Paris-Nice : vous avez dit « ambiance »…?

Au troisième jour de la Course au Soleil, et pour cause de coronavirus…, on ne peut pas dire que l’ambiance des grandes épreuves françaises est au top. Certes, on comprend très bien la peur des organisateurs, d’ASO, et des spectateurs, mais de telles mesures ne font pas grandir ce sport tant décrié. Pour une fois que ce n’est pas la faute aux coureurs, on ne va pas trop s’en plaindre. Mais quelle tristesse de voir une ligne d’arrivée complètement vide de spectateurs. Les abords de la route sont fermés aux 300 mètres. Déjà que les cyclistes, lancés à pleine vitesse pour le sprint, ne peuvent être reconnus qu’à la faveur d’un maillot distinctif, les amateurs de vélo auront toutes les peines du monde à voir leurs idoles. Mais contre l’autorité sanitaire, on ne peut aller sans risque. Il faut se conformer aux mesures drastiques prises, et vivre avec ce virus découvert en Chine.

Au-delà de ceci, dans le peloton se posent des questions. À savoir si, ici et là, certains personnages ne seraient pas « déjà » infectés, sans dire mot, et continuent la course comme si de rien n’était. Cela ne sont pas du tout nos propos, mais bien ceux d’un illustre manager de formation. Patrick Lefevere, patron de Deceuninck-Quick Step, devait déclarer lundi soir à De Afspraak sur l’antenne de la VRT : « Je soupçonne que certaines équipes ont des coureurs avec le COVID-19 dans leurs rangs ». Nous avons l’habitude des déclarations du manager flamand, et osons espérer qu’il se trompe, dans ce cas de figure.

Nonobstant ces faits, il y a quand même une course vers le soleil, attendu lui comme un messie sur ces routes du Cher. Avec une grande chevauchée d’un Belge, de la formation Circus-Wanty Gobert, en la personne de Tom Devriendt. Né il y a 28 ans à Furnes, Devriendt marquait cette étape, avec un avantage de plus de neuf minutes. Parti au km 5, et ayant espéré la venue de compagnons de route, Tom savait qu’il ne pouvait pas tenir face à un peloton dans lequel les tous sprinters se devaient de briller dans la montée finale à La Châtre, dernière chance pour eux de lever les bras au ciel.

Tom Devriendt - Circus-Wanty Gobert - Échappée 3e étape Paris-Nice 2020 - ASO Fabien Boukla

Le peloton revenait sur le fuyard, mais le laissait à bonne distance (2’30 » à 40 km) pour bien le fatiguer, car les « grosses équipes » ne voulaient pas qu’une autre échappée se forme dans les cinquante dernières bornes. Devriendt s’époumonait seul à l’avant depuis plus de 180 km, et commençait à la trouver longue. Néanmoins, pour Circus-Wanty Gobert c’était encore une bien belle journée médiatique, à défaut de victoire. Le peloton sifflait la fin de l’aventure pour Tom à 26 bornes du but, et la course pouvait « re »commencer, afin de désigner le plus véloce.

La bagarre était lancée après le sprint de bonification de Saint-Août, coupant le gros de la troupe en plusieurs morceaux. Une chute à moins de 7 kilomètres désorganisait tout ce beau monde. Après une crevaison, Bryan Coquard (B&B Hôtels-Vital Concept) se retrouvait cette fois au sol comme ses ambitions pour la victoire de cette étape. Un faux plat montant dans le dernier kilomètre, une nouvelle chute dans les dernières centaines de mètres et une victoire de l’Espagnol Ivan Garcia Cortina (Bahrain-Merida), devant Peter Sagan (Bora-Hansgrohe). Pas de changement au général, toujours sous la conduite de l’Allemand Maximilian Schachmann (Bora-Hansgrohe).

Résultats de la 3e étape de Paris-Nice (Chalette-sur-Loing > La Châtre, 212.5 km) :

Robert Genicot à La Châtre – Photos : ASO/Fabien Boukla

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