Championnats du monde à Imola – Course femmes : notre présentation complète

Les championnats du monde de cyclisme sur route à Imola se poursuivent ce samedi avec la course en ligne féminine, qui annonce une épreuve haletante au vu du spectacle proposé par les protagonistes du peloton féminin depuis la reprise de cette saison particulière. Les Néerlandaises seront une nouvelle fois les grandes favorites, alors que les concurrentes à l’armada orange s’annoncent nombreuses, surtout sur un circuit aussi exigeant.

Le parcours

Contrairement aux championnats d’Europe, la course en ligne féminine des championnats du monde s’annonce comme une véritable de course de femmes fortes, avec un enchaînement de dix côtes sur cinq tours de circuit qui risque de mener à de nombreuses offensives. Le tracé de 28,8 kilomètres autour du circuit automobile d’Imola est en effet exigeant avec notamment la côte de Mazzolano, qui propose une pente moyenne de 5,9% sur 2,8 kilomètres, mais surtout un premier kilomètre d’ascension à 9,6% de moyenne. La Cima Gallisterna, deuxième montée située à la moitié du circuit, proposera le même type d’ascension : 2,7 km à 6,4% de moyenne, mais surtout 1,3 km à 10,9% à la mi-pente. La descente qui suit est assez technique et peut permettre aux filles qui prendront leurs distances sur cette deuxième montée de faire grimper leur avantage sur un peloton qui devra certainement attendre l’arrivée sur le circuit automobile pour pouvoir se réorganiser. La récupération s’annonce également difficile, particulièrement entre les deux grandes côtes de ce circuit vallonné. Au total, les concurrentes avaleront près de 2 800 mètres de dénivelé positif, soit autant qu’une grande classique. Cela risque de faire mal aux cuisses, surtout en cette saison raccourcie.

Les favorites

Difficile d’imaginer le même scénario que dans le Yorkshire au vu du profil de cette épreuve. Même si elle est capable de tout, la Néerlandaise Annemiek van Vleuten (Mitchelton-Scott), tenante du titre, aura du mal à répéter un effort en solitaire de plus de 100 kilomètres sur ces routes italiennes. Notamment car la championne du monde arrive à Imola avec… un poignet cassé. Victime d’une chute sur l’antépénultième étape du Giro Rosa, le Tour d’Italie féminin, qu’elle menait sans grande opposition, Van Vleuten a dû abandonner suite à un poignet gauche en morceaux. Qu’importe, la Néerlandaise de 37 ans reprenait déjà l’entraînement sur ses terres une semaine plus tard, avant de confirmer ce jeudi qu’elle sera bien de la partie. « Quand je vois à quelle vitesse je me rétablis, je m’attends à ce que cela aille encore mieux ce samedi », affirme-t-elle à la télévision publique néerlandaise NOS. Malgré ce handicap, Van Vleuten, pour rappel championne d’Europe et vainqueur de sept courses sous le maillot arc-en-ciel cette saison (dont une étape du Giro Rosa, le Circuit Het Nieuwsblad et le Strade Bianche), apparaît malgré tout comme une outsider à surveiller. Il lui faudra avant tout éviter les à-coups dans le peloton, mais son profil d’attaquante peut lui permettre de faire la différence dans les ascensions proposées en Émilie-Romagne.

Et comme ces dernières années, elle bénéficiera de l’appui d’une armada néerlandaise qui peut briller pour la quatrième année consécutive grâce à sa force collective. Anna van der Breggen (Boels-Dolmans), championne d’Europe et désormais championne du monde du contre-la-montre, a prouvé sur le dernier Giro Rosa qu’elle a finalement remporté qu’elle dispose de la condition nécessaire pour briller sur un tracé aussi exigeant, qui correspond à ses qualités tactiques sur les courses d’un jour. De même, même si elle est également sortie blessée du Giro Rosa, Marianne Vos (CCC-Liv) se dit rétablie et compte également faire parler la poudre à Imola. Et si ces deux favorites ne se retrouvent pas à l’avant, il y aura toujours l’ancienne championne du monde Chantal van den Broek-Blaak (Boels-Dolmans) ou l’ex-championne du monde du contre-la-montre Ellen van Dijk (Trek-Segafredo) pour veiller au grain. La force du nombre, c’est pour les Pays-Bas, comme en 2017, 2018 et 2019.

Qui pourra donc détrôner le groupe « oranje » ? Le groupe italien aura clairement l’ambition de briller sur ses terres, neuf ans après le dernier titre mondial de la Squadra (Giorgia Bronzini à Copenhague). Et au vu de ses prestations sur les routes montagneuses du Giro Rosa, Elisa Longo Borghini (Trek-Segafredo) peut ambitionner le maillot arc-en-ciel. L’Italienne de 28 ans est également une spécialiste des courses d’un jour, et peut bénéficier de son statut de leader de la formation italienne pour se placer aux avant-postes dans la finale à Imola. Car cette fois, celle qui joue souvent l’équipière-modèle ne devra pas travailler pour Lizzie Deignan (Trek-Segafredo). L’ex-championne du monde, qui a remporté le GP de Plouay et la Course by le Tour de France, fin août, a également sorti de belles prestations sur le Giro Rosa malgré son profil de puncheuse, et se montre comme une favorite claire vu le profil de cette épreuve. Elle devra notamment faire face à l’une de ses farouches concurrentes sur La Course, la Polonaise Katarzyna Niewiadoma (Canyon SRAM) qui reste une valeur sûre au fil des saisons, et qui prouve avec sa deuxième place finale sur le Giro Rosa au terme d’une course offensive qu’elle ne lâchera rien sur cette course mondiale, malgré toutefois une équipe intrinsèquement moins forte que ses principales concurrentes du jour.

D’autres outsiders s’annoncent également à Imola. À commencer par la Danoise Cecilie Uttrup Ludwig (FDJ Nouvelle-Aquitaine Futuroscope), infatigable attaquante qui apprécie les forts pourcentages, et pourrait donc faire exploser le peloton avec ses accélérations sur ces routes italiennes. Aux portes du podium sur le Giro Rosa, et vainqueur du classement de la montagne sur ce même tour, la Danoise de 25 ans doit toutefois essayer de canaliser ses efforts tout au long de ces cinq tours de circuit pour éviter de trop en faire, comme cela a pu être le cas sur le dernier championnat d’Europe à Plouay. La championne d’Espagne Mavi García (Alé BTC Ljubljana), en verve sur le Tour de l’Ardèche avant d’accuser le coup sur le Giro Rosa, est à surveiller sur ces routes vallonnées, tout comme la surprise du dernier Tour d’Italie féminin, la Néo-Zélandaise Mikayla Harvey (Équipe Paule Ka), meilleure jeune et cinquième du général à 22 ans. La grimpeuse estime dans la presse néo-zélandaise qu’elle peut justement tenter de se cacher dans le peloton pour surprendre les principales nations favorites. Avec la jeune championne de Nouvelle-Zélande Niamh Fisher-Black (20 ans, Équipe Paule Ka), Harvey compte bien prouver qu’elle est là pour durer.

Et dans le groupe belge, une concurrente peut-elle sortir du lot ? Sur un tracé aussi exigeant, il est difficile d’imaginer une représentante du plat pays jouer le podium. Mieke Docx (Doltcini-Van Eyck Sport) ou Jesse Vandenbulcke (Lotto-Soudal Ladies) ont des qualités dans les côtes qui peuvent leur permettre de jouer des coudes dans les premiers tours, mais il semblera difficile de suivre les meilleures lorsque la bagarre sera lancée dans le final. Mais si l’une de ces femmes parvient à suivre un groupe de favorites, pourquoi pas jouer la carte de la surprise comme Harvey le suggère ?

La météo

Le ciel sera majoritairement nuageux avec quelques éclaircies, le risque d’averses reste faible durant la journée. Les températures se situeront entre 19 et 21°C. Le vent soufflera de nord-ouest entre 5 et 15 km/h.

La carte et les profils de la course en ligne féminine des championnats du monde de cyclisme sur route à Imola :

 

Le mode d’emploi de la course en ligne féminine :

Départ fictif : 12h35

Départ réel : 12h45, après 5,9 kilomètres en défilé

Distance : 5 tours de 28,8 kilomètres, soit 143 kilomètres

Arrivée : vers 16h45

Liste des partantes : cliquez ici pour découvrir la liste des partantes

Télévision :
– En direct dès 15h05 sur Tipik (RTBF)
– En direct dès 13h30 sur Één/Sporza (VRT)
– En direct dès 12h35 sur Eurosport 1
– En direct dès 15h15 sur France 3

Palmarès :
2010 – Geelong (Australie) : Giorgia Bronzini (Ita)
2011 – Copenhague (Danemark) : Giorgia Bronzini (Ita)
2012 – Valkenburg (Pays-Bas) : Marianne Vos (P-B)
2013 – Florence (Italie) : Marianne Vos (P-B)
2014 – Ponferrada (Espagne) : Pauline Ferrand-Prévot (Fra)
2015 – Richmond (États-Unis) : Lizzie Armitstead (G-B)
2016 – Doha (Qatar) : Amalie Dideriksen (Dan)
2017 – Bergen (Norvège) : Chantal Blaak (P-B)
2018 – Innsbrück (Autriche) : Anna van der Breggen (P-B)
2019 – Harrogate (Royaume-Uni) : Annemiek van Vleuten (P-B)

Graphiques : UCI/Imola 2020

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