcours

Au début des années 2010, les versions féminines des classiques cyclistes historiques ressemblaient souvent à des tracés édulcorés des difficultés les plus intéressantes des pendants masculins. Le peloton féminin était considéré comme incapable de traverser les mêmes difficultés, au risque de mener à une course à sens unique, dominé par les plus puissantes du groupe. L’idée a heureusement passé son chemin, et les organisations de ces grandes classiques se rendent bien compte aujourd’hui de la nécessité de mener un combat équitable entre les hommes et les femmes. À l’heure d’imaginer cette première édition féminine de Paris-Roubaix, ASO a donc évité cet écueil et propose un parcours alléchant pour les premières participantes à cet Enfer du Nord. Les 17 derniers secteurs de l’édition masculine de Paris-Roubaix seront au programme, pour près de 30 kilomètres sur les pavés.

Le départ de cette première édition se fera de Denain pour une triple boucle autour de la cité nordiste, avant une douzaine de kilomètres en direction du premier secteur pavé. Le peloton aurait pu se diriger vers l’est pour s’élancer directement sur la Trouée d’Arenberg, non loin de là, mais ASO ne souhaitait pas que les femmes découvrent les pavés sur le secteur le plus tranchant et le plus dangereux de l’épreuve. Les hommes ont en effet une dizaine de secteurs pavés dans les jambes avant d’aborder l’entrée très rapide, en descente, vers cette fameuse Trouée d’Arenberg. Difficile d’aborder un tel secteur pour démarrer une épreuve aussi stressante, surtout avec le vent de dos qui s’annonce.

Les femmes démarreront donc leur périple sur les chemins torturés de campagne dès Hornaing, après 33 kilomètres de course. Ce secteur sera le plus long de la journée (3,7 km) avant d’enchaîner avec les chemins tout aussi difficiles de Brillon et de Sars-et-Rosières avant Orchies et Mons-en-Pévèle. Ces secteurs demandent de la puissance et de la technique. Encore plus avec le vent et la pluie qui vont balayer les coureuses tout au long de la journée. Elles ne connaîtront quasiment aucun repos durant les 80 derniers kilomètres de course, qui enchaînent les 17 secteurs pavés sans temps mort. Il y aura bien le double secteur plus court et plus aisé de Templeuve, à près de 30 bornes de l’arrivée. Mais il annonce la phase finale de Paris-Roubaix avec le difficile secteur de Cysoing, qui fera le ménage avant l’enchaînement mythique de Camphin-en-Pévèle et du Carrefour de l’Arbre, sur cette ligne droite en faux-plat montant qui a mené à tant de moments décisifs chez les homologues masculins.

À la sortie du Carrefour de l’Arbre, il restera moins de 15 kilomètres jusqu’à Roubaix, et des secteurs plus aisés en prime. Le secteur de Gruson sera facile à encaisser (sauf si la pluie vient noyer le pavé, encore une fois), avant un dernier passage délicat sur le secteur de Hem, jonché de pistes cyclables. Mais celles-ci seront rendues inaccessibles par des blocs de béton installés depuis trois éditions par l’organisation. Le final se fera sur des routes de campagne et de banlieue, en direction de Roubaix, avec un seul faux-plat montant à près de 3 kilomètres de l’arrivée, pour éventuellement tester les dernières adversaires dans la roue. Avant le dernier secteur à l’entrée du vélodrome, où les femmes devront également accomplir un tour et demi avant de célébrer la victoire sur la ligne.

Départ fictif : 13h35 depuis l’Hôtel de Ville de Denain

Départ réel : 13h45 sur la D440 à Haveluy

Distance : 115,6 kilomètres

Les difficultés du jour :

Secteur #17 – Km 33,1 : Hornaing – Wandignies ⭐️⭐️⭐️⭐️ (3 700 mètres – Passage vers 14h40)
Secteur #16 – Km 40,6 : Warlaing – Brillon ⭐️⭐️⭐️ (2 400 m – vers 14h52)
Secteur #15 – Km 44,1 : Tilloy – Sars-et-Rosières ⭐️⭐️⭐️⭐️ (2 400 m – vers 14h58)
Secteur #14 – Km 50,5 : Beuvry-la-Forêt – Orchies ⭐️⭐️⭐️ (1 400 m – vers 15h08)
Secteur #13 – Km 55,5 : Orchies ⭐️⭐️⭐️ (1 700 m – vers 15h16)
Secteur #12 – Km 61,6 : Auchy-lez-Orchies – Bersée ⭐️⭐️⭐️⭐️ (2 700 m – vers 15h26)
Secteur #11 – Km 67,0 : Mons-en-Pévèle ⭐️⭐️⭐️⭐️⭐️ (3 000 m – vers 15h35)
Secteur #10 – Km 73,0 : Mérignies – Avelin ⭐️⭐️ (700 m – vers 15h45)
Secteur #9 – Km 76,4 : Pont-Thibaut – Ennevelin ⭐️⭐️⭐️ (1 400 m – vers 15h50)
Secteur #8 – Km 81,8 : Templeuve (L’Épinette) ⭐️ (200 m – vers 15h59)
Secteur #8 bis – Km 82,4 : Templeuve (Moulin-de-Vertain) ⭐️⭐️ (500 m – vers 16h00)
Secteur #7 – Km 88,8 : Cysoing – Bourghelles ⭐️⭐️⭐️ (1 300 m – vers 16h10)
Secteur #6 – Km 91,3 : Bourghelles – Wannehain ⭐️⭐️⭐️ (1 100 m – vers 16h14)
Secteur #5 – Km 95,8 : Camphin-en-Pévèle ⭐️⭐️⭐️⭐️ (1 800 m – vers 16h22)
Secteur #4 – Km 98,5 : Carrefour de l’Arbre ⭐️⭐️⭐️⭐️⭐️ (2 100 m – vers 16h26)
Secteur #3 – Km 100,8 : Gruson ⭐️⭐️ (1 100 m – vers 16h30)
Secteur #2 – Km 107,5 : Willems – Hem ⭐️⭐️⭐️ (1 400 m – vers 16h40)
Secteur #1 – Km 114,2 : Roubaix (Espace Crupelandt) ⭐️ (300 m – vers 16h51)

⭐️ = niveau de difficulté, plus élevé selon le nombre d’étoiles

Arrivée : vers 16h55 sur le vélodrome de Roubaix

Paris-Roubaix 2021 - Carte Femmes

Les favorites

Une édition inaugurale d’une telle épreuve historique annonce une liste impressionnante de candidates à l’assaut d’un premier pavé. Car comme les hommes, les femmes recevront également comme trophée l’un des fameux pavés délogés de ces chemins du Nord. Qui donc pourra soulever ce trophée inédit ce samedi ? Avec le parcours proposé et la météo annoncée, il ne fait nul doute que la course s’annonce débridée. La découverte de ces routes historiques risque de mener à une course d’élimination dans les premiers secteurs, avant une bataille entre les plus coriaces du peloton. Alors, les spécialistes des classiques flandriennes seront-elles au rendez-vous ? Elles sont en tout cas les premières citées parmi la longue liste de favorites.

L’équipe néerlandaise SD Worx sera la plus surveillée au vu de l’effectif présenté, habitué des pavés. La Belge Jolien d’Hoore participera ainsi à la dernière course sur route de sa carrière sur ces pavés roubaisiens, et elle a de l’ambition pour conclure en beauté. « Nous sommes six à pouvoir suivre dans la finale. Cela dépendra aussi de la chance de chacune. Nous ne pourrons pas le prévoir vu que c’est une première pour nous toutes. Personnellement, j’espère arriver avec un petit groupe sur la piste », se réjouit la pistarde gantoise qui a confirmé sa bonne condition sur le récent championnat du monde, durant lequel elle s’était mise à la planche pour Lotte Kopecky. Cette fois, D’Hoore compte bien jouer la carte collective, mais aussi plus personnelle si elle est toujours bien à l’avant en vue de Roubaix. Car chez SD Worx, toutes semblent capables de mener une course offensive en tête. La Néerlandaise Chantal van den Broek-Blaak, certes en retrait sur le dernier Mondial, a une grande expérience de ces courses usantes sur des routes d’un autre temps, en attestent ses victoires sur le Strade Bianche, le Tour des Flandres, Le Samyn (à trois reprises) ou Gand-Wevelgem. La Luxembourgeoise Christine Majerus, la Néerlandaise Amy Pieters et l’Italienne Elena Cecchini ont également une belle expérience dans la plaine, sur ces chemins délicats, alors que la jeune Néerlandaise Lonneke Uneken a prouvé sa pointe de vitesse et peut également mener la vie dure aux rouleuses.

La formation Trek-Segafredo arborera un effectif tout aussi impressionnant sur cette première édition de Paris-Roubaix Femmes. La championne du monde du contre-la-montre Ellen van Dijk sera dûment surveillée vu ses qualités de rouleuse puissante. L’ex-championne du monde Lizzie Deignan, malgré son profil de puncheuse, aura également un statut de leader sur ces routes, mais la formation peut également compter sur la championne d’Italie Elisa Longo Borghini, en grande forme et déjà en vue sur les classiques flandriennes de ces trois dernières saisons, et sur la Française Audrey Cordon-Ragot, l’une des premières à se réjouir de cette entrée des pavés du Nord dans le calendrier féminin.

Autre grande star du peloton, Marianne Vos aura un sacré statut à défendre. Leader de l’équipe Jumbo-Visma, la puissante Néerlandaise a confirmé sa grande condition au récent Mondial, et a tous les atouts pour briller sur les pavés : expérience, puissance, explosivité… Et avec la Britannique Anna Henderson et la Néerlandaise Riejanne Markus, elle aura certainement plusieurs cartes à jouer au sein de sa formation. Même remarque au sein de l’équipe Movistar : Annemiek van Vleuten sera clairement la leader de l’équipe espagnole, mais la sprinteuse danoise Emma Norsgaard et l’Américaine Leah Thomas auront également leur mot à dire sur ces chemins pavés.

La Belgique aura également les yeux rivés sur le maillot noir-jaune-rouge de Lotte Kopecky. Après la déception du championnat du monde, la sprinteuse belge espère profiter de cette classique idéale pour ses qualités pour se refaire la cerise. Avec Alison Jackson et Valerie Demey, elle peut espérer une bonne place dans le final. La championne du monde Elisa Balsamo sera également de la partie et après son titre surprise à Louvain, l’Italienne de 23 ans peut confirmer dès ce samedi. Elle aime les pavés et les routes du Nord, elle qui a déjà terminé cette année 4e de Gand-Wevelgem et 3e du GP de l’Escaut. Elle sera donc une favorite claire, surtout en cas d’arrivée en petit peloton sur le vélodrome, elle qui vient de la piste comme D’Hoore. On peut également citer parmi les outsiders la Suissesse Marlen Reusser (Alé BTC Ljubljana), l’Australienne Sarah Roy (Team BikeExchange), les Néerlandaise Floortje Mackaij et Lorena Wiebes (Team DSM), l’Américaine Kristen Faulkner (TIBCO-SVB) et même si elles sont plus connues pour leurs qualités de grimpeuse, la Polonaise Katarzyna Niewiadoma (Canyon-SRAM) et la Danoise Cecilie Uttrup Ludwig (FDJ Nouvelle-Aquitaine Futuroscope).

La liste des partantes : cliquez ici pour découvrir la liste des partantes

La météo

Le ciel sera très nuageux ce samedi avec un risque d’averses tout au long de l’après-midi. Les températures ne dépasseront pas 15 à 17°C. Le vent soufflera de sud entre 25 et 35 km/h avec des rafales jusqu’à 60 km/h.

Les directs TV

Photo de couverture : ASO/Pauline Ballet – Graphiques : ASO/Geoatlas

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