GP de l’Escaut – Hommes : Alexander Kristoff découvre la joie du succès en solitaire

C’est une première dans sa prolifique carrière : Alexander Kristoff s’est imposé seul sur la ligne sur une épreuve d’habitude consacrée aux sprinters.
Alexander Kristoff - Vainqueur GP de l'Escaut 2022 - Capture VRT
Le Norvégien Alexander Kristoff célèbre sa victoire sur le Grand Prix de l’Escaut, le 6 avril 2022 – Photo : capture VRT

C’est une première depuis 1998 : un coureur en solitaire a triomphé sur le GP de l’Escaut ! Dans le paradis des sprinters, c’est pourtant bien un spécialiste de la vitesse qui s’est imposé ce mercredi. Mais Alexander Kristoff (Intermarché-Wanty-Gobert) a profité de la course usante du jour pour briller en solitaire, un fait presque unique dans sa carrière.

Alexander Kristoff est l’un de ces rares coureurs du peloton qui parvient chaque année à lever les bras. Malgré des périodes difficiles et des équipes qui peuvent montrer une confiance en berne à son sujet, le Norvégien de 34 ans ne se laisse pas démonter et enchaîne 86 succès dans son solide palmarès qui compte notamment un Tour des Flandres, un Milan-Sanremo et quatre étapes du Tour de France. Son profil costaud le prédestine à la victoire au sprint, d’où la vague de succès qu’il étrenne depuis 2011. Et néanmoins, ce mercredi, le coureur d’Oslo a surpris son monde… en solitaire.

« Je démarre lentement d’habitude »

Le profil de l’épreuve ne se prête pourtant pas à cet exercice de rouleur. C’est simple : depuis 1998 et le succès de Servais Knaven, personne n’avait réussi un pareil exploit sur ce tracé totalement plat. Les sprinters ont la main mise sur le Grand Prix de l’Escaut et cette édition n’annonçait pas autre chose. Même si les rafales de 50 à 70 km/h annoncées depuis Terneuzen allaient clairement perturber les habitudes des sprinters, il est vrai. C’est bien simple : le peloton s’est brisé en dizaines de morceaux après seulement une heure de course, au fil des routes soufflées par Éole.

Et en tête, il ne restait au bout de deux heures que 17 coureurs dont des sprinters de talent comme le vainqueur sortant Jasper Philipsen (Alpecin-Fenix), son équipier Tim Merlier (Alpecin-Fenix), l’Irlandais Sam Bennett (Bora-Hansgrohe), le Britannique Daniel McLay (Arkéa-Samsic), le Belge Edward Theuns (Trek-Segafredo) et, bien entendu, Alexander Kristoff (Intermarché-Wanty-Gobert, qui perdait toutefois son équipier Gerben Thijssen sur chute. « Je démarre lentement d’habitude, mais cette fois, j’étais prêt dès le départ. J’ai eu de l’aide de la part de mes équipiers, surtout Gerben (Thijssen) qui m’a bien placé dans les bordures pour que je puisse être en tête. Malheureusement, il a ensuite connu une chute », commente le Norvégien.

Quick Step encore absent

Dans le groupe de tête, aucun Quick Step-Alpha Vinyl, encore une fois piégés… Les Lotto-Soudal devaient également se contenter d’un seul coureur en tête, et pas le meilleur sprinter en la personne de Rüdiger Selig. Un sacré coup dur quand à l’avant, quatre représentants de Bora-Hansgrohe sont prêts à mener ce groupe de tête vers la victoire. La suite sera tout autre, mais l’effort de l’équipe allemande a au moins permis de limiter la course au succès aux hommes de cette première cassure. Au grand plaisir de Kristoff qui ne se limitait pas dans ses efforts avant de se cacher plus subrepticement dans le dernier tour du circuit.

Jusqu’au seul secteur pavé du jour, la Borkelstraat, bien loin des classiques flandriens mais suffisant pour piéger tous les sprinters usés par les efforts de la journée sous le vent et la pluie. « Bora-Hansgrohe et Alpecin-Fenix ont beaucoup attaqué… J’ai également beaucoup souffert tout au long de la journée, vu que j’étais tout seul », raconte Kristoff. « À la fin des pavés, je me suis dit que je devais essayer. Personne n’a suivi et j’ai juste poussé aussi fort que je pouvais. J’avais finalement de bonnes jambes dans le final ». Des jambes qui lui permettaient de glaner près d’une demi-minute d’avance sur des poursuivants incapables de s’entendre pour un éventuel sprint final.

« Déjà une belle saison »

Alexander Kristoff pouvait ainsi filer vers son premier succès à Schoten et sa première victoire professionnelle en solitaire : « C’est évidemment spécial. C’est l’une de mes très rares victoires en solitaire », se souvient le Norvégien de 34 ans, qui poursuit ainsi le superbe printemps d’Intermarché-Wanty-Gobert, moins de deux semaines après le succès de Biniam Girmay sur Gand-Wevelgem. « Nous connaissons une grande campagne de classiques. Quoiqu’il arrive à Paris-Roubaix, on réalise déjà une belle saison », se réjouit Kristoff, qui retrouve une seconde vie chez Intermarché-Wanty-Gobert après deux dernières saisons difficiles chez UAE Team Emirates.

« Je me sens bien dans ce collectif, je sais qu’on se bat tous ensemble pour un même objectif », réagissait récemment le Norvégien après sa dixième place sur le Tour des Flandres. Cela se ressent depuis le début de l’année au sein d’une équipe qui vise un maintien dans le WorldTour. Sur le plan comptable, ce nouveau succès de Kristoff va permettre à l’équipe belge de poursuivre cette voie positive : la formation était ce lundi 14e du classement sportif qui déterminera les 18 qualifiés pour le WorldTour en 2023. Avec plus de 1 000 points d’avance sur la première équipe reléguée. Et dire qu’il reste encore Paris-Roubaix…

Résultats de la 110e édition du Grand Prix de l’Escaut (Terneuzen > Schoten, 198.7 km) :

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