Lotto-Soudal a animé les Ardennaises sans triompher : « Cela reste un bon bilan »

Sur les trois classiques ardennaises de ce printemps, les hommes en rouge et blanc de Lotto-Soudal ont mouillé le maillot et animé tant et plus pour espérer faire la décision avant l’arrivée. Ces anticipations n’ont toutefois pas été transformées en victoires, au grand dam de l’équipe belge. Elle a au moins pu admirer l’éclosion du grimpeur belge Bjorg Lambrecht, déjà en vue au Tour du Pays Basque avant de confirmer son talent, à 21 ans, sur ces épreuves vallonnées.

La victoire ne semblait jamais loin, elle leur a finalement toujours été refusé. Par manque de force, par gourmandise,… Les Lotto-Soudal ont en tout cas affiché de meilleures couleurs que sur les classiques flandriennes, et ont fait plaisir au manager général de l’équipe belge, John Lelangue. « Je peux juger ce bloc de classiques brabançonnes-Ardennaises comme bon. Au niveau des classiques flamandes, à l’exception du Circuit Het Nieuwsblad, on n’a pas eu les résultats escomptés », confirme-t-il devant le bus de son équipe à Liège, sous un soleil qui darde enfin ses rayons sur des coureurs qui rentrent éreintés prendre une douche bien méritée. « L’objectif, je l’ai toujours dit, c’est de viser le podium et de mener une course offensive, de ne pas la subir. On a vu l’équipe à l’attaque sur le Nieuwsblad et sur le Tour des Flandres, notamment avec Tim. Puis sur ce bloc des Ardennaises, on a vu une belle éclosion avec notamment Bjorg Lambrecht, qu’on savait en bonne condition depuis la Catalogne et le Pays Basque. Il a pris une bonne confiance, cette dizaine de jours vont lui servir de déclic ».

Le grimpeur de 21 ans, qui était arrivé en cours de saison au sein de l’équipe pro en 2018, a dévoilé tout son talent lors de son premier printemps. Cinquième de la Flèche Brabançonne, sixième de l’Amstel Gold Race, quatrième de la Flèche Wallonne, et à l’offensive sur une bonne partie de Liège-Bastogne-Liège, entre le Rosier et la Redoute, Lambrecht a été la révélation belge de ce printemps. Et pourtant, ce dimanche, un rhume a bien failli l’empêcher de jouer les premiers rôles. « C’était une course très difficile et je n’étais plus aussi frais. Je sais que je n’étais plus aussi explosif », confirme le jeune coureur, encore lucide à la sortie de la douche, après sa 27e place enregistrée sur sa première Doyenne. « Mes jambes étaient vides à la fin. Mais je suis satisfait de ces trois dernières semaines. Tout a bien commencé au Tour du Pays Basque, puis sur les classiques ardennaises. Cela me donne beaucoup d’espoir pour l’avenir et maintenant, je sais sur quoi je peux travailler dans les années à venir ».

« Lambrecht a montré de la gnac »

Car John Lelangue l’assure : pas question de mettre la pression sur ce jeune talent, qui peut tant grimper que faire la différence dans les classiques vallonnées. « Entre la Flèche Brabançonne et Liège-Bastogne-Liège, il a également connu la pression, mais cela ne l’a pas empêché d’aller à l’attaque », explique le manager. « Je pense que Lambrecht a plus de dispositions pour gagner la Flèche Wallonne. Mais avec ce qu’il a montré sur Liège et sur l’Amstel Gold Race, de la part d’un coureur qui a tout de même passé la barre des 250 kilomètres, et dans des conditions climatiques qui ne lui sont pas favorables, lui qui n’aime pas trop frotter et se placer, je me dis que ces courses-ci, il peut faire quelque chose sur l’ensemble des quatre courses du bloc brabançonnes-Ardennaises ». Mais ça, ce sera pour les prochaines saisons : « Maintenant, il faut qu’il se repose pour bien récupérer. Il avait un peu mal à la gorge depuis hier et pourtant, il a marqué la course de son empreinte. Il a montré de la gnac et j’aime ça ».

Également acteur sur cette édition de Liège-Bastogne-Liège, attaquant avant la Roche-aux-Faucons pour la démarrer en tête, en solitaire, Tim Wellens accroche finalement une onzième place prometteuse. Il ne lui a finalement manqué que quelques secondes en plus pour passer l’ultime difficulté de la journée avec les meilleurs : « Je me sentais vraiment bien mais malheureusement, Deceuninck-Quick Step a accéléré, juste au moment où j’enlevais des vêtements et je faisais un arrêt sanitaire. C’est pour cela que j’ai dû user une cartouche très vite pour revenir à l’avant. Après, suite à mon attaque, j’avais besoin d’un peu plus d’avance pour tenir dans la Roche-aux-Faucons… » Le Limbourgeois n’est en tout cas pas ravi de sa campagne, même s’il a impressionné par son aisance sur les pavés du Circuit Het Nieuwsblad et du Tour des Flandres. Mais sur les Ardennaises, il lui a manqué quelque chose : « Je ne peux pas être entièrement satisfait », dit-il. « La Flèche Brabançonne a été bonne, j’ai connu une journée sans sur l’Amstel, et sur la Flèche Wallonne, le résultat n’était pas en adéquation avec mes bonnes jambes. Aujourd’hui, j’ai essayé d’obtenir un résultat en jouant la carte offensive, mais je ne peux pas être mécontent de ma performance ». Bref, les Lotto-Soudal ont tenté mais il a manqué ce petit plus pour jouer la victoire…

Photo : ASO/Gautier Demouveaux

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