Wout van Aert condamné à payer 662 000 euros à Nick Nuyens

Le tribunal du travail d’Anvers a condamné Wout van Aert à payer une indemnité de 662 000 euros à Nick Nuyens, manager de Sniper Cycling, la société en charge de l’ancienne équipe Vérandas Willems. Van Aert, par la voix de son avocat, a confirmé qu’il ira certainement en appel de cette décision.

La saga autour du départ de Wout van Aert de l’équipe Vérandas Willems-Crelan, en septembre 2018, a connu une nouvelle étape importante, ce mercredi. À l’époque, Wout van Aert avait invoqué des raisons impérieuses pour mettre fin à son contrat avec Sniper Cycling, le groupe de Nick Nuyens en charge de Vérandas Willems-Crelan. Le coureur affirmait à l’époque que l’équipe avait enchaîné les «manquements graves» et «pratiques inacceptables» à son égard, et avait noté ces motifs de départ dans une lettre recommandée envoyée à Sniper Cycling. Nick Nuyens pour sa part, ne reconnaissait pas ces motifs impérieux et demandait donc devant la justice une indemnité de rupture de contrat de 1,1 million d’euros. Wout van Aert, en attendant, s’était lancé sur les cyclo-cross sous sponsors privés, via Cibel-Cebon, avant de s’engager avec Jumbo-Visma, début 2019.

«Pas de faute grave»

Le tribunal du travail de Malines avait donné raison à Wout van Aert en novembre 2019, mais Nick Nuyens a fait appel de cette décision. Il a finalement obtenu gain de cause devant le tribunal du travail d’Anvers, ce mercredi. Selon les documents ressortis devant le tribunal, Sniper Cycling avait demandé à Niels Albert, entraîneur de Wout van Aert et directeur sportif chez Vérandas Willems-Crelan, de poser par écrit ces requêtes pour mettre fin à la collaboration entre l’équipe et Van Aert. Le tribunal estime que les documents confirment que Nick Nuyens avait bien demandé à plusieurs reprises à Niels Albert d’écrire sur papier ces motifs de mécontentement.

Le tribunal estime qu’il n’a pas été prouvé que le manager de Sniper Cycling avait de mauvaises intentions à l’encontre de Wout van Aert, ni que des pressions avaient été menées à l’encontre de Niels Albert et du cycliste. «Le tribunal du travail a donc conclu que Sniper Cycling n’a pas commis de faute grave. Par conséquent, la démission pour motif impérieux est injustifiée», conclut le tribunal du travail d’Anvers. Il demande à Wout van Aert un payement de 662 000 euros à l’encontre de Nick Nuyens.

Devant la Cour de Cassation ?

Dans une interview accordée à Sporza, Nick Nuyens se dit «soulagé» de cette décision. Il ne se dit pas déçu par le montant proposé par le tribunal, par rapport à ce que le manager réclamait en 2018. «Au début, je n’étais pas intéressé par ce montant, mais par une décision juste. Ce montant représente principalement le salaire de Wout van Aert. C’est un montant normal dans une rupture de contrat. Si les rôles avaient été inversés, ça aurait pu être la même chose», confie-t-il.

Wout van Aert n’a pas souhaité faire de commentaire, et a laissé la parole à son avocat Walter Van Steenbrugge dans les colonnes du quotidien Het Laatste Nieuws. «La position du tribunal du travail d’Anvers est un virage à 180 degrés par rapport à celle du tribunal du travail de Malines», s’étonne le conseil du champion de Belgique du contre-la-montre, qui a confirmé qu’il envisageait de se pourvoir en cassation. «Le tribunal n’a ainsi pas retenu que Nick Nuyens voulait obtenir une déclaration de Niels Albert sur papier en échange d’une prime. Niels Albert n’aurait alors pas à effectuer son préavis de trois mois. Il s’agissait donc d’une fausse déclaration en échange d’argent», estime l’avocat, qui ajoute : «La probabilité est très élevée que nous allions en Cassation».

L’affaire n’est donc pas terminée, et elle risque surtout de faire jurisprudence dans le monde du cyclisme, où les ruptures de contrat restent rares, mais peuvent arriver, à l’image de Rohan Dennis (parti en cours de saison de Bahrain-McLaren) récemment. L’Union Cycliste Internationale (UCI) reste de son côté en dehors de cette affaire judiciaire, mais suit certainement attentivement ce dossier brûlant pour l’avenir des contrats cyclistes, toujours très contrôlés.

Photo : Crelan-Charles/Sniper Cycling

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