Jeux Olympiques – Tokyo 2020 : notre présentation de la course cycliste sur route femmes

L’aventure olympique se poursuit ce dimanche pour le peloton féminin dans une course à la médaille bien différente de l’épreuve masculine. Sur un tracé bien moins rude, les coureuses au départ de l’épreuve tokyoïte devront durcir son déroulé pour espérer éviter un sprint, même en petit comité, sur le circuit automobile de Fuji. Et pour cela, le peloton pourra certainement compter sur le contingent néerlandais, habituelles favorites des championnats de cette dernière décennie.

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Le parcours

C’est l’une des grandes déceptions de ces Jeux Olympiques. Alors que les hommes vont enchaîner trois ascensions aux abords du Mont Fuji, découvrant en large et en travers les plus beaux versants de la montagne sacrée, les femmes devront se contenter une course en ligne directe entre Tokyo et le circuit automobile du Mont Fuji, sans autre boucle. Pas d’ascension du Fuji Sanroku ni de passage via l’abrupte Mikuni Pass : le peloton féminin aura droit à un tracé totalement différent, bien moins montagneux. L’organisation arguera que sur les 137 kilomètres à couvrir ce dimanche, les femmes arpenteront près de 2 700 mètres de dénivelé positif, ce qui reste dans la moyenne très haute des classiques féminines. Mais pour une épreuve olympique, la différence claire par rapport au circuit masculin fait mauvais genre.

Pour faire simple : reprenez le parcours de plus de 230 kilomètres de l’épreuve masculine, enlevez les tours de circuit autour du Mont Fuji et vous obtenez le tracé féminin. Après une quarantaine de kilomètres dans la plaine, les cyclistes escaladeront la route de Doushi, un long faux-plat montant se concluant par un col de près de 6 kilomètres à 5,7% de moyenne. Les premières offensives pourraient intervenir sur cette ascension qui s’annonce comme le seul juge de paix du jour. Après un tour du lac de Yamanaka, les coureuses escaladeront encore le col de Kagosaka, et ses 2,2 kilomètres à près de 5% de moyenne, mais cette montée reste très limitée pour creuser un écart grâce à son jump.

Après une longue descente vers le circuit automobile du Mont Fuji, le peloton réalisera un tour d’un circuit menant aux abords du circuit, avant l’arrivée aux abords des paddocks. Ce tracé semble donc idéal pour les coureuses qui ont encore de l’explosivité après une épreuve difficile. Et il y en a quelques-unes parmi ce peloton présent à Tokyo…

Départ : 6h30 (heure belge) devant le Musashinomori Park à Tokyo

Distance : 137 kilomètres

Difficultés :
Km 80,4 – GPM 1 : Doushi Road (4,3 km à 6,1% de moyenne)
Km 96,8 – GPM 2 : Kagosaka Pass (2,2 km à 4,7%)

Arrivée : vers 10h15 sur le circuit automobile Fuji International Speedway

Carte Course en ligne Femmes - Jeux Olympiques Tokyo 2020 - ProCyclingMaps Profil Course en ligne Femmes - Jeux Olympiques Tokyo 2020 - ProCyclingMaps Carte du final - Course en ligne Femmes - Jeux Olympiques Tokyo 2020 - ProCyclingMaps Profil du final - Course en ligne Femmes - Jeux Olympiques Tokyo 2020 - ProCyclingMaps

Les favorites

Avec seulement 67 partantes au départ et cinq équipes à peine quatre coureuses maximum (Pays-Bas, Italie, Allemagne, Australie et États-Unis), cette course féminine risque d’être menée tambour battant, sans possibilité de contrôle d’ici le circuit automobile du Mont Fuji. Les leaders devront rapidement afficher leurs cartes, surtout au vu des quelques rares collines qui se présenteront à elles. De la Doushi Road jusqu’au circuit de Fuji, les possibilités seront rares de faire parler son explosivité. Cela n’empêchera pas l’équipe néerlandaise de se présenter au départ en tant que nation favorite avec quatre candidates capables de ramener le titre olympique. Dont deux anciennes championnes : Marianne Vos, qui peut croire en sa bonne étoile sur ce tracé et mener le sprint final si un peloton réduit se présente à l’arrivée, et Anna van der Breggen, la meilleure grimpeuse du moment qui a confirmé sa très grande condition sur le Giro Rosa qu’elle a remporté, en plus de deux victoires d’étape. Et ce n’est pas tout : les Oranje compteront également sur Annemiek van Vleuten, malheureuse leader de la course olympique à Rio avant une terrible chute qui l’a tenue écartée durant de longs mois des pelotons. Depuis lors, la championne d’Europe a retrouvé ses pleines capacités et décidé de se concentrer sur ces Jeux Olympiques via des stages en altitude, loin du Giro Rosa ou de la Course. Ses qualités de rouleuse peuvent clairement faire la différence sur un tel tracé. Enfin, la quatrième représentante a toutes les qualités pour s’imposer tant en solo qu’au sprint. À 24 ans, Demi Vollering a déjà prouvé qu’elle avait tout d’une grande avec ses récentes victoires sur Liège-Bastogne-Liège ou La Course, et sa troisième place sur le Giro Rosa.

Qui pourra faire face à cette armada néerlandaise ? L’équipe italienne apparaît comme une grande candidate. Elle comptera sur sa spécialiste de l’offensive Elisa Longo Borghini. Souvent à l’attaque, parfois à contre-temps, la championne d’Italie trouvera tout de même à Tokyo un terrain à sa convenance, avec en prime une chaleur qui ne la déplaît pas. Elle sera notamment épaulée par Marta Cavalli, qui aime également les échappées, et peut donc mettre la pression sur l’équipe néerlandaise vu ses qualités dans les pourcentages. L’Australie peut également tirer son épingle du jeu sur un tel parcours, du moins si ses représentantes décident de faire la course bien avant le circuit final. Grace Brown, vainqueure de la classique de Bruges-La Panne et 3e du Tour des Flandres, aime tirer les bouts droits en attaque, alors qu’Amanda Spratt a l’expérience des courses d’un jour pour se frayer une place parmi les meilleures puncheuses du groupe.

Vu ce parcours bien moins montagneux qu’attendu, la possibilité d’un sprint n’est clairement pas à laisser. Et sur un tel terrain, la double championne de Belgique et récente vainqueur du Tour de Belgique Lotte Kopecky semble avoir mené sa préparation avec précision pour être au top à Tokyo. Certes, l’Anversoise devra en prime disputer la course à l’américaine avec Jolien d’Hoore, sur la piste, une semaine plus tard. Mais cette course olympique sur route est une belle occasion pour la sprinteuse de s’offrir une médaille olympique. Surtout avec son équipière Valerie Demey et la rouleuse Julie Van de Velde à ses côtés pour l’emmener idéalement parmi les favorites.

Quatrième du dernier Tour d’Italie féminin derrière l’inévitable trio des SD Worx, la Britannique Lizzie Deignan semble également monter en gamme durant cette saison, et peut donc faire parler son expérience et son explosivité sur les quelques côtes nipponnes du jour. Présente aux avant-postes à Rio, elle peut suivre les assauts des Néerlandaises sur de telles routes, même si elle sera quasiment seule pour la finale. De même que l’Espagnole Maví Garcia, puncheuse qui aime également les longues lignes droites pour faire parler sa puissance. Alors que le Danemark pourra compter sur deux pépites : la grimpeuse et habituée des offensives Cecilie Uttrup Ludwig et la sprinteuse Emma Norsgaard, qui peut espérer passer les deux principales côtes du jour pour tenter l’emballage massif à Fuji.

Toujours parmi les outsiders, la Polonaise Katarzyna Niewiadoma tentera pour sa part de faire éclater ce peloton pour isoler les favorites, mais cela s’annonce difficile sur le tracé proposé ce dimanche. Alors que du côté américain, la rouleuse Chloe Dygert, qui n’a plus roulé dans un peloton depuis… 2019, sera seulement présente car elle souhaite avant tout glaner la médaille d’or sur le contre-la-montre. Alors le groupe comptera plutôt sur l’explosive Ruth Winder, qui profiterait ainsi idéalement de sa prochaine retraite sportive, et sur la sprinteuse Coryn Rivera, si cette dernière passe les collines de Fuji en tête. La Française Juliette Labous, la Suissesse Marlen Reusser, seules de leur pays au départ, et la Sud-Africaine Ashleigh Moolman-Pasio ont également un statut d’outsider à confirmer sur cette épreuve olympique.

La liste des partantes : cliquez ici pour découvrir la liste des partantes

Le palmarès :

1984 – Los Angeles (USA) : 1. Connie Carpenter-Phinney (USA) – 2. Rebecca Twigg (USA) – 3. Sandra Schumacher (FRG)
1988 – Séoul (CdS) : 1. Monique Knol (P-B) – 2. Jutta Niehaus (FRG) – 3. Laima Zilporyte (Lit)
1992 – Barcelone (Esp) : 1. Kathryn Watt (Aus) – 2. Jeannie Longo (Fra) – 3. Monique Knol (P-B)
1996 – Atlanta (USA) : 1. Jeannie Longo (Fra) – 2. Imelda Chiappa (Ita) – 3. Clara Hugues (Can)
2000 – Sydney (Aus) : 1. Leontien Zijlaard-van Moorsel (P-B) – 2. Hanka Kupfernagel (All) – 3. Diana Ziliute (Lit)
2004 – Athènes (Grè) : 1. Sara Carrigan (Aus) – 2. Judith Arndt (All) – 3. Olga Slyusareva (Rus)
2008 – Pékin (Chn) : 1. Nicole Cooke (G-B) – 2. Emma Johansson (Suè) – 3. Tatiana Guderzo (Ita)
2012 – Londres (G-B) : 1. Marianne Vos (P-B) – 2. Elizabeth Deignan (G-B) – 3. Olga Zabelinskaya (Ouz)
2016 – Rio de Janeiro (Bré) : 1. Anna van der Breggen (P-B) – 2. Emma Johansson (Suè) – 3. Elisa Longo Borghini (Ita)

La météo

Le ciel sera ensoleillé puis légèrement nuageux avec des températures comprises entre 28 et 31°C, le vent soufflera de sud-est à est entre 5 et 10 km/h.

Le programme TV

  • En direct dès 6h30 sur Tipik et sur RTBF Auvio
  • En direct dès 6h30 sur France 3 puis dès 10h00 sur France 2, et dès 4h00 sur France.tv
  • En direct dès 6h30 sur Eurosport 1 et sur Eurosport Player
  • En direct dès 6h30 sur Één et sur Sporza.be

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Photo de couverture : Tokyo 2020 – Graphiques : ProCyclingMaps

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