Bientôt des courses de plus de six jours pour le peloton féminin ?

Si le calendrier cycliste masculin sur route propose de nombreuses courses par étapes de plus d’une semaine, dont les fameux trois Grands Tours (Tour d’Italie, Tour de France et Tour d’Espagne), le calendrier cycliste féminin sur route ne bénéficie que d’une seule épreuve de plus d’une semaine, le Giro Rosa, l’officieux Tour d’Italie féminin. Pourquoi cette différence aussi marquée ? Car dans les années 80, les professionnelles avaient droit à des épreuves de plus de dix jours, à l’image du Tour de France féminin qui n’aura duré que cinq ans.

Ceci est en fait dû à une limitation du règlement de l’Union Cycliste Internationale (UCI). Celui-ci a décidé au début du XXIe siècle de limiter les courses par étapes féminines à six jours. Seul le Giro Rosa bénéficie d’une exception pour organiser dix étapes d’affilée. Comme le rappelle ce papier en anglais d’Amy Jones sur Cyclingnews, cette limite avait été imposée pour limiter le nombre de courses qui puissent être organisées en même temps, ou pour éviter l’organisation de courses sur deux week-ends consécutifs, afin de laisser de la place à tous les événements du calendrier. Pourtant, le calendrier masculin propose de nombreuses courses de haut niveau se disputant en même temps, comme Paris-Nice et Tirreno-Adriatico en mars, ou plus récemment, le Tour d’Italie et le Critérium du Dauphiné.

La saison 2021 ne propose ainsi que six courses par étapes au calendrier du WorldTour féminin, dont une seule dépasse les six jours réglementaires. Cela semble donc très peu, et confirme que ce règlement devrait être adapté. L’Espagnole Mavi Garcia (Alé BTC Ljubljana) en est l’un des meilleurs exemples : l’an dernier, elle a disputé les six étapes du Tour de l’Ardèche (qu’elle a terminé 2e) avant d’enchaîner, après un jour de repos, avec les dix étapes du Giro Rosa (qu’elle a conclu à la 9e place du général). Une course par étapes majeure avec des jours de repos, comme cela se fait chez les hommes, ne semble donc pas insurmontable pour un peloton féminin en progression constante.

« Un Grand Tour de deux semaines »

«Sur le Giro, nous devons déjà rouler dix jours d’affilée, mais le fait est que nous pouvons courir deux courses par étapes d’affilée avec juste un jour et demi de repos entre les deux. Je pense que nous sommes assez fortes pour enchaîner plus de jours de course sans problème», annonce Mavi Garcia dans ce papier de Cyclingnews. «Pourquoi pas un Grand Tour de deux semaines avec un jour de repos ? Donc, six jours de course, un jour de repos ou quelque chose comme ça. Je ne pense pas que nous sommes incapables de réaliser cela», confirme la Sud-Africaine Ashleigh Moolman Pasio (SD Worx) dans ce même article. Leur seule demande est celle-ci : que les étapes ne dépassent pas plus de 140 kilomètres (le règlement demande un maximum de 160 km par étape), afin que le spectacle reste au rendez-vous.

La demande est donc bien là dans le peloton féminin. Il reste désormais à ce que l’UCI entende celle-ci. L’annonce d’un prochain Tour de France féminin en 2022 pourrait déjà faire bouger les lignes, même si l’organisateur, ASO, n’a pas encore confirmé les dates, les étapes et la durée de cette nouvelle course prévue après le Tour de France masculin. L’égalité passe aussi par ce type d’initiative.

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Photo : ASO/Gautier Demouveaux

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