E3 Saxo Bank Classic : Van Aert a tout en mains pour un printemps de rêve

La domination des Jumbo-Visma sur les parcours vallonnés s’est confirmée autour de Harelbeke : Wout van Aert s’impose devant Christophe Laporte.
Wout van Aert Christophe Laporte - Victoire E3 Saxo Bank Classic 2022 - Capture Eurosport
Le champion de Belgique Wout van Aert (Jumbo-Visma) et son équipier français Christophe Laporte (Jumbo-Visma) franchissent ensemble la ligne d’arrivée de l’E3 Saxo Bank Classic 2022 – Photo : capture Eurosport

La domination des Jumbo-Visma sur les parcours vallonnés s’est confirmée ce vendredi autour de Harelbeke. À trois à l’attaque sur le Taaienberg puis en duo au sommet du Paterberg, les hommes en jaune et noir étaient tout le temps en tête de course. Avec finalement, une victoire prestigieuse pour le champion de Belgique Wout van Aert devant son équipier français Christophe Laporte. À neuf jours du Tour des Flandres, le coureur de Herentals et sa formation prennent un avantage psychologique et, dans le même temps, se mettent la pression pour le reste du printemps.

La journée des Jumbo-Visma n’avait pourtant pas démarré sous les meilleurs augures. Impliqué dans une chute après seulement quelques kilomètres de course, le puncheur belge Tosh Van der Sande a quitté l’épreuve en ambulance. Verdict : fracture du coude et une absence confirmée pour le reste des classiques flandriennes, voire printanières. Un sacré coup dur pour celui qui s’annonçait comme l’un des principaux transferts de l’effectif néerlandais cet hiver. Cela ne bousculait toutefois pas le train jaune et noir qui s’activait au premier juge de paix de la journée : le Taaienberg, à 80 kilomètres de l’arrivée. L’attaque semblait téléphonée tant cette côte pavée a mené ces dernières années à des offensives de favoris pour éliminer une bonne partie du peloton. Et pourtant, à trois, Wout van Aert, Tiesj Benoot et Christophe Laporte parvenaient à créer un écart suffisant pour déjà faire douter les autres favoris.

Le trio n’a pas eu l’indécence de poursuivre l’effort à trois, mais la démonstration était déjà imposante. “Aujourd’hui, on a réalisé une incroyable prestation collective”, confirme Wout van Aert au micro de la VRT, à l’arrivée. “Nous savions où nous placer à l’avant et nous avons toujours eu le contrôle de la course. Nous avons réalisé un travail fantastique”. Car dans la roue des Jumbo-Visma, seuls Stefan Küng (Groupama-FDJ), Kasper Asgreen (Quick Step-Alpha Vinyl), Jasper Stuyven (Trek-Segafredo) et le vainqueur de Milan-Sanremo Matej Mohoric (Bahrain Victorious) parvenaient à suivre ce rythme effréné. Au bout d’une énorme poursuite des INEOS Grenadiers jusqu’à l’Eikenberg, Jhonatan Narvaez, Dylan van Baarle (INEOS Grenadiers), Valentin Madouas (Groupama-FDJ), Biniam Girmay (Intermarché-Wanty-Gobert), Florian Sénéchal (Quick Step-Alpha Vinyl), Michael Gogl (Alpecin-Fenix), Anthony Turgis (TotalÉnergies), Rasmus Tiller (Uno-X) et Mike Teunissen (Jumbo-Visma) réussisaient ensuite à rentrer au prix d’efforts qui allaient se payer comptant dans ce final intense, durant lequel les côtes se sont enchaînées tous les quatre à cinq kilomètres en moyenne.

“Une course aussi dure qu’un monument”

Van Aert lui-même se méfiait de ces dernières bornes : “Comme toujours à l’E3, c’était un final de 100 kilomètres et cela fait des ravages. Parfois, c’est une course aussi dure qu’un monument de 250 kilomètres”. Et pour durcir encore plus cette bagarre, après des offensives successives de Tiesj Benoot, son équipier en noir-jaune-rouge profitait du mur pavé du Paterberg (400 m à 13%) pour encore distancer ses rivaux, avec cette fois Christophe Laporte dans la roue. Avec quelques secondes d’avance sur le néo-pro Biniam Girmay au sommet, Van Aert et Laporte partaient pour un peu plus de 40 kilomètres en contre-la-montre à deux, à la manière du Duo Normand. “On devait se battre pour obtenir une avance confortable. Je savais que si nous pouvions franchir la Karnemelkbeekstraat à deux, ils allaient commencer à hésiter à un moment donné, derrière”, analyse Van Aert. Et c’est exactement ce qui se passait…

Après avoir tenu les deux hommes de tête en joue à moins de 30 secondes, le passage du col de l’E3 scellait le destin de cette course. Malgré la présence de deux INEOS Grenadiers (Narvaez et Van Baarle) et de deux Groupama-FDJ (Küng et Madouas) à l’arrière, sans oublier les rouleurs Asgreen, Mohoric et Girmay, le groupe de poursuivants ne pouvait que reconnaître sa défaite à l’approche des 20 derniers kilomètres. “On avait un plan d’être en tête après le Taaienberg, on était assez nombreux. Et dans le Paterberg, j’étais à la limite, mais Wout était incroyablement fort. C’était bien d’être ensuite à deux. Pour la victoire, il n’y avait pas de question à se poser par la suite”, confirme Christophe Laporte, lui-même soufflé par la performance de son leader.

La victoire était au bout pour le duo, il restait encore à désigner celui qui allait grimper sur la plus haute marche du podium. Dans le public, le nom le plus scandé était évidemment celui de Wout van Aert. Et à l’arrivée, après avoir profité d’un dernier kilomètre de rêve à deux, c’est bien le champion de Belgique qui franchissait la ligne en tête. “Il mérite, Wout m’a un peu traîné avec lui dans les côtes”, sourit Laporte. “Il n’y a pas eu de question pour savoir qui allait gagner”, renchérit Van Aert.

Girmay, futur leader des Flandriennes ?

Dans le groupe de poursuivants, Stefan Küng était le plus frais pour glaner la troisième place, notamment devant Biniam Girmay (5e), certainement la grande révélation de cet E3. L’Érythréen de 21 ans signe simplement la meilleure performance de l’équipe Intermarché-Wanty-Gobert sur une classique flandrienne du WorldTour. Et tant lui que Jhonatan Narvaez (6e) confirment l’internationalisation de cette discipline, au-delà des habituels Grands Tours. “Je remercie mon équipe, car ils ont fait de moi un leader et cela m’a donné énormément de motivation”, réagit Girmay au micro de la VRT. “Ce n’est que ma deuxième classique flandrienne. Je ne connais pas encore bien ces routes et cela a rendu les choses difficiles. Mon positionnement n’est parfois pas bon, mais l’équipe m’a très bien placé. L’E3 était l’une des courses les plus dures de ma vie”, souligne le coureur érythréen qui sera encore sur Gand-Wevelgem avant de rentrer au sein de sa famille en Érythrée. Il promet toutefois de participer au Tour des Flandres l’an prochain.

Lotto-Soudal et Ag2r Citroën Team loin des sommets

Cette quatrième place est surtout un soulagement pour Intermarché-Wanty-Gobert qui engrange des points importants dans la course pour le WorldTour alors que ses concurrentes, les équipes Cofidis, Israel Premier Tech ou Lotto-Soudal n’ont pas placé un seul homme dans le Top 20. Bon nombre de formations ont par ailleurs affiché un bilan bien loin des attentes promises. Lotto-Soudal a rapidement perdu son leader Victor Campenaerts, victime d’une crevaison de la roue avant juste avant le Taaienberg et contraint à un arrêt de plus d’une minute… Les coureurs d’Ag2r Citroën Team, notamment ses leaders Greg Van Avermaet et Oliver Naesen, n’ont jamais été aperçus en tête, pas plus que les DSM de Soren Kragh Andersen, qui a annoncé qu’il ne participera pas non plus au Tour des Flandres pour se concentrer sur les Ardennaises. L’équipe UAE Team Emirates, également, a seulement obtenu une 43e place ce vendredi, une performance inquiétante à l’aube d’un Ronde sur lequel l’équipe aura des ambitions avec un certain Tadej Pogacar. Il restera toujours Gand-Wevelgem, ce dimanche, pour retrouver des couleurs pour ces formations.

Résultats de la 64e édition de l’E3 Saxo Bank Classic (Harelbeke > Harelbeke, 203.9 km) :

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