Championnats du monde sur route – Flandre 2021 : notre présentation de la course hommes

La grand-messe des championnats du monde se conclut ce dimanche sur la course masculine, l’épreuve la plus attendue de cette semaine sainte en terres flamandes. Sur les routes vallonnées du Brabant flamand, plus de 40 difficultés vont s’enchaîner en près de sept heures de course pour un maillot arc-en-ciel, que la Belgique n’a jamais été aussi proche de retrouver. Présentation.

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Le parcours

Le peloton de ce championnat du monde masculin va se croire dans un véritable labyrinthe à l’occasion de cet enchaînement de près de 270 kilomètres entre Anvers, Louvain et Overijse. À vol d’oiseau, moins de 50 kilomètres séparent la cité portuaire de la ville des raisins. Ce dimanche, les coureurs ne vont cesser de virer, de grimper, de descendre sur les mêmes routes : huit tours du circuit de Louvain et deux tours du circuit « flandrien » autour d’Overijse seront au programme et risquent de mener à une course explosive, comme cela s’est confirmé dans les autres catégories de ces Mondiaux. Avant cet enchaînement dans les monts brabançons, le peloton aura le temps de se chauffer les jambes dans les rues d’Anvers, qui accueille le grand départ de cette ultime course de la semaine. Depuis la cité portuaire, les coureurs vont descendre vers Louvain via des routes déjà sinueuses, qui peuvent accroître la nervosité dans le peloton. Les premières buttes à la sortie d’Anvers pourront permettre la formation d’une échappée, alors que les derniers kilomètres avant l’arrivée sur le circuit final de Louvain seront sur une nationale large qui annonce un peloton à toute vitesse.

En guise de repérage, les coureurs vont découvrir une première fois la boucle autour de Louvain pour un tour et demi, idéal pour se mettre en jambes avant la première descente vers le circuit « flandrien » d’Overijse. Cette boucle permettra également de prendre ses repères avec notamment une double montée du Smeysberg et son mur à 16% dès le pied, un premier passage sur la Moskesstraat et ses 200 derniers mètres à près de 18%, la grimpée de la Taymansstraat d’Overijse et ses 16% sur pavés, la Bekestraat et ses pavés redoutables et la Veeweidestraat dont la principale difficulté est sa longue ligne droite sans abri du vent (qui risque en prime de souffler fort avec des averses ce dimanche). Après ce premier circuit, le peloton retournera une première fois sur Louvain pour enchaîner avec quatre tours du circuit de la cité universitaire.

Les routes seront étroites et sinueuses sur ce tour de Louvain, et les chutes sur les précédentes courses mondiales confirment qu’il faudra s’armer de prudence… et de chance pour sortir sans dommage de cette septantaine de kilomètres en ville. Après ces quatre tours, le peloton reprendra sa route vers Overijse pour un dernier tour du circuit « flandrien », qui permettra certainement de faire un dernier ménage parmi les favoris, notamment à la sortie de la deuxième montée du Smeysberg. Le vent sera alors favorable aux attaquants et comme chez les espoirs, la remontée vers Louvain risque de mener à une temporisation parmi le peloton. Car sur les précédentes montées, le vent sera plus défavorable et les pentes ne seront pas assez longues pour créer de la distance.

Il restera moins de 50 kilomètres à la sortie du circuit d’Overijse. La remontée vers Louvain se fera encore sur des routes vallonnées et usantes, avant les deux derniers tours de circuit dans Louvain. La décision risque de se faire sur ces routes avec surtout deux côtes attendues comme juges de paix : le Keizersberg et son pied à 12%, en début de circuit, et surtout le Wijnpers, la côte la plus raide, toujours à près de 9% durant 300 mètres. Cette ascension très courte peut permettre à un coureur explosif de prendre ses distances avant les cinq derniers kilomètres, en descente et sur des routes très sinueuses, qui ne permettent pas à un peloton de mener une poursuite correcte. Le Sint-Antoniusberg, dernière ascension du jour, sera trop courte et trop légère pour décider de la victoire finale. Surtout qu’un kilomètre plus long, la dernière ligne droite jusqu’à l’arrivée s’annonce avec une pente moyenne de 2,5% qui favorisera les coureurs puissants. Ou du moins ceux qui ont encore un peu d’énergie après près de 270 kilomètres dans les cuisses.

Départ fictif : 10h25 sur la Grand-Place d’Anvers

Départ réel : 10h40 à Anvers, après 9,1 km en défilé

Distance : 268,3 kilomètres

Les difficultés du jour :
Côte 1 – Km 56,1 : Wijnpers (360 m à 8% de moyenne)
Côte 2 – Km 60,1 : Sint-Antoniusberg (230 m à 5,5%)
Côte 3 – Km 66,8 : Keizersberg (290 m à 6,6%)
Côte 4 – Km 70,1 : Decouxlaan (975 m à 2,5%)
Côte 5 – Km 71,6 : Wijnpers (360 m à 8%)
Côte 6 – Km 87,7 : Smeysberg (700 m à 8,8%)
Côte 7 – Km 90,7 : Moskesstraat (550 m à 8%)
Côte 8 – Km 96,2 : S-Bocht Overijse/Taymansstraat (738 m à 5,5%)
Côte 9 – Km 99,3 : Bekestraat (439 m à 7,6%)
Côte 10 – Km 104,3 : Veeweidestraat (484 m à 5,1%)
Côte 11 – Km 108,7 : Smeysberg (700 m à 8,8%)
Côte 12 – Km 124,5 : Sint-Antoniusberg (230 m à 5,5%)
Côte 13 – Km 131,2 : Keizersberg (290 m à 6,6%)
Côte 14 – Km 134,5 : Decouxlaan (975 m à 2,5%)
Côte 15 – Km 136,0 : Wijnpers (360 m à 8%)
Côte 16 – Km 140,0 : Sint-Antoniusberg (230 m à 5,5%)
Côte 17 – Km 146,8 : Keizersberg (290 m à 6,6%)
Côte 18 – Km 150,1 : Decouxlaan (975 m à 2,5%)
Côte 19 – Km 151,6 : Wijnpers (360 m à 8%)
Côte 20 – Km 155,6 : Sint-Antoniusberg (230 m à 5,5%)
Côte 21 – Km 162,3 : Keizersberg (290 m à 6,6%)
Côte 22 – Km 165,6 : Decouxlaan (975 m à 2,5%)
Côte 23 – Km 167,1 : Wijnpers (360 m à 8%)
Côte 24 – Km 171,1 : Sint-Antoniusberg (230 m à 5,5%)
Côte 25 – Km 177,8 : Keizersberg (290 m à 6,6%)
Côte 26 – Km 181,1 : Decouxlaan (975 m à 2,5%)
Côte 27 – Km 182,6 : Wijnpers (360 m à 8%)
Côte 28 – Km 198,7 : Smeysberg (700 m à 8,8%)
Côte 29 – Km 201,7 : Moskesstraat (550 m à 8%)
Côte 30 – Km 207,3 : S-Bocht Overijse/Taymansstraat (738 m à 5,5%)
Côte 31 – Km 210,4 : Bekestraat (439 m à 7,6%)
Côte 32 – Km 215,3 : Veeweidestraat (484 m à 5,1%)
Côte 33 – Km 219,7 : Smeysberg (700 m à 8,8%)
Côte 34 – Km 235,5 : Sint-Antoniusberg (230 m à 5,5%)
Côte 35 – Km 242,3 : Keizersberg (290 m à 6,6%)
Côte 36 – Km 245,6 : Decouxlaan (975 m à 2,5%)
Côte 37 – Km 247,1 : Wijnpers (360 m à 8%)
Côte 38 – Km 251,1 : Sint-Antoniusberg (230 m à 5,5%)
Côte 39 – Km 257,8 : Keizersberg (290 m à 6,6%)
Côte 40 – Km 261,1 : Decouxlaan (975 m à 2,5%)
Côte 41 – Km 262,6 : Wijnpers (360 m à 8%)
Côte 42 – Km 266,6 : Sint-Antoniusberg (230 m à 5,5%)

Arrivée : entre 16h46 et 17h22 sur l’Erasme Ruelensvest à Louvain

L’itinéraire-horaire : cliquez ici pour découvrir l’horaire de passage des coureurs

La carte et le profil :

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Les favoris

Pour la première fois depuis 2002, la Belgique retrouve les championnats du monde sur ses terres. Et cette fois, tout un pays peut rêver d’un maillot arc-en-ciel sur un circuit parfaitement tracé pour les meilleurs coureurs du cru. Pas de plaine ou de haute montagne, mais des côtes explosives, des routes sinueuses, un tracé technique. Un parcours idéal pour les spécialistes de classiques printanières. Alors, il est logique de penser à Wout van Aert quand on évoque de telles routes. Le champion de Belgique sur route est le meilleur coureur belge du moment, capable de sprinter, de rouler, de grimper comme personne. Ses qualités de cyclo-crossman sont désormais celles qui lui permettent de briller sur tous les terrains routiers et le sélectionneur fédéral Sven Vanthourenhout l’a bien compris en annonçant dès le mois d’août que Van Aert sera le leader unique du groupe belge pour ce championnat du monde. Récent vainqueur de quatre étapes et du général du Tour de Grande-Bretagne, le coureur de 27 ans est dans une forme étincelante, comme il l’a confirmé avec une deuxième place sur le championnat du monde du contre-la-montre. Il a la pancarte, comme l’an dernier à Imola, et a donc l’expérience d’être le grand favori. Il doit désormais être parfaitement protégé pour obtenir ce Graal irisé.

L’équipe belge sera donc présente pour un seul homme. Mais sur un tel parcours où les chutes, les incidents et les surprises risquent d’être légion, la sélection belge devra certainement jouer l’une ou l’autre carte au risque de passer la journée en poursuite, comme à Imola ou à Tokyo. Et même si Van Aert est leader unique, la sélection belge révèle d’autres talents pour reprendre le contrôle de la course, au cas où. À commencer par le vice-champion du monde sur route et médaillé de bronze sur chrono mondial Remco Evenepoel. Le coureur brabançon disputera déjà son deuxième Mondial avec les pros et découvrira à Louvain et Overijse des routes idéales pour ses qualités. Des routes sur lesquelles il s’est largement imposé lors de la Course des Raisins à Overijse, en août dernier. Le rouleur de 21 ans peut trouver une issue favorable si une échappée se forme au nez et à la barbe de son leader. De même pour le Louvaniste Jasper Stuyven, qui avait déjà profité d’un rôle d’outsider pour remporter Milan-Sanremo, en mars dernier. Le puncheur-sprinter, deuxième de la récente Primus Classic sur les routes du Mondial, connaît ces côtes par coeur et pourrait surprendre s’il se retrouve dans les bonnes roues, sans ses leaders à côté. Et avec Tiesj Benoot ou Dylan Teuns (s’il retrouve ses meilleures sensations) en protecteurs, le groupe noir-jaune-rouge dispose de nombreux puncheurs pour contrôler au mieux cette course.

Le collectif belge ne sera toutefois pas le seul à dévoiler des hommes en grande condition. Les chasseurs de classiques sont nombreux et ils l’ont confirmé ces dernières semaines. Du côté italien, le récent champion d’Europe sur route Sonny Colbrelli a enchaîné les succès probants ces dernières semaines. Sur le championnat d’Europe montagneux de Trento, évidemment, mais aussi sur le Benelux Tour, sur des côtes similaires à ce qu’il va retrouver ce dimanche vers Louvain, et sur le Memorial Marco Pantani. Le puncheur-sprinter sera l’un des coureurs les plus surveillés. Mais l’Italie pourra également mener la course pour Matteo Trentin, ex-champion d’Europe qui s’est récemment rassuré sur le Trophée Matteotti, sa première victoire depuis 2019. Le sprinter Giacomo Nizzolo, certes moins en vue ces dernières semaines, et Gianni Moscon, toujours prêt à jouer l’équipier de luxe dans le groupe italien, sont également à nommer comme outsiders sur un tel tracé.

Le tenant du titre Julian Alaphilippe aura logiquement une énorme pancarte dans le dos. Le champion du monde s’est imposé à quatre reprises avec le maillot arc-en-ciel durant cette dernière année, et il s’est rassuré avec une deuxième place sur la Bretagne Classic et des places d’honneur à foison sur le Tour de Grande-Bretagne. Le circuit semble idéal pour ses qualités explosives, mais le Français n’aura pas de côtes très longues face à lui pour lui permettre de mettre en lumière sa résistance aux efforts intenses. Alaphilippe aura le statut de leader unique, dans une équipe de France qui a l’occasion de faire briller d’autres talents, comme Benoît Cosnefroy, qui aime ces côtes brabançonnes et peut également faire parler sa pointe de vitesse dans un petit groupe.

Habituel rival de Van Aert, le Néerlandais Mathieu Van der Poel arrive sur ce championnat du monde avec bon nombre d’incertitudes. Toujours souffrant du dos depuis sa chute lors de la compétition olympique de VTT à Tokyo, le champion du monde de cyclo-cross n’a retrouvé la compétition que deux semaines plus tôt, avec une victoire probante sur l’Antwerp Port Epic et ses chemins de gravier, et des attaques tranchantes sur les routes du Mondial lors de la Primus Classic (avant une crevaison qui l’a écarté de la course au succès). Van der Poel s’est décidé cette semaine à participer à ce Mondial et il risque bien d’être un favori à surveiller sur ces pentes qui lui permettent de faire parler son explosivité. Et s’il ne se sent pas dans les meilleures conditions, il pourra toujours filer le rôle de leader au sprinter-puncheur Mike Teunissen ou au rouleur-grimpeur Dylan van Baarle, tous deux capables de surprendre sur ce profil.

Qualifié de collectif le plus solide avec la Belgique, le Danemark se présente sur ce championnat du monde avec un groupe offensif qui peut faire des merveilles. Les Danois risquent de passer très souvent à l’offensive avec les rouleurs Kasper Asgreen et Mikkel Honoré pour rendre la course la plus usante possible, et avec les puncheurs Magnus Cort, vainqueur des difficiles Tour de Toscane et Coppa Sabatini,  et Michael Valgren, triple vainqueur d’étape sur le Tour d’Espagne, pour faire exploser les récalcitrants dans le final, avec l’espoir de les battre au sprint en cas d’arrivée en peloton réduit. Ces quatre cartes danoises s’annoncent comme les plus difficiles à bousculer au vu de leurs récents résultats.

Vainqueur du Tour de Norvège et double vainqueur d’étape sur le Tour de Grande-Bretagne, Ethan Hayter sera l’un des leaders de l’équipe britannique. Il a confirmé sur la récente Bretagne Classic (4e) qu’il pouvait encore briller sur une classique vallonnée de plus de 250 kilomètres, et sa pointe de vitesse fait des ravages. La Grande-Bretagne peut en prime compter sur Tom Pidcock, impressionnant champion olympique de VTT à seulement 21 ans, qui s’est concentré en cette fin de saison sur sa première Vuelta et surtout sa préparation pour les championnats du monde sur route. Vainqueur de la Flèche Brabançonne, Pidcock a repéré en long et en large ces différentes routes entre Louvain et Overijse, et sera certainement présent dans le final.

Et puis, il y a les spécialistes qui ne compteront pas sur des collectifs aussi imposants, mais qui peuvent profiter de leur expérience pour faire la différence vers Louvain. Le Slovène Matej Mohoric sera le leader attendu d’une nation qui compte également sur les rouleurs-grimpeurs Tadej Pogacar et Primoz Roglic. Mais sur des routes aussi techniques, les deux vainqueurs de Grands Tours risquent d’avoir du mal à bien se placer pour jouer la gagne. Le Suisse Marc Hirschi, troisième du Mondial l’an dernier, semble monter en puissance depuis le mois d’août et peut confirmer ses qualités de puncheur sur ce circuit mondial. De même que l’Allemand Nils Politt, plus rouleur qu’explosif, mais toujours dans les bons coups sur les courses d’un jour disputées dans le nord.

L’Australien Michael Matthews sera également attendu, même s’il croisera certainement les doigts pour arriver dans un peloton réduit dans l’ultime ligne droite. De même que le triple champion du monde Peter Sagan, récent vainqueur du Tour de Slovaquie et qui a perdu de son explosivité mais pas de son expérience sur ces championnats toujours très particuliers. Le Polonais Michal Kwiatkowski, quatrième du Mondial l’an dernier et en vue sur les pavés du GP de Denain, mardi dernier, peut également jouer sa carte sur ces côtes brabançonnes. Et sur une course qui s’annonce très offensive, tous ces noms peuvent clairement profiter d’un groupe qui s’échappe sans crier gare. Au risque de bouleverser les plans belges ou italiens, notamment.


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La liste des partants : cliquez ici pour voir la liste des partants

Le palmarès :
2011 Mark Cavendish (G-B)
2012 Philippe Gilbert (BEL)
2013 Rui Costa (Por)
2014 Michal Kwiatkowski (Pol)
2015 Peter Sagan (Svq)
2016 Peter Sagan (Svq)
2017 Peter Sagan (Svq)
2018 Alejandro Valverde (Esp)
2019 Mads Pedersen (Dan)
2020 Julian Alaphilippe (Fra)

La météo

Le ciel sera nuageux ce dimanche avec un risque d’averses durant l’après-midi. Ce risque sera plus prononcé entre 15h00 et 17h00, selon l’IRM. Les températures fluctueront entre 20 et 22°C. Le vent soufflera de sud-ouest à sud-sud-ouest entre 20 et 30 km/h.

Les directs TV

  • En direct dès 09h45 sur RTBF Auvio et dès 09h45 sur Tipik puis dès 13h35 sur La Une
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  • En direct dès 10h15 sur France.tv et dès 13h30 sur France 3

Photo : Grégory Ienco – Graphiques : ProCyclingMaps

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