Championnats du monde sur route 2022 à Wollongong : notre présentation de la course hommes

Parcours, favorites, directs… : toutes les infos sur la course en ligne des élites hommes sur les championnats du monde sur route 2022 à Wollongong.
Julian Alaphilippe Remco Evenepoel Peloton - 2e étape Tour d'Espagne Vuelta 2022 - ASO Unipublic CHarly Lopez
Le champion du monde Julian Alaphilippe (Quick-Step Alpha Vinyl) avec Remco Evenepoel (Quick-Step Alpha Vinyl) dans sa roue, lors de la 2e étape du Tour d’Espagne 2022 – Photo : ASO/Unipublic/Charly Lopez

Le parcours

Cela devient une habitude sur les championnats du monde à destination des professionnels : la course en circuit reste une base, mais elle peut être agrémentée d’une première partie en ligne. L’objectif n’est pas forcément de pimenter le suspense sportif. Plutôt de mettre en avant les paysages locaux, les attractions régionales. Cela se confirme sur cette course de Wollongong, avec un départ à une trentaine de kilomètres au nord de là. L’occasion de dévoiler les lignes de la côte pacifique et de faire la publicité de ses plages prisées par les surfeurs. Pour l’intérêt cycliste, difficile d’imaginer comment ces premières routes sinueuses pourront bousculer le scénario établi d’une échappée de quelques cyclistes pour entamer la journée.

La course devrait s’animer après une quarantaine de kilomètres avec la première côte principale du jour : le Mont Keira. Cette ascension de près de six kilomètres à plus de 6% de moyenne, avec des passages jusqu’à 15% ne sera toutefois empruntée qu’à une reprise, et servira finalement à fatiguer les organismes si une sélection décide de déjà faire le forcing avant les 100 derniers kilomètres. Mais ce col ne sera pas le juge de paix décidant des vainqueurs du jour, à coup sûr. Après cette parenthèse au sommet de Wollongong, les coureurs redescendront vers le centre pour douze tours du traditionnel circuit déjà proposé pour les juniors, les espoirs masculins et les espoirs et élites femmes.

Ce circuit se veut aussi sinueux et technique que le contre-la-montre avec la montée du Mont Ousley, jusqu’à 8%, en apéritif avant l’approche du Mont Pleasant et ses 1 100 mètres à plus de 7,7% dont des passages jusqu’à 12%. C’est cette dernière côte, dont le sommet est situé à près de 7 kilomètres de l’arrivée, qui pourra certainement déterminer de l’issue de cette course au maillot arc-en-ciel. Il restera désormais à déterminer dans quel tour placer son attaque sur cette ascension irrégulière. Et assurer ensuite une descente parfaite dans le final technique qui peut ajouter son lot de pièges. Les routes seront plus planes dans les quatre derniers kilomètres, mais attention à la butte avant le dernier kilomètre, idéale pour une dernière offensive explosive avant d’envisager un éventuel sprint dans la descente qui suit, jusqu’à 300 mètres de la ligne. Le sprint en léger faux-plat peut également surprendre par sa pente, en cas d’arrivée groupée.

Toutes les présentations, les podiums, les résultats des championnats du monde de cyclisme sur route 2022 sur notre page spéciale

Départ : 02h15 à Helensburg

Difficultés :
Km 41,9 – Mount Keira (6,5 km à 6,2% de moyenne)
Km 70,6 – Mount Pleasant (1,1 km à 7%)
Km 87,5 – Mount Pleasant (1,1 km à 7%)
Km 104,6 – Mount Pleasant (1,1 km à 7%)
Km 121,7 – Mount Pleasant (1,1 km à 7%)
Km 138,8 – Mount Pleasant (1,1 km à 7%)
Km 155,9 – Mount Pleasant (1,1 km à 7%)
Km 173,0 – Mount Pleasant (1,1 km à 7%)
Km 190,1 – Mount Pleasant (1,1 km à 7%)
Km 207,2 – Mount Pleasant (1,1 km à 7%)
Km 224,3 – Mount Pleasant (1,1 km à 7%)
Km 241,4 – Mount Pleasant (1,1 km à 7%)
Km 258,5 – Mount Pleasant (1,1 km à 7%)

Distance : 266,9 kilomètres

Arrivée : entre 08h30 et 09h00 à Wollongong

La carte et le profil de la course en ligne hommes :

Carte - Course en ligne Élites Hommes - ProCyclingMaps

Les favoris

Wollongong va-t-il enfin sacrer un concurrent belge ? Cela fait en effet trois ans que les tracés vallonnés se succèdent et doivent permettre à des puncheurs de briller. Pas de chance : les Belges sont toujours tombés sur un Julian Alaphilippe des grands jours pour bousculer leurs plans ou mettre à mal leur forme du moment. Alors, il faut rivaliser d’inventivité pour imaginer piéger ce diable français, capable en une accélération digne d’un feu d’artifice de creuser l’écart et ensuite de le maintenir. Une recherche tactique nécessaire aussi pour éviter à la sélection de Sven Vanthourenhout d’endosser un statut de favori ultime et les responsabilités qui vont avec. Cela avait pesé sur l’équipe à Louvain, l’an dernier, Wout van Aert et Remco Evenepoel seront chargés de faire oublier cette course, ce dimanche.

Les deux principaux coureurs belges auront malgré tout une certaine pression. Evenepoel revient d’une victoire sur la Vuelta et d’une médaille de bronze sur le chrono arc-en-ciel. Et Van Aert conserve la stature de l’homme à vaincre sur les courses d’un jour de ce type, et ce malgré deux places d’honneur sur les (plus) difficiles GP de Québec et de Montréal. Les deux hommes se disent toutefois en forme et prêts à synchroniser leurs plans pour faire entendre la Brabançonne à Wollongong. L’entente semble en effet plus cordiale et les deux leaders ont acquis un nouveau statut au fil de cette saison pleine. Et ils savent qu’ils pourront compter sur une équipe solide dans le clan belge avec notamment Jasper Stuyven et Quinten Hermans pour jouer le sprint dans une potentielle échappée.

L’équipe belge n’est évidemment pas la seule à présenter un groupe impressionnant au départ de cette course masculine. La France, justement, endossera un costume de favorite et des pressions bien plus fortes que l’an dernier après ces deux éditions couronnées de succès. Julian Alaphilippe, le double tenant du titre, reste dans le doute vu son retour après son épaule luxée sur le Tour d’Espagne, voici moins de trois semaines. Le coureur n’a plus disputé de course depuis lors, mais semblait sur la Vuelta sur une pente ascendante. Cela suffira-t-il pour croire en un troisième titre consécutif ? L’objectif est en tout cas ambitieux. Thomas Voeckler, le sélectionneur français, a tout de meme d’autres cartes à faire valoir. Notamment son joker Benoît Cosnefroy, arrivé en dernière minute en milieu de semaine. D’abord annoncé comme non-partant, le vainqueur du GP de Québec a profité de sa forme du moment pour accepter l’invitation du sélectionneur à venir en Australie, mais en toute discrétion. Une manière de brouiller les cartes pour enfumer les autres sélections ? Cela pourrait justement créer quelques tensions dans une équipe qui connaît déjà beaucoup de leaders potentiels, avec également Valentin Madouas et Christophe Laporte comme candidats potentiels à une place sur le podium ce dimanche.

D’autres collectifs afficheront des ambitions aussi importantes. À commencer par les Pays-Bas, évidemment suspendus à la condition physique de Mathieu Van der Poel. Vainqueur du GP de Wallonie et bien en place sur le relais mixte malgré les nombreux pépins de l’équipe néerlandaise, le costaud coureur de 27 ans a tout de même confirmé sa bonne préparation à l’aube de ce rendez-vous irisé sur lequel il souhaite enfin briller après son expérience douloureuse de Harrogate en 2019. Il pourra compter sur l’expérience du vice-champion du monde en titre et vainqueur de Paris-Roubaix, Dylan van Baarle, capable de surprendre sur un tel parcours vallonné. Malgré l’absence de stars au palmarès aussi prestigieux, l’équipe d’Italie pourra compter sur son collectif et sa force de frappe sur les côtes. Le leader annoncé, Alberto Bettiol, reste un rusé, habitué des courses d’un jour, tandis que l’ancien champion d’Europe Matteo Trentin, passe-partout, peut se faufiler dans un groupe et le détrôner au sprint. Et la surprise pourrait même venir d’un certain Lorenzo Rota, de plus en plus constant sur les classiques vallonnées et encore deuxième du Tour de Toscane récemment. Il lui faudra cette fois avaler plus de 260 kilomètres, mais il reste un candidat à surveiller.

Devenu favori grâce à sa victoire en surclassement sur Wout van Aert lors du très rude Grand Prix de Montréal, le Slovène Tadej Pogacar ne disposera pas d’une équipe aussi impressionnante, mais il a déjà prouvé par le passé que le manque d’équipiers par rapport à ses rivaux n’était pas un obstacle insurmontable. Et avec de solides rouleurs comme Jan Tratnik et Jan Polanc, il peut tout de même espérer atteindre le final sans avoir gaspillé trop d’énergie. Son statut de leader unique jouera-t-il toutefois en sa faveur ? Même question pour l’Érythréen Biniam Girmay, vice-champion du monde chez les espoirs l’an dernier et bien déterminé à jouer les premiers rôles parmi les pros cette saison.

L’équipe américaine aura également des arguments à faire valoir avec le puncheur Neilson Powless, du moins si ce dernier s’est remis de sa chute au GP de Montréal, et le rouleur Magnus Sheffield, qui a déjà prouvé que la distance et la difficulté n’étaient pas un problème malgré ses 20 ans. La Grande-Bretagne comptera également sur sa jeunesse avec Ethan Hayter, en tant que puncheur-sprinter à protéger dans le final, et Fred Wright, électron libre qui a prouvé sur le Tour d’Espagne sa toute grande condition en vue de ces Mondiaux. Le Danemark proposera pour sa part une équipe éclectique avec comme principaux candidats le rouleur Magnus Cort et le grimpeur Jakobn Fuglsang, du moins si ce dernier retrouve la forme après un été difficile, entre convalescence et retour dans le peloton.

La liste des outsiders ne s’arrête pas là, confirmant que ce championnat du monde offre certainement bien plus d’options qu’à l’accoutumée. Vu ses qualités explosives, le Colombien Sergio Higuita reste un candidat pour ce titre mondial, là où le Portugais João Almeida jouera surtout sur son endurance dans les forts pourcentages. Plus rouleur que grimpeur, le Suisse Stefan Küng, champion du monde du relais mixte et vice-champion du monde du contre-la-montre, a la bonne patte pour espérer un résultat ce dimanche. Le sprinter Michael Matthews veut pour sa part profiter de ce championnat du monde à la maison pour s’afficher aux avant-postes, dans une équipe qui comptera aussi sur Jai Hindley, Ben O’Connor et Luke Plapp pour mettre la zizanie dans le peloton. Toujours dans la catégorie des sprinters qui peuvent surprendre, le Norvégien Alexander Kristoff peut créer la surprise, tout comme le triple champion du monde Peter Sagan, même si l’hypothèse semble moins probable, l’Espagnol Ivan Garcia Cortina, ou le Sud-Africain Daryl Impey.

La liste des partants :

Data powered by FirstCycling.com

Le palmarès :

2012 Philippe Gilbert (BEL)
2013 Rui Costa (Por)
2014 Michal Kwiatkowski (Pol)
2015 Peter Sagan (Svq)
2016 Peter Sagan (Svq)
2017 Peter Sagan (Svq)
2018 Alejandro Valverde (Esp)
2019 Mads Pedersen (Dan)
2020 Julian Alaphilippe (Fra)
2021 Julian Alaphilippe (Fra)

La météo

Le ciel sera légèrement nuageux avec des éclaircies, les températures seront comprises entre 16 et 19°C, le vent soufflera de sud-sud-est à nord-ouest entre 15 et 20 km/h avec des rafales jusqu’à 35 km/h.

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