Joscelin Lowden bat le record de l’heure féminin : 48,405 km/h

La Britannique Joscelin Lowden a réussi son défi sur la piste suisse de Granges : moins d’une semaine après sa participation aux championnats du monde sur route, la cycliste de 33 ans a battu le record de l’heure féminin en parcourant 48,405 kilomètres, soit près de 400 mètres de plus que Vittoria Bussi en 2018.

Arrivée sur le tard dans le monde professionnel, la Britannique Joscelin Lowden a connu ce jeudi l’un de ses plus grands succès, loin de la route où elle avait fait son trou ces dernières saisons au sein de l’équipe Drops. Cela fait de nombreux mois que la cycliste de 33 ans avait annoncé son intention de se préparer pour tenter de battre le record de l’heure féminin. Si le record masculin a connu de nombreuses tentatives ces dernières saisons jusqu’à la moyenne établie par Victor Campenaerts en 2019 (55,098 km/h), la distance féminine n’avait plus été améliorée depuis septembre 2018 et la performance de l’Italienne Vitorria Bussi, qui avait alors couvert 48,007 km, soit mieux que les 47,980 km d’Evelyn Stevens en février 2016 et les 46,882 km de Bridie O’Donnelle en janvier 2016. Seulement trois tentatives en cinq ans, cela fait léger. Et Lowden a donc décidé de tenter sa chance.

« Boucher l’écart avec les hommes »

« Je veux démontrer que le côté féminin de ce sport est le même que le masculin. Nous sommes sur la route à concourir au même niveau, réaliser les mêmes compétitions et proposer les mêmes courses divertissantes. Réaliser une telle tentative aide à boucher l’écart avec le nombre d’hommes qui tentent le record de l’heure« , explique la Britannique.

En février dernier, lors d’un entraînement sur le vélodrome de Manchester, Joss Lowden avait déjà réussi à battre le record de Bussi avec une distance parcourue de 48,160 km. L’Union Cycliste Internationale n’avait toutefois pas homologué ce record, vu qu’il s’agissait alors d’une simulation sans autre présence officielle. Qu’importe, la société de l’équipe Drops-Le Col avait confirmé son objectif de faire cette heure de piste avec le contrôle des commissaires de l’UCI en septembre. Rendez-vous était donc pris au 30 septembre sur le vélodrome Tissot de Granges, en Suisse.

Et cela s’est parfaitement déroulé pour la Britannique qui réalisait déjà une moyenne de plus de 48,2 km/h sur la première demi-heure de course, confirmant sa bonne tenue sur la piste helvète. Une moyenne qu’elle ne faisait qu’accentuer au fil des tours de piste : plus de 48,3 km/h après 40 minutes de course avant d’approcher de 48,4 km/h à 10 minutes du terme. Finalement, Lowden a réussi à accélérer jusqu’au bout pour conclure cette heure d’efforts à 48,405 km/h, soit près de 400 mètres de plus que Bussi.

« Inquiète depuis début septembre »

« Je suis soulagée. Je pense que j’étais un peu trop pessimiste, et j’étais très inquiète d’aller dans le rouge, avec beaucoup de doute sur moi-même, et finalement cela n’a pas été si mal », sourit la Britannique, encore en bonne condition au moment de quitter son vélo, après une heure d’intenses efforts. « J’ai commencé à être inquiète quand je suis revenu d’un stage en altitude au début de septembre. J’ai commencé à questionner ma préparation pour cette info, à m’interroger pourquoi j’avais décidé d’ajouter les championnats du monde sur route, et trois courses sur route d’ici là. Beaucoup de gens disaient que ce n’était pas une bonne préparation pour le record de l’heure. Ils n’avaient pas tort mais finalement, ce que j’avais à faire et ce que je voulais faire était suffisant. Je suis heureuse de comment cela s’est déroulé, et du fait d’avoir roulé comme je l’avais planifié. À un moment, je me suis demandé si je devais pousser plus fort ou rester sur la défensive. Je pense que j’ai fait quelque chose au milieu », rigole Lowden, désormais nouvelle détentrice de ce record mythique, jusqu’ici peu reconnu dans le peloton féminin.

Lowden a pourtant prouvé cette saison que cette tentative, même si elle demande une préparation particulière, peut être combinée avec une saison sur route quasiment complète. La Britannique, qui rejoindra la nouvelle équipe WorldTour Uno-X la saison prochaine, a tout de même terminé cinquième de la Flèche Brabançonne en avril, 23e de La Course by le Tour avant de remporter l’étape-reine et le classement général du Tour de Feminin, en République tchèque, en juillet. Elle a encore terminé 8e du contre-la-montre individuel et 5e du relais mixte lors des championnats du monde sur route, la semaine dernière en Belgique. Avant de se lancer ce jeudi sur le (multiple) tour de piste.

Il reste désormais à espérer, pour le bien de cette catégorie, que d’autres rouleuses se testent sur cet exercice si particulier.

Photo : UCI

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