Chez Trek-Segafredo, les salaires minimum des femmes égaleront les standards masculins

Alors que l’Union Cycliste Internationale (UCI) souhaite que pour 2023, le salaire minimum dans les équipes féminines de première division égale celui des équipes masculines de deuxième division, la formation américaine Trek-Segafredo a décidé d’aller plus loin et plus vite. Dès 2021, les cyclistes femmes auront au moins un salaire minimum aussi avantageux que leurs collègues masculins.

La question de l’égalité entre les cyclistes femmes et hommes ne passe pas que par une meilleure couverture médiatique des courses cyclistes ou un élargissement grandissant des pelotons. La professionnalisation du cyclisme féminin passe également par de meilleures conditions de travail et de salaire pour les sportives qui consacrent leur vie à ce sport. En 2019, l’Union Cycliste Internationale avait annoncé la mise en place d’un plan pluriannuel destiné à pousser la professionnalisation du cyclisme féminin via l’ajout d’un nouveau statut WorldTeam, sorte de première division chargée de mener le mouvement, mais aussi la mise en place de nouvelles règles pour assurer ce statut comme le payement d’un salaire minimum pour toutes les cyclistes, l’assurance d’acquis sociaux comme le payement d’une pension ou la possibilité de partir en congé maternité, comme pour toute travailleuse.

Objectif : une certaine égalité en 2023

Ce mouvement se veut donc étendu dans le temps. Pour la saison 2021, le salaire annuel minimum d’une coureuse d’une équipe WorldTeam (elles sont actuellement huit) est de 20 000 euros pour une cycliste employée et 32 800 euros pour une cycliste indépendante (comme dans le monde du travail, un contrat lie la sportive et l’équipe, mais la sportive s’occupe de ses lois sociales, taxes, etc.). Ces montants doivent grimper, selon le plan de l’UCI, à 27 000 euros/an pour une employée et 45 100 euros/an pour une indépendante en 2022, pour finalement atteindre le niveau des salaires minimums des équipes masculines ProTeams en 2023.

Jusqu’à 40 000 euros/an

Pour l’instant, au sein des équipes cyclistes masculines, le salaire annuel minimum est de 40 045 euros pour un employé d’une équipe WorldTour et de 65 673 euros pour un indépendant. Et en ProTeams, soit la seconde division cycliste masculine, le salaire minimum est de 32 102 euros pour un employé et 52 647 euros pour un indépendant.

Enfin, les néo-professionnels (dans leur première année pro) ont un salaire minimum plus bas : 32 400 euros (employé) et 53 136 euros (indépendant) en WorldTour et 26 849 euros (employé) et 44 032 euros (indépendant) dans une ProTeam.

Un salaire égal ou supérieur au minimum masculin

Face à cette situation, l’équipe Trek-Segafredo, qui dispose de deux formations dans le WorldTour masculine et le WorldTour féminin depuis 2019, a annoncé sur le site Cyclingnews sa décision d’avancer plus rapidement autour de cette égalité salariale. « Le salaire change évidemment selon les personnes mais nous pouvons confirmer que tous nos athlètes professionnels sur route, quel que soit leur genre, ont un salaire égal ou supérieur au minimum salarial requis pour l’équipe masculine », rapporte Eric Bjorling, directeur du marketing chez Trek, au site Cyclingnews. La seule différence concerne les néo-pros qui, comme indiqué plus haut, ont un salaire légèrement plus bas que leurs aînés des pelotons.

Cette avancée peut en tout cas faire bouger les lignes alors que bon nombre d’équipes historiques du peloton masculin développent ces dernières années des équipes féminines, comme Movistar, Jumbo-Visma et prochainement Cofidis ou Ag2r Citroën Team. « Quiconque a déjà regardé du cyclisme féminin sait à quel point ce sport est incroyable, et nous sommes fiers d’avoir l’opportunité d’y participer et de soutenir ces incroyables athlètes », ajoute Eric Bjorling.

Maintenant, les autres équipes ?

Il reste toutefois à voir si cette décision fera également bouger l’UCI. Certes, son plan pluriannuel prévoit des salaires minimum en hausse et des acquis sociaux importants pour les représentantes des WorldTeams. Mais au niveau inférieur, ces obligations n’ont pas cours, et il est encore trop fréquent de découvrir des équipes enregistrées comme professionnelles qui demandent à leurs cyclistes de payer certains frais ou de s’occuper de certaines tâches qui incombent normalement à leur employeur. Cela a pu mener récemment à la révélation de faits de harcèlement ou simplement des mauvaises pratiques sociales dans certaines formations dont le budget ne rivalise pas du tout avec les meilleures équipes du peloton féminin. Voici donc le prochain grand chantier de l’UCI, à mettre en place très rapidement pour éviter qu’un écart béant se creuse entre le haut de la pyramide cycliste féminine et sa base.

Photo : ASO

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