Dopage : Vini Zabù-KTM, suspendu 30 jours, ne sera pas sur le Tour d’Italie

L’Union Cycliste Internationale (UCI) a confirmé la suspension pour 30 jours de l’équipe continentale professionnelle italienne Vini Zabù-KTM, en raison de deux cas de dopage confirmés en moins de 12 mois au sein de l’équipe.

La sanction était attendue de longue date. Début avril, l’UCI annonçait le test positif à l’EPO du coureur italien Matteo De Bonis (25 ans). Cet échantillon émanait d’un contrôle antidopage réalisé par la nouvelle agence internationale de dépistage (ITA) lors d’un stage de pré-saison de Vini Zabù-KTM. Mais l’équipe savait que ce contrôle positif annonçait un avenir sombre. Car la formation italienne avait déjà connu un précédent contrôle positif, lors des 12e et 13e étapes du dernier Tour d’Italie, en octobre 2020 : l’Italien Matteo Spreafico (27 ans) avait obtenu deux résultats anormaux à l’Enobosarm, un agent anabolisant, et attend depuis lors sa suspension définitive.

Or le règlement anti-dopage de l’UCI indique que les équipes qui connaissent au moins deux violations de ce règlement parmi ses coureurs et son staff dans une période de 12 mois risquent une suspension complète de 15 à 45 jours. Et l’UCI a confirmé cette sanction ce mardi : l’équipe Vini Zabù-KTM est suspendue pour 30 jours avec effet rétroactif au 7 avril. Cela signifie que l’équipe ne peut plus participer à aucune course cycliste d’ici le 6 mai prochain inclus, soit deux jours avant le Tour d’Italie.

Mais au vu de la situation et des critiques à son égard, Vini Zabù-KTM avait décidé de rendre son invitation pour le Tour d’Italie, prévu du 8 au 30 mai 2021. « L’équipe et le sponsor principal Vini Zabù ont décidé de donner un important message au monde du cyclisme, pour donner une leçon à ces athlètes qui pensent toujours qu’ils peuvent prendre des raccourcis en trichant », avait indiqué la formation italienne par voie de communiqué le 14 avril dernier. RCS Sport, organisateur du Giro, en avait pris acte avant de donner, quelques heures plus tard, cette invitation à l’équipe italienne Androni Giocattoli-Sidermec.

Un enchaînement de dossiers sulfureux

Cela fait plusieurs années que l’équipe Vini Zabù-KTM d’Angelo Citracca est sous le feu des projecteurs pour des affaires troubles. Comme le rappelle le Mouvement Pour un Cyclisme Crédible (MPCC), neuf infractions au règlement antidopage ont été confirmées depuis 2009 au sein de cette formation. Alessandro Colo (clenbutérol), Patrick Sinkewitz (hormone de croissance), Danilo Di Luca (EPO), Mauro Santambrogio (EPO), Matteo Rabottini (EPO), Ramon Carretero (EPO), Samuele Conti (hormone de croissance) avaient tous été contrôlés positif avant Spreafico et De Bonis… Cet historique avait mené à la surprise du MPCC et de plusieurs suiveurs quant à l’invitation initiale de Vini Zabù-KTM pour le prochain Giro.

L’annonce du cas positif de Matteo De Bonis a également mené à une action de la police italienne dans le quartier général de l’équipe Vini Zabù-KTM et au domicile de plusieurs coureurs. Le manager Angelo Citracca, le directeur sportif Luca Scinto et le coureur Matteo De Bonis étaient tous trois la cible de cette enquête italienne, rapporte Cyclingnews. Angelo Citracca a confié que « rien d’illégal » n’a été retrouvé durant ces perquisitions et que l’équipe collabore pleinement avec la police italienne et l’UCI. « Le coureur concerné (Matteo De Bonis) a admis avoir fait certaines choses avec d’autres personnes, et a dit qu’il n’avait pas passé cela (à d’autres coureurs) », indique encore Citracca à Cyclingnews.

Photo : RCS Sport/La Presse/Massimo Paolone

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