Evenepoel, Bernal, Yates… : les 10 coureurs à suivre sur le Tour d’Italie 2021

Le Giro ouvre la saison des Grands Tours, et annonce une nouvelle fois une liste particulièrement intéressante de partants. Le Tour d’Italie n’est plus, depuis une dizaine d’années, l’épreuve qui n’intéressait plus que les Italiens. Internationalisée, valorisée, l’épreuve italienne suscite les convoitises du peloton. Et cela se confirme cette année encore avec une bataille rangée annoncée entre grimpeurs offensifs du 8 au 30 mai prochains. Mais qui s’offrira le maillot rose à Milan ?

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La liste des partants du Tour d’Italie 2021

Le règlement des différents classements du Tour d’Italie 2021

Remco Evenepoel (Bel, Deceuninck-Quick Step)

Il sera l’attraction de ce Giro, à défaut d’avoir pu l’être en 2020. Tout le monde attend le phénomène «Remco» en Italie. Que pourra donc réussir le jeune talent belge de 21 ans sur ces routes ? Près de neuf mois après sa terrible chute dans un ravin du Tour de Lombardie, le coureur belge avait annoncé dès l’entame de la saison qu’il ne réaliserait sa reprise qu’en mai, à l’occasion de ce fameux Tour d’Italie, premier grand objectif de sa précoce carrière.

Audacieux : victime d’une fracture du bassin qui l’a notamment contraint à ralentir la récupération en janvier dernier, Evenepoel souhaite avant tout se tester sur ces trois semaines consécutives pour s’enquérir de son état physique pour l’avenir. S’il parvient à gérer ces trois semaines avec brio, il saura qu’il aura pleinement récupéré, en toute sérénité, et qu’il peut donc envisager la suite de sa carrière avec optimisme.

Comment aborder ce Giro en tant que première course de l’année ? La question est évidemment sur toutes les lèvres. Sans point d’accroche, Remco Evenepoel fera ce qu’il sait faire de mieux : tenter. Sur les contre-la-montre, il est difficile de l’imaginer au niveau de Filippo Ganna et consorts, mais sur les étapes de moyenne et de haute montagne, nul doute que le coureur belge osera partir à l’offensive. Annoncé comme leader de l’équipe Deceuninck-Quick Step, il bénéficie malgré tout d’un entourage qui a prouvé sur le dernier Tour d’Italie justement, qu’il pouvait jouer les premiers rôles. João Almeida sera de nouveau présent après son épopée de deux semaines en rose, en octobre dernier, et l’équipe comptera également sur Fausto Masnada et James Knox pour accompagner les meilleurs grimpeurs.

Evenepoel sera donc loin d’être seul : toute une équipe se forme pour l’entourer au mieux. Et espérer une victoire d’étape voire une position de choix au classement général au bout de ces trois semaines qui s’annoncent comme un test grandeur nature.

Egan Bernal (Col, INEOS Grenadiers)

C’est devenu une habitude sur les courses par étapes : l’équipe INEOS Grenadiers sera la plus scrutée de ces trois semaines italiennes, par le collectif de grimpeurs confirmé. Sans le vainqueur sortant Tao Geoghegan Hart qui a décidé de se concentrer sur le Tour de France, la formation britannique comptera cette fois sur son dernier vainqueur du Tour, Egan Bernal. Le Colombien de 24 ans souhaite retrouver les sommets après une saison 2020 difficile, parfaitement débutée sur la Route d’Occitanie avant un enchaînement de déceptions sur le Dauphiné et le Tour de France, non-terminés.

Bernal avait depuis longtemps mis le doigt sur le prochain Giro comme son objectif de l’année. Et cela s’est confirmé au fil des premières épreuves de l’année, avec notamment une intrigante troisième place sur le Strade Bianche, et une 4e place sur Tirreno-Adriatico. Certes, ce ne sont pas encore des victoires, mais à l’aube de la course au maillot rose, ces résultats comptent.
Bernal aura toutefois toutes les responsabilités sur ses épaules et celles de ses équipiers. Avec le grimpeur russe Pavel Sivakov et son acolyte colombien Daniel Martinez, l’équipe bénéficie de costauds pour la montagne, mais encore jeunes et peu expérimentés dans cet exercice de protection d’un leader sur une course de trois semaines.

L’exercice s’annonce donc plus périlleux pour l’équipe INEOS Grenadiers, mais au vu de ses prestations, Bernal peut bien partir avec une étiquette de grand favori sur le dos.

Egan Bernal - Strade Bianche 2021 - RCS Sport La Presse Marco Alpozzi

Vincenzo Nibali (Ita, Trek-Segafredo)

L’incertitude a longtemps plané sur sa participation ou non à ce 104e Giro. Finalement, dans une courte vidéo publiée lundi, le «Requin de Messine» a confirmé sa venue sur les routes italiennes, malgré une fracture du poignet contractée à l’entraînement le 14 avril dernier. Vincenzo Nibali a finalement réussi ce contre-la-montre de trois semaines qui s’annonçait en vue du départ à Turin. Mais entre se présenter au départ et jouer le maillot rose, il y a plus qu’un coup de pédale…

Vincenzo Nibali pourra-t-il partir à la conquête d’un troisième Tour d’Italie dans ces conditions ? L’Italien de 36 ans a enchaîné des résultats encourageants en début de saison (9e de Tirreno-Adriatico), et poursuivi les entraînements malgré cette fracture. Et les routes italiennes inspirent clairement celui qui a encore terminé 2e du Giro en 2019 et encore 7e, l’an dernier. Mais il s’annonce difficile de viser mieux qu’un Top 10 ou une victoire d’étape au vu de sa condition en montagne et de la concurrence présente en ce mois de mai.

Alors, l’équipe Trek-Segafredo pourra jouer d’autres cartes. Comme l’autre vétéran du groupe, le Néerlandais Bauke Mollema (34 ans), qui a confirmé ses bonnes jambes sur les récentes classiques ardennaises (11e de la Flèche Wallonne, 8e de Liège-Bastogne-Liège) et qui a encore terminé 5e du Tour d’Italie en 2019. Ou l’Italien Giulio Ciccone (26 ans), qui vient de signer un nouveau contrat de trois ans et a confirmé dans la presse italienne son ambition d’accrocher le maillot rose, après une saison 2020 bousculée par une contamination au Covid-19. Tout ne reposera donc pas sur le poignet de Nibali.

Simon Yates (G-B, Team BikeExchange)

Depuis sa victoire sur le Tour d’Espagne 2018, le Britannique Simon Yates est scruté comme le spécialiste des Grands Tours à qui tout devrait sourire. Et pourtant, depuis lors, le coureur de 28 ans n’a pu confirmer toutes les attentes forgées en lui. Deux victoires d’étape sur le Tour de France en 2019 suivi d’un forfait contraint sur le dernier Tour d’Italie, en raison de cas Covid-19 dans son équipe, au soir de la première journée de repos.

Ces avaries ont visiblement boosté la motivation du Britannique, qui retrouve une position de leader unique au sein d’une équipe orpheline de son frère jumeau Adam, parti chez INEOS Grenadiers durant l’hiver. Costaud vainqueur du récent Tour des Alpes, sur des routes montagneuses comparables au Giro, Simon Yates ne veut toutefois pas se mettre de pression supplémentaire. Il voit avant tout le Giro comme «un marathon» de trois semaines, avec une récupération difficile entre les grandes étapes de haute montagne.

Surtout, l’équipe BikeExchange pourra-t-elle suivre ce rythme de trois semaines si Simon Yates récupère rapidement le maillot rose ? La formation australienne a en tout cas montré sur le récent Tour des Alpes qu’elle avait des ressources. Avec les expérimentés Tanel Kangert et Mikel Nieve, mais aussi avec les jeunes Nick Schultz et Callum Scotson. Attention donc à la gestion de course sur une épreuve aussi abrupte.

Simon Yates - Départ 4e étape Tirreno-Adriatico 2021 - RCS Sport La Presse Gian Mattia D'Alberto

Aleksandr Vlasov (Rus, Astana-Premier Tech)

À peine arrivé dans le grand bain du WorldTour, le Russe Aleksandr Vlasov avait explosé aux yeux des observateurs du peloton la saison dernière. Que ce soit avant la pandémie de Covid-19 (victoire d’étape et 2e au général du Tour de la Provence) ou lors de la deuxième partie de saison (victoires au Mont Ventoux Dénivelé Challenge et au Tour d’Émilie, 3e du Tour de Lombardie et 11e du Tour d’Espagne). Le coureur de 25 ans n’avait connu qu’une déception sur le Tour d’Italie, qu’il avait dû quitter malade après seulement deux étapes.

Annoncé comme leader sur ce prochain Giro, Vlasov n’a pas déçu en ce début de saison. Deuxième de Paris-Nice et troisième du récent Tour des Alpes après une course offensive à souhait, le leader d’Astana estime qu’il a un «travail inachevé» sur ce Tour d’Italie, et souhaite donc poursuivre son «rêve» en rose. Et au vu des étapes proposées et du collectif l’accompagnant sur ces trois prochaines semaines, le coureur russe peut avancer avec ambition. Il comptera notamment sur les expérimentés espagnols Gorka Izagirre et Luis León Sánchez pour le propulser vers les sommets, là où il se sent le plus à l’aise. Car sur les deux contre-la-montre proposés en bout de Giro, Vlasov risque de perdre quelques plumes.

Mikel Landa (Esp, Bahrain Victorious)

Autre spécialiste des courses de trois semaines, Mikel Landa semble être ce coureur toujours capable d’accrocher les places d’honneur, d’enchaîner les victoires d’étape en montagne, sans toutefois trouver le bon rythme pour conquérir la plus haute marche du podium. 4e du Tour d’Italie en 2019 et du Tour de France en 2020, le coureur basque revient sur les routes italiennes avec l’espoir d’y conquérir son premier maillot rose. Avec un statut de leader unique au sein d’une équipe qui semble correspondre à ses aspirations offensives.

À 31 ans, Landa aborde ce Giro avec confiance, après sa 3e place sur Tirreno-Adriatico et sa 8e place sur le Tour du Pays Basque. Depuis lors, l’Espagnol a enchaîné les stages en altitude pour arriver à point sur la course au maillot rose. Leader clair et net de son équipe, Landa pourra compter sur le grimpeur espagnol Pello Bilbao et sur l’expérimenté Damiano Caruso en montagne, mais aussi sur les rouleurs Gino Mäder, Matej Mohoric et Jan Tratnik pour contrôler sur des routes moins pentues. Sera-ce l’année ou jamais pour Landa ? L’Espagnol a toutes les armes pour briller sur les cols italiens.

Mikel Landa - Tirreno-Adriatico 2021 - RCS Sport La Presse Marco Alpozzi

Hugh Carthy (G-B, EF Education-Nippo)

Vainqueur d’étape et troisième du général sur le dernier Tour d’Espagne, le Britannique Hugh Carthy a pris une nouvelle envergure la saison dernière. Le coureur de 26 ans est entré dans la cour des favoris des courses de trois semaines, et aura donc un nouveau statut à endosser sur ce Giro. En préparation de cette épreuve, cela ne l’a pas empêché d’enchaîner les performances intéressantes, comme sur le récent Tour des Alpes, conclu à la cinquième place.

Le grimpeur britannique est avant tout connu pour ses attaques en altitude, et tentera donc de profiter des enchaînements de dénivelé pour faire parler la poudre, lui qui se débrouille plutôt pour limiter la casse dans les contre-la-montre. Et cette saison, Carthy bénéficiera d’un soutien plus important que ces dernières saisons avec notamment la pépite britannique Simon Carr, 11e du Strade Bianche, le vainqueur du dernier classement de la montagne sur le Giro Ruben Guerreiro et l’expérimenté Tejay Van Garderen.

Ces différents atouts ne suffiront pas forcément pour s’offrir le maillot rose dès cette troisième apparition sur le Giro, mais Hugh Carthy sera clairement l’un des grimpeurs les plus en vue sur ces routes italiennes.

Caleb Ewan (Aus, Lotto-Soudal)

Sans véritable leader pour le classement général, l’équipe belge Lotto-Soudal sera avant tout présent en Italie pour faire grandir ses jeunes pousses en montagne comme Harm Vanhoucke et Kobe Goossens. Mais aussi pour propulser sur les étapes de plaine son sprinter maison, Caleb Ewan. L’Australien a comme projet de participer aux trois Grands Tours en 2021, avec l’espoir d’y remporter à chaque fois au moins une étape.

Cela démarre donc sur les routes du Giro où il disposera d’au moins quatre chances de briller par sa pointe de vitesse. Dont une opportunité dès la deuxième étape totalement plane vers Novara. Et au vu de la concurrence qui s’annonce, Caleb Ewan s’annonce intrinsèquement comme le meilleur sprinter du peloton. Il aura en prime un train costaud avec Roger Kluge et Jasper De Buyst pour l’emmener dans un fauteuil dans l’ultime ligne droite. Face à Elia Viviani ou Peter Sagan, l’Australien peut croire en son sprint.

Caleb Ewan - Vainqueur 7e étape UAE Tour 2021 - RCS Sport La Presse Fabio Ferrari

Tim Merlier (Bel, Alpecin-Fenix)

Caleb Ewan aura également un adversaire costaud à surveiller : le Belge Tim Merlier. Au sein d’une équipe Alpecin-Fenix qui découvrira son premier Grand Tour, le coureur flandrien veut profiter de son printemps heureux pour poursuivre sur cette lancée lors du Giro. Vainqueur du Samyn, du GP Monseré et de la Bredene Coxyde Classic, Merlier a prouvé à plusieurs reprises que sa pointe de vitesse était une arme redoutable, s’offrant notamment le scalp de Mads Pedersen ou de Mark Cavendish.

Cela suffira-t-il sur le Giro ? La concurrence s’annonce en tout cas moins rude que sur un Tour de France, et les étapes de plaine italiennes s’annoncent comme idéales pour lui permettre de connaître les fondements d’une étape de Grand Tour. Là où le sprint se forge différemment que sur une classique ou une épreuve comme Tirreno-Adriatico, sur laquelle Merlier avait brillé l’an dernier. Pour l’équipe Alpecin-Fenix, ce Giro sera en tout cas un précieux test pour la suite de la saison et pour son développement sur les grandes courses par étapes.


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Filippo Ganna (Ita, INEOS Grenadiers)

Véritable cannibale des contre-la-montre en 2020, le champion du monde de l’exercice n’apparaît pas cette année comme l’ogre attendu à l’aube de sa course nationale. Filippo Ganna, vainqueur de quatre étapes du dernier Giro, est dans l’attente d’une nouvelle victoire depuis le contre-la-montre de l’UAE Tour, en février dernier. Depuis lors, même dans les chronos, l’Italien a dû céder du terrain.

Bien entendu, Filippo Ganna ne pouvait tenir indéfiniment le rythme infernal connu en 2020, mais à l’aube du Tour d’Italie, le champion du monde du contre-la-montre n’arrive pas avec la confiance à 100%, comme le confirment ses 9e et 10e places sur les deux chronos du dernier Tour de Romandie. Ganna restera malgré tout le favori absolu des deux contre-la-montre programmés en début et fin de Giro. Avec en prime une revanche annoncée entre le coureur italien et Remco Evenepoel, du moins si le coureur belge retrouve ses meilleures jambes.

Photos : RCS Sport/La Presse/Marco Alpozzi, Gian Mattia D’Alberto et Fabio Ferrari

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