Tour de Suisse 2021 : notre présentation complète de la 85e édition

Une semaine après le Critérium du Dauphiné, le Tour de Suisse s’inscrit comme une nouvelle épreuve de préparation pour le Tour de France, idéale pour les grimpeurs. Le parcours tracé à l’est du pays profitera aux spécialistes de l’offensive, sur des profils favorables à l’explosivité.

Le parcours

1re étape – Dimanche 6 juin : Frauenfeld > Frauenfeld (10.9 km – CLM individuel)

Le Tour de Suisse démarre comme en 2018 de Frauenfeld, via un court contre-la-montre d’à peine 10,9 kilomètres autour de la cité thurgovienne. Le début sera idéal pour les purs rouleurs avec de longues lignes droites qui feront place dans les trois derniers kilomètres à un enchaînement de virages en angle droit. Il faudra donc avoir de l’explosivité pour relancer à la sortie de ces virages.

1er départ : 14h17 – Dernier départ : 17h06

1re étape - Profil - Tour de Suisse 2021

2e étape – Lundi 7 juin : Neuhausen am Rheinfall > Lachen (178 km)

Cette première étape en ligne aura des allures de classique avec son enchaînement de petites collines qui bénéficieront aux puncheurs. Ce sont surtout les 70 derniers kilomètres qui risquent de mener à des offensives, avec les cols roulants de Ghöch et d’Oberricken pour faire chauffer les cuisses, avant le juge de paix de la Litschstrasse, une rue abrupte qui proposera une pente jusqu’à 12,5% après le premier kilomètre de montée. Au sommet de cette butte à 8,3% de moyenne, il ne restera plus que près de six kilomètres jusqu’à la ligne d’arrivée à Lachen, au bord du Lac Supérieur.

Départ : 13h05 – Arrivée : vers 17h20

Les difficultés du jour :
Km 115,9 – 2e cat. : Ghöch (8,3 km à 4,7% de moyenne)
Km 138,2 – 2e cat. : Oberricken (7,8 km à 5,1%)
Km 171,1 – 2e cat. : Litschstrasse (2,4 km à 8,3%)

2e étape - Profil - Tour de Suisse 2021

3e étape – Mardi 8 juin : Lachen > Pfaffnau (182,1 km)

Les quelques sprinters présents sur ce Tour de Suisse pourraient attendre cette troisième étape avec impatience vu le final vers Pfaffnau, mais elle ne sera pas des plus aisées. Si deux côtes seulement sont répertoriées au classement de la montagne, le peloton va tout de même enchaîner plus de 2 500 mètres de dénivelé positif. Et le final vers Pfaffnau est aussi ardu avec deux derniers kilomètres en faux-plat montant, avec des passages à 4% sous la flamme rouge. Et un virage en angle droit à 350 mètres de la ligne qui demandera donc une relance puissante. L’acide lactique sera à son paroxysme sur ces derniers mètres !

Départ : 12h50 – Arrivée : vers 17h20

Les difficultés du jour :
Km 122,5 – 3e cat. : Bottenwilerstrasse (2,4 km à 6,5% de moyenne)
Km 158,3 – 3e cat. : Ohmstalerstrasse (3,4 km à 6,1%)

3e étape - Profil - Tour de Suisse 2021

4e étape – Mercredi 9 juin : Sankt Urban > Gstaad (171 km)

Le peloton poursuit sa descente vers le sud avec une étape indécise jusqu’à Gstaad. Elle présente peu de dénivelé avant le final, qui peut bénéficier aux puncheurs ou aux sprinters qui savent franchir les bosses. Car le seul col du jour, le Saanenmöser, ne propose pas de pente à plus de 6% et sera assez court (moins de 8 kilomètres), malgré sa proximité avec l’arrivée (le sommet est à 10 bornes du but). La descente qui suit n’est pas des plus techniques, mais attention aux virages à 180 degrés prévus sur l’aérodrome de Gstaad, arrivée de cette 4e étape particulière.

Départ : 13h12 – Arrivée : vers 17h20

Les difficultés du jour :
Km 161,2 – 2e cat. : Saanenmöser (7,5 km à 4,4% de moyenne)

4e étape - Profil - Tour de Suisse 2021

5e étape – Jeudi 10 juin : Gstaad > Leukerbad (175,2 km)

Les grimpeurs vont enfin découvrir un terrain favorable à l’occasion de cette première arrivée au sommet, vers Leukerbad. Après un démarrage en fanfare sur le col du Pillon, le peloton descendra dans la vallée pour y passer près de 100 bornes sur le plat, avant le final explosif. La montée d’Erschmatt fera déjà mal aux gambettes avec sa pente régulière autour des 10% dans sa première moitié d’ascension, avant un passage plus favorable autour des 7% dans les deux derniers kilomètres. Après une descente piégeuse, le peloton grimpera à nouveau vers Leukerbad, via une ascension de 8 km à près de 5% de moyenne. Avec un replat dans le dernier kilomètre, qui favorisera les coureurs les plus rapides. Du moins ceux qui restent.

Départ : 13h03 – Arrivée : vers 17h20

Les difficultés du jour :
Km 15,7 – 1re cat. : Col du Pillon (6,8 km à 5,1% de moyenne)
Km 137,1 – 3e cat. : Varenstrasse (2,4 km à 5,4%)
Km 156,6 – 1re cat. : Erschmatt (8 km à 8,4%)

5e étape - Profil - Tour de Suisse 2021

6e étape – Vendredi 11 juin : Andermatt > Disentis/Sedrun (130,1 km)

Le peloton va prendre de l’altitude à l’occasion de cette étape de purs grimpeurs. Les coureurs vont d’emblée franchir le mythique col du Gothard via son flanc nord, pour ensuite s’octroyer une longue descente jusqu’au pied du Lukmanierpass, un très long col (plus de 18 kilomètres) mais à la pente plus douce que le Gothard (5,6% de moyenne). Le final sera moins ardu que le reste de l’étape avec une dernière colline à l’approche de l’arrivée à Sedrun. Cela ne cessera de grimper, mais autour de 3%, avant le dernier kilomètre plus plat.

Départ : 13h54 – Arrivée : vers 17h20

Les difficultés du jour :
Km 8,5 – 1re cat. : Gotthardpass (8,5 km à 7,2% de moyenne)
Km 101,3 – 1re cat. : Lukmanierpass (18 km à 5,6%)
Km 120,7 – 3e cat. : Via Lucomagn (1,2 km à 5,1%)

6e étape - Profil - Tour de Suisse 2021

7e étape – Samedi 12 juin : Disentis/Sedrun > Andermatt (23.2 km – CLM individuel)

Un nouveau contre-la-montre viendra mettre le désordre dans le classement général, à l’approche du final de ce Tour de Suisse. Ce chrono sera toutefois des plus coriaces, avec la montée de l’Oberalppass et sa descente en une étape de près de 23 kilomètres. Les coureurs franchiront un à un ce col de 9,5 kilomètres à 6,5% de moyenne, assez régulier, avant de dévaler une descente technique et sinueuse jusqu’à Andermatt, avec une dizaine d’épingles à enchaîner. Il faudra donc garder de l’énergie au sommet…

1er départ : vers 12h21 – Dernier départ : vers 16h43

Les difficultés du jour :
Km 11,9 – 1re cat. : Oberalppass (9,5 km à 6,5% de moyenne)

7e étape - Profil - Tour de Suisse 2021

8e étape – Dimanche 13 juin : Andermatt > Andermatt (159,5 km)

L’étape-reine de ce Tour de Suisse est conservée pour conclure l’épreuve. Cela va faire mal autour d’Andermatt avec trois grands cols à affronter et plus de 3 500 mètres de dénivelé positif au programme. Le peloton débutera sa journée de galère via l’Oberalppass, grimpé par le flanc descendu la veille lors du contre-la-montre. Il prendra ensuite la direction du Lukmanierpass, via un versant différent que lors de la 6e étape. Après une descente de plus de trente bornes, la décision se fera sur les 50 derniers kilomètres avec une longue montée en faux-plat menant au Gothardpass, grimpé via son versant sud, le plus difficile (13 km à 6,8% de moyenne). Au sommet, il restera près de 15 kilomètres à dévaler jusqu’à Andermatt, sur une descente assez rapide. Le vainqueur du Tour de Suisse y sera consacré.

Départ : 12h47 – Arrivée : vers 17h20

Les difficultés du jour :
Km 10,8 – 1re cat. : Oberalppass (10,8 km à 5,5% de moyenne)
Km 49,8 – 1re cat. : Lukmanierpass (16,5 km à 5,3%)
Km 144,4 – Hors-cat. : Gotthardpass (13 km à 6,8%)

8e étape - Profil - Tour de Suisse 2021

Les favoris

Classement général

Comme évoqué avant le Critérium du Dauphiné, l’absence des favoris slovènes du prochain Tour de France se fera sentir en Suisse. Tout bénéfice pour les grimpeurs expérimentés qui se présenteront au départ d’une épreuve qui favoriser leurs qualités. Des qualités qu’on retrouve évidemment au sein de l’équipe INEOS Grenadiers, de nouveau attendue en majorité sur les hauts sommets helvètes. Deuxième en 2019, l’Australien Rohan Dennis trouvera un tracé favorable à ses qualités, lui qui apprécie ces routes suisses, où il a déjà remporté trois étapes. Ses dernières prestations comme équipier de luxe sur le Tour de Romandie confirment qu’il peut jouer les premiers rôles sur ce Tour de Suisse. Même si le leader de l’équipe devrait bien être l’Équatorien Richard Carapaz, en pleine préparation pour le Tour. S’il n’a plus couru depuis les classiques ardennaises, il devrait être l’un des animateurs de cette épreuve. Notamment avec le soutien du Russe Pavel Sivakov, de retour en course après sa chute sur le Tour d’Italie.

Également absent depuis les Ardennaises, le Danois Jakob Fuglsang (Astana-Premier Tech) est cité parmi les favoris de ce Tour de Suisse même si à 36 ans, le vétéran semble piocher, et n’a plus affiché la même attitude offensive que ces dernières saisons sur les courses printanières. A contrario, le Canadien Michael Woods (Israel Start-up Nation), en bonne forme sur le dernier Tour de Romandie où il a remporté l’étape-reine, sera certainement dans les premières positions du peloton dès que l’altitude sera plus élevée. De même que le Colombien Esteban Chaves (Team BikeExchange), récemment en bonne condition sur le GP des Cantons d’Argovie, où il confirme son retour en grâce après deux saisons difficiles sur le plan psychologique.

Parmi les puncheurs qui pourraient se faire une place sur ce Tour de Suisse, le vainqueur de Paris-Nice Maximilian Schachmann (Bora-Hansgrohe) sera attendu au tournant avec notamment l’ancien alpiniste Anton Palzer à ses côtés. Le champion du monde Julian Alaphilippe (Deceuninck-Quick Step), en pause depuis les classiques wallonnes, aura un statut d’outsider sur ces routes, aidé dans sa quête par le jeune Mauri Vansevenant. Toujours côté belge, Tiesj Benoot (Team DSM) sera scruté après un printemps mi-figue, mi-raisin. Ce Tour de Suisse semble être idéal pour ses qualités, du moins s’il parvient à maintenir un bon temps sur le contre-la-montre inaugural.

Cette épreuve signe également le retour de Tom Dumoulin (Jumbo-Visma), six mois après l’annonce d’une pause. Fatigué mentalement, le Néerlandais avait décidé de quitter sa carrière cycliste, le temps de faire le point sur sa situation. Il a finalement annoncé son retour à l’entraînement au mois de mai, avec une reprise sur ce Tour de Suisse, et un premier objectif fixé aux Jeux Olympiques de Tokyo, où il disputera notamment le contre-la-montre. Cette épreuve helvète sera donc un premier test important pour le Brabançon, désireux de retrouver le plaisir de rouler, avant d’imaginer une victoire finale à Andermatt.

Les sprinters

Dans le cadre de sa préparation pour les Jeux Olympiques, le champion néerlandais Mathieu Van der Poel (Alpecin-Fenix) avait décidé de longue date d’enchaîner les kilomètres sur le Tour de Suisse, avant son premier Tour de France. Les étapes vallonnées qui s’annoncent peuvent lui permettre de garnir son palmarès, et il sera certainement scruté en cas d’arrivée en petit comité. S’il ne retrouvera pas son adversaire sur la terre Tom Pidcock, victime d’une fracture de la clavicule une semaine avant ce rendez-vous suisse, VDP devra faire face à une concurrence féroce, avec notamment Michael Matthews (Team BikeExchange), qui reprend sa route à l’aube du Tour de France sur des profils qui correspondent à ses qualités puissantes.

Le jeune coureur belge Jordi Meeus (Bora-Hansgrohe) attendra pour sa part des étapes plus aisées pour se montrer, et faire aussi bien que sa récente victoire d’étape sur le Tour de Hongrie. Il sera en tout cas l’un des plus rapides du peloton, au côté notamment de l’expérimenté John Degenkolb (Lotto-Soudal) et des Français Hugo Hofstetter (Israel Start-up Nation) et Marc Sarreau (Ag2r Citroën Team).

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Les directs TV

  • En direct le dimanche 6 juin dès 16h10, du lundi 7 juin au samedi 12 juin dès 15h40, et le dimanche 13 juin dès 15h00 sur L’Équipe
  • En direct le dimanche 6 juin dès 15h20, du lundi 7 juin au samedi 12 juin dès 15h40, et le dimanche 13 juin dès 15h00 sur Eurosport Player et GCN+
  • En direct du dimanche 6 juin au samedi 12 juin dès 15h45, et le dimanche 13 juin dès 15h00 sur Eurosport 1

Photos et graphiques : Tour de Suisse

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