Jeux Olympiques – Tokyo 2020 : une édition à oublier pour les pistards belges

Après la médaille d’argent récoltée par Wout van Aert et la quatrième place empochée par Lotte Kopecky, sur la route, l’ambition des pistards belges était légitime. La condition physique était présente, l’approche des Jeux annonçait des résultats prometteurs. La semaine a finalement été cauchemardesque pour la sélection belge, bloquée par une tactique défaillante, des chutes ou des sélections plus fortes sur l’anneau olympique.

L’équipe belge de cyclisme sur piste n’était pas des plus fournies, se contentant de quatre représentants en endurance. Deux femmes et deux hommes pour autant d’espoirs de médaille dans les deux camps. L’espoir le plus lourd pesait sur les épaules de Jolien d’Hoore, médaillée de bronze sur l’omnium à Rio, et Lotte Kopecky, toutes deux associées sur la course à l’américaine, enfin au programme olympique pour les femmes. Mais rien ne s’est passé comme prévu pour les deux meilleures Belges du peloton actuel : Lotte Kopecky a d’abord goûté à la piste à cause d’une manœuvre dangereuse d’une Australienne qui a emmené plusieurs cyclistes au sol. Les Belges ont alors pris un tour de retard et n’ont jamais pu le reprendre… Lotte Kopecky a ensuite chuté sur un mauvais relais entre les deux équipières, anéantissant définitivement les espoirs de médailles du duo belge.

« Nous avons eu du mal en début de course. On avait un plus petit développement que le reste, mais normalement, cela devait nous permettre d’être parmi les meilleures en deuxième partie de course », rapporte Kopecky. « Nous étions dans le bon coup dans cette deuxième partie. Si on prenait alors un tour sur le peloton, on courait pour le bronze. Mais nous avons fait une faute, et notre course était finie. On en attendait plus », continue la championne de Belgique sur route, qui espérait se refaire la cerise lors du dernier jour de compétition avec l’omnium.

Kopecky à l’hôpital

Mais là encore, rien n’a été. Dès la première course du jour, le scratch, la Belge a lourdement tapé la piste après une chute de l’Italienne Elisa Balsamo, quelques places devant elle. Embarquée avec le reste du peloton au sol, Kopecky s’est relevée pour participer à la deuxième course du jour, mais n’a pu retrouver ses sensations. La championne belge a dû abandonner, en larmes, avant d’être emmenée à l’hôpital.

Du côté des hommes, les chutes n’étaient heureusement pas de la partie mais les résultats n’ont pas suivi. Kenny De Ketele, pour ses derniers J.O., n’a pas pesé dans la course aux points de l’omnium et conclut l’épreuve individuelle en 13e position. Avant de s’embarquer avec Robbe Ghys pour la course à l’américaine, sur laquelle les Belges ont mis du temps à démarrer. Malgré un solide baroud en solitaire dans les 25 derniers tours, le duo belge n’a pu obtenir qu’une quatrième place finale. « On était venu pour une médaille. On a montré qu’on était une des meilleures équipes du monde », expose, déçu, De Ketele. « Bien que ce soit encore une quatrième place, on a toutes les raisons d’être fiers », conclut-il sur une note d’espoir, cédant ainsi le relais à Ghys, qui sera certainement attendu dans cette même discipline à Paris 2024.

« Une déception »

Le sélectionneur fédéral de cyclisme sur piste Peter Pieters ne pouvait cacher sa déception au terme de cette semaine sur piste compliquée. « La chance n’était pas de notre côté durant ces Jeux Olympiques », explique-t-il à la VRT. « Si De Ketele et Ghys parviennent à gagner le dernier sprint ou s’ils gagnent un tour, ils sont sur le podium. C’est dommage. (…) Nous ne rentrons pas à la maison avec le sentiment du devoir accompli. Cette compétition est une déception, surtout pour Lotte et Jolien. J’espère qu’elles pourront s’en remettre rapidement. Il faudra qu’on revoit certaines choses », confirme le coach, conscient que ces trois prochaines années annoncent un gros travail pour l’équipe belge. Avec notamment l’arrivée de jeunes pistards à maturité comme Fabio Van den Bossche, Gerben Thijssen, Sasha Weemaes, Shari Bossuyt, Annelies Dom, et l’espoir de retrouver au plus haut niveau Nicky Degrendele, Robbe Ghys et Lotte Kopecky.

Photo : capture Eurosport

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