Stannard se révèle, De Lie enchaîne, Bakelants renaît : les leçons du Tour de Wallonie 2022

L’Australien Robert Stannard (Alpecin-Deceuninck) a tenu bon après avoir suivi les bons coups dans les côtes ardennaises.
Robert Stannard (Alpecin-Deceuninck), vainqueur du Tour de Wallonie 2022 - Photo : Alain Vandepontseele
Robert Stannard (Alpecin-Deceuninck), vainqueur du Tour de Wallonie 2022 – Photo : Alain Vandepontseele

Robert Stannard, la surprise du chef

Sa troisième place au sommet du Mur de Huy n’était pas qu’un coup d’un jour. L’Australien Robert Stannard (Alpecin-Deceuninck) a su profiter de son explosivité, de son sens tactique et du travail collectif de ses équipiers pour remporter au bout de cinq journées intenses le Tour de Wallonie, son premier succès professionnel. Et sur une course par étapes de prestige, de surcroît. L’Australien de 23 ans avait déjà affirmé son punch lors de sa formation dans la formation espoirs de Mitchelton-Scott, à l’époque, remportant notamment une étape du Giro espoirs ou le « Piccolo » Tour de Lombardie, consacré aux moins de 23 ans. Il n’avait toutefois jamais pu confirmer ses prétentions lors de ses trois premières saisons au sein de l’équipe WorldTour australienne, alors ce Tour de Wallonie était l’occasion pour la recrue d’Alpecin-Deceuninck de s’affirmer. « Je suis venu ici dans le but de gagner », avoue ainsi le coureur originaire de Sydney.

Leader d’une équipe qui pouvait également compter sur Xandro Meurisse et Nicola Conci pour marquer les esprits dans les côtes, Stannard a géré parfaitement le final de l’étape d’ouverture sur le Mur de Huy avant de suivre le bon coup sur l’étape ardennaise, du côté de Herve. Leader pour la première fois de sa carrière professionnelle, il n’a pas flanché malgré des offensives franches de la part de Lotto-Soudal, de Trek-Segafredo, de Movistar ou d’Intermarché-Wanty-Gobert, tous en chasse derrière ce maillot orange. Et sur l’ultime étape des pavés, il s’est même permis de prendre la tête du peloton pour mener le sprint final et conforter sa première place. « Je n’aurais jamais pensé que les choses allaient se dérouler de la sorte. Je n’ai jamais remporté une course par étapes, même chez les jeunes », se réjouit Stannard. « On a travaillé beaucoup sur cette dernière étape, et je suis content qu’on n’a connu aucun incident. Ce fut très stressant… Je pense n’avoir jamais disputé de course aussi stressante de toute ma carrière. Il fallait être attentif jusqu’au bout face à tous les adversaires qui me menaçaient ». Stannard a finalement profité de leaders isolés dans les passages les plus rudes de ce Tour de Wallonie, tant vers Couvin qu’à Chapelle-lez-Herlaimont. L’Australien avait les jambes pour suivre, il en a profité jusqu’au bout, sans un effort de trop. Et il perpétue la tradition du Tour de Wallonie d’être un révélateur de talents. Nul doute que ce succès va aider Stannard à prendre confiance pour la suite. À commencer sur la Vuelta, sur laquelle il visera une victoire d’étape.

La renaissance de Bakelants

La surprise de cette dernière étape n’est pas venue d’une révélation, plutôt d’un vieux briscard qu’on n’avait plus vu lever les bras depuis 2016. Jan Bakelants a joué le coup du kilomètre, profitant d’un peloton sans équipe pour contrôler dans ce final nerveux. Pendant que Loïc Vliegen, derrière, a bloqué les relais pour permettre à son équipier de prendre du champ. Et malgré 200 derniers mètres en légère montée, Bakelants a tenu tête au reste du peloton pour exulter, crier, arracher cette frustration de six ans. Lui qui est passé par de multiples revalidations, notamment après sa lourde chute dans un fossé du Tour de Lombardie en 2018. Lui qui ne pensait pas retrouver un contrat professionnel.

En larmes devant les caméras, après avoir été congratulé par une palanquée de coureurs, Jan Bakelants a laissé parlé ses émotions : « Beaucoup de choses se sont passées ces dernières années. Cela fait tellement de bien de terminer ainsi ma réhabilitation. Je prouve que je fais à nouveau partie des vainqueurs », se réjouit le coureur de 36 ans. « Je n’avais pas d’objectif particulier, j’étais là en soutien de Loïc Vliegen et de Lorenzo Rota, mais j’avais des jambes incroyables. J’ai toujours abordé les pavés en bonne position et lorsque j’ai tenté dans le final, la chance était du bon côté. Heureusement que ce n’était pas 10 mètres plus long », ajoute-t-il. Intermarché-Wanty-Gobert conclut avec cette victoire une semaine en demi-teinte : l’équipe a pu saluer ce succès et la deuxième place finale de Vliegen, mais elle a également dû acter l’abandon sur chute de sa star érythréenne Biniam Girmay lors de cette dernière étape pavée.

Arnaud De Lie, taille patron

S’il avouait en début de Tour de Wallonie attendre les premiers tours de roue pour jauger de sa condition actuelle, surtout en cette période de reprise, Arnaud De Lie (Lotto-Soudal) a rapidement prouvé qu’il était en forme ascendante, prêt à enchaîner les succès. Il a conquis son septième de la saison, en sprinter costaud sur les hauteurs de Rochefort, devant son père et son public de supporters déjà bien fourni. Le Taureau de Lescheret a sorti ses cornes sur la ligne pour souligner ce sacre qui rapporte tout simplement plus de points que l’ensemble de l’équipe Lotto-Soudal sur le dernier Tour de France. « Sur cette étape, l’équipe a vraiment tout fait pour que cela arrive au sprint, avec Sébastien Grignard qui a fait un énorme boulot. Puis mes hommes m’ont amené comme il fallait, Jasper De Buyst a été parfait… », se réjouit celui qui est devenu un leader naturel dans cette équipe WorldTour malgré ses 20 ans et sa première saison parmi les professionnels. « C’est une victoire spéciale, car c’est la première fois que je gagne en Wallonie, en plus non loin de ma province. Sur une telle arrivée, c’est rare quand je me fais savoir », dit-il en toute confiance.

Arnaud De Lie (Lotto-Soudal) à l’arrivée de la 2e étape du Tour de Wallonie 2022 - Photo : Alain Vandepontseele
Arnaud De Lie (Lotto-Soudal) à l’arrivée de la 2e étape du Tour de Wallonie 2022 – Photo : Alain Vandepontseele

Preuve de son dévouement pour l’équipe avec laquelle il a prolongé pour trois ans, Arnaud De Lie a confirmé qu’il préférait participer aux prochaines courses d’un jour de fin de saison plutôt que tenter une sélection sur la course des espoirs lors des championnats du monde. Et il l’a encore confirmé lors de la 4e étape, en se mettant à plat ventre pour lancer Victor Campenaerts et Maxim Van Gils sur les dernières côtes vers Couvin. Avant d’encore tenter d’épauler ses équipiers sur l’étape finale, avant de chuter sur les pavés. Rien de cassé, indique le sprinter wallon, qui estime qu’il a juste reçu « un coup direct sur la hanche ». Rien qui puisse le mettre dans l’embarras pour la fin de saison. Et vu sa confiance et son appétit, De Lie devrait être rapidement dans un peloton.

Les résultats finaux de la 43e édition du Tour de Wallonie :

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