GP de l’Escaut : les favoris déraillent, Jakobsen en profite

Du vent, de la pluie, des pavés… D’habitude taillé pour les purs sprinters, le Grand Prix de l’Escaut avait des allures, ce mercredi, de classique flandrienne. Bon nombre de favoris en ont payé le prix fort, soit de leur faute, soit en raison des conditions climatiques. Et au final, les Quick Step, même avec une équipe de jeunes pousses, ont brillé dans les derniers kilomètres pour faire émerger Fabio Jakobsen.

Au vu des rafales de vent jusqu’à 80 km/h annoncées dans le bassin de l’Escaut, les coureurs s’attendaient à une élimination par l’arrière suite à la formation de bordures avant l’arrivée du peloton à Schoten, dans la banlieue anversoise. Ce sont finalement bien ces cassures provoquées par le souffle d’Éole qui brusquaient le peloton sous le contrôle des Katusha-Alpecin. Mais l’élimination de nombreux favoris n’émanait non pas de ces bordures, mais plutôt la décision du jury des commissaires, qui annonçait l’élimination d’une trentaine de coureurs parmi lesquels Dylan Groenewegen (LottoNL-Jumbo), Arnaud Démare (Groupama-FDJ), Tony Martin (Katusha-Alpecin) ou encore Kris Boeckmans (Vital Concept). Les commissaires estimaient en effet que ce groupe de près de 35 unités qui venait de perdre le contact avec le premier peloton, avait traversé un passage à niveau alors que celui-ci était en train de se fermer. Et le règlement de l’Union Cycliste Internationale (UCI) est clair : tout passage frauduleux de ce type de passage à niveau doit être sanctionné d’une mise hors-course directe, voire d’une amende. Le règlement prévoit même une éventuelle suspension d’un mois au maximum si le danger est imminent.

Démare et Groenewegen avaient beau affirmer leur frustration devant les commissaires qui les arrêtaient directement, le règlement est tel qu’il est. Certains s’étonnaient notamment du fait qu’une moto d’un commissaire était juste devant le groupe éliminé, et aurait donc passé le passage à niveau lorsque celui-ci se baissait. Mais les images montrent bien que ce commissaire était déjà arrêté après le passage à niveau quand le peloton éliminé arrivait sur ce tronçon délicat. Les règles sont les règles : Démare, Martin et les autres ont perdu l’occasion d’un bon entraînement en vue de Paris-Roubaix.

Kittel dans le dur

Pendant ce temps, à l’avant, la course devenait encore plus rude avec un peloton d’une cinquantaine de coureurs à peine sur le circuit final et des averses particulièrement importantes qui inondaient les routes de Schoten. Vu la concurrence décimée, Marcel Kittel (Katusha-Alpecin), quintuple vainqueur de la semi-classique anversoise, apparaissait comme le favori logique en vue d’un sprint final. L’Allemand était toutefois victime à deux reprises d’une crevaison dans les quarante derniers kilomètres et semblait incapable de se refaire la cerise à dix kilomètres du but, coincé dans les voitures, à une vingtaine de secondes du peloton.

Dans ces conditions pluvieuses et venteuses, les habitués des classiques emmenaient le gros braquet et lâchaient un sprinter après l’autre. Et quand on parle des spécialistes des courses d’un jour, un team bleu et blanc est évidemment attendu : la Quick Step faisait le gros du travail dans les derniers kilomètres et emmenait parfaitement le Néerlandais Fabio Jakobsen dans l’ultime ligne droite. Le coureur batave de 21 ans devait batailler entre les coureurs pour se faire sa place mais dès qu’il était en tête, plus personne ne pouvait prendre sa roue : il signe ainsi son deuxième succès de l’année après Nokere-Koerse et surtout le vingt-quatrième de l’équipe Quick Step Floors en 2018 !

La réussite du « Wolfpack »

« C’est la plus belle victoire de ma carrière », souriait Jakobsen au micro de la VRT, à l’arrivée. « Je voulais essayer de faire de mon mieux, et tous ces gars, le « Wolfpack », ont fait un incroyable travail pour me faciliter la tâche. Mais c’était une course très nerveuse, on a dû aller puiser dans nos réserves, notamment sur les routes de Zélande. C’était vraiment une course difficile. » Et pourtant, malgré ces difficultés, la Quick Step enchaîne les succès et fait même briller ses jeunes ! « On commence à gagner une ou deux courses, puis tout le monde commence alors à y croire, et veut gagner. On y va toujours à fond, pour qu’il y ait un vainqueur dans notre équipe », explique Jakobsen, qui espère désormais que ses équipiers feront aussi bien, dimanche, à Paris-Roubaix. Pour une vraie bataille de classicmen !

Lire aussi : Fabio Jakobsen, la pépite néerlandaise de Quick Step, se révèle sur le Nokereberg

Résultats de la 106e édition du Grand Prix de l’Escaut (Terneuzen > Schoten, 200 km) :

Photo : capture Sporza/VRT


Grégory Ienco

Journaliste - Belge - 27 ans. Ancien responsable des sports sur les sites du groupe de quotidiens belges Sudpresse et du quotidien belge Le Soir, journaliste sportif depuis 2009 et responsable adjoint de CyclismeRevue depuis sa création en 2006.

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