La coupe du monde de cyclo-cross 2020-2021 déjà amputée de trois épreuves

Mauvaise nouvelle pour le monde du cyclo-cross : les organisateurs des cyclo-cross de Coxyde (22 novembre), Besançon (29 novembre) et de Diegem (27 décembre) ont annoncé que leur épreuve n’aura pas lieu en raison des conséquences de la crise sanitaire du Covid-19. Trois manches de Coupe du monde en moins, cela risque de peser lourd dans le programme des spécialistes des labourés.

Les décisions sont tombées les unes après les autres ces deux dernières semaines. L’organisation du cyclo-cross de Diegem annonçait le 14 septembre dernier la décision d’annuler l’édition 2020 prévue le 27 décembre prochain. Celle-ci fait suite à l’impossibilité, selon les directives du Conseil national de sécurité, d’assurer une organisation dans les rues de Diegem tout en respectant toutes les mesures destinées à faire face au Covid-19. Ce célèbre cyclo-cross nocturne, qui devait découvrir cet hiver la Coupe du monde après une dizaine d’années parmi le Superprestige, est en effet l’un des seuls qui se déroule dans les rues même de la cité de Diegem. Il était donc difficile d’interdire le public dans le centre-ville, ou aux alentours.

« Comme un café sans bière »

Ce jeudi, c’est la commune de Coxyde qui décidait de ne pas poursuivre l’organisation de la traditionnelle manche de Coupe du monde sur la Côte belge, normalement prévue le 22 novembre. Le bourgmestre de Coxyde Marc Vanden Bussche explique par voie de communiqué que la crise actuelle du Covid-19 rend impossible l’organisation d’une telle épreuve avec du public. « Une course sans public, c’est comme un café sans bière. Ce n’est pas réalisable », lâche-t-il. Il estime également que Flanders Classics, en charge de la Coupe du monde, ne peut ramener une compensation financière à l’organisation communale, qui risquait de perdre de l’argent si le cyclo-cross se tenait malgré tout sans supporter. « Cela fait longtemps que des signaux confirment qu’il est très difficile d’organiser des cyclo-cross en ces temps difficiles », confirme pour sa part Tomas Van den Spiegel, CEO de Flanders Classics à Sporza. « Le business model du cyclo-cross compte aujourd’hui sur les recettes des tickets et la vente des boissons et de la nourriture. Sans public, aucune de ces recettes n’est possible », explique-t-il.

Un déficit trop lourd

Et ce vendredi, le quotidien L’Est Républicain annonce que la manche de Besançon, programmée le 29 novembre, n’aura pas lieu non plus. Seul organisateur français dans cette nouvelle formule de la Coupe du monde, le président de l’AC Bisontine Pascal Orlandi explique que le problème « est clairement économique et lié aux conditions d’accueil du public. Moins de spectateurs, c’est moins de recettes aux entrées et moins de consommations vendues. (…) On a fait les calculs dans tous les sens, ça ne passe pas. On se dirigerait vers un déficit supérieur à 40 000 euros ». Pour un budget de 240 000 euros, rappelle L’Est Républicain. Le club cycliste annonce toutefois qu’il reste candidat à l’organisation d’une manche de la Coupe du monde 2021-2022, mais les restrictions de public sur les grands événements empêchent aujourd’hui les diverses organisations d’imaginer une course sans pertes financières.

Réduction de primes

Le cyclo-cross vit d’une économie fragile, qui compte avant tout sur la présence des spectateurs sur place et la présence de quelques sponsors pour assurer son calendrier. Et avec des primes de départ pour les stars du peloton qui augmentent avec la professionnalisation de ce sport, la mise en place d’un programme destiné à rétablir une égalité entre les hommes et les femmes de la discipline, et la décision de l’Union Cycliste Internationale (UCI) de promouvoir la Coupe du monde quasiment tous les dimanches de l’hiver, il est difficile de trouver de nouveaux revenus pour faire face à ces nouveaux coûts. Mais Tomas Van den Spiegel, CEO de Flanders Classics et gestionnaire de la Coupe du monde de cyclo-cross, veut rester optimiste. « Des organisateurs veulent que leur cyclo-cross se déroule cet hiver. Sans public, cela demande un plus petit budget. Ces organisateurs donnent le bon exemple et c’est nécessaire », estime-t-il. « Nous avons déjà eu des discussions sur la réduction des primes de départ et des primes à l’arrivée, mais le premier point à l’ordre du jour doit être : comment faire en sorte que le plus grand nombre de cyclo-cross ait lieu ? » Et au vu de la situation actuelle, l’hiver s’annonce très compliqué, tant pour l’organisation que pour les coureurs et coureuses, contraint.e.s de revoir leur programme hivernal.

Photo : Alain Vandepontseele/Alain VDP Photography

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