Jeux Olympiques – Tokyo 2020 : notre présentation de la course cycliste sur route hommes

Cinq ans après son titre à Rio, Greg Van Avermaet va céder ses liserés et son casque dorés de champion olympique. Un titre exceptionnel qui prend de la valeur au fil des olympiades dans une saison cycliste déjà pleine, où les maillots représentant les meilleurs mondiaux sont légion, du jaune à l’arc-en-ciel en passant par les tricots nationaux. Qui s’offrira la médaille d’or parmi le peloton masculin à Tokyo ? L’épreuve japonaise, particulière à plus d’un titre vu la crise sanitaire du Covid-19, offrira une chance aux grimpeurs et puncheurs de se faire les cuisses sur une classique particulièrement exigeante. L’idéal pour l’équipe belge ?

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Le parcours

Bienvenue à Tokyo pour l’une des courses olympiques les plus rudes de l’histoire. Le tracé montagneux de Rio de Janeiro avait déjà le tournis à bon nombre de puncheurs en 2016, ces derniers vont encore affronter un tracé des plus exigeants entre Tokyo et le Mont Fuji, montagne mythique et mystique qui trône à une centaine de kilomètre de la capitale nippone. Pas question d’escalader l’ensemble de ce volcan sacré culminant à plus de 3 700 mètres d’altitude, plutôt d’explorer ses versants les plus rudes. Car sur les 234 kilomètres programmés ce samedi pour la course en ligne masculine, le dénivelé touchera de près les 5 000 mètres…

Heureusement que le départ se fait du parc de Mushashinomori, au nord-ouest de Tokyo. Cela fera au moins un peu de plaine avant la grande bagarre. Après une quarantaine de kilomètres sur les plateaux, les coureurs vont démarrer leur grimpette du jour via la route de Doushi, une longue ascension en faux-plat montant qui se termine au bout de 80 bornes de course sur un col de près de 6 km à 5,7% de moyenne. Un apéritif en soi… Après un tour du lac de Yamanaka, le peloton découvrira pour la première fois le col de Kagosaka une vingtaine de kilomètres après le premier sommet. Les premières offensives des francs-tireurs du peloton devraient intervenir sur le col suivant. Après la découverte du circuit du Mont Fuji, ce circuit automobile installé au pied du mont sacré, les coureurs affronteront la terrible ascension du Fuji Sanroku et ses 14,3 km à 6% de moyenne. Un col digne des Grands Tours, mais dont le sommet est encore annoncé à près de 100 kilomètres de l’arrivée. Il ne faudra donc pas jouer sa carte « tout ou rien » sur de telles pentes. La descente qui suit sera en outre rapide, avant un retour sur le circuit du Mont Fuji.

L’enchaînement de petites collines rappellera le final du Tour de Lombardie, avant l’arrivée sur le gros morceau de ce tracé olympique : le Mikuni Pass. Le juge de paix de cette épreuve olympique sera encore plus raide et difficile que la côte finale de la course de Rio, en 2016. Cette fois, les pourcentages à deux chiffres ne cesseront jamais sur les 6,5 kilomètres à gravir jusqu’au lac de Yamanaka. La moyenne est de 10,6% avec même quatre kilomètres à 12% de moyenne et des passages jusqu’à 20%. Les grosses carcasses devront tenir le choc sur ces rudes pentes qui mèneront les coureurs au deuxième passage sur Kagosaka Pass, dont les 2,2 km à 4,6% peuvent permettre à un audacieux de s’isoler pour la descente finale vers le circuit du Mont Fuji. Les derniers kilomètres offriront toutefois des buttes en faux-plat qui brûleront les cuisses au bout de plus de 230 bornes dans la fournaise nipponne.

Départ : 4h00 (heure belge) devant le Musashinomori Park à Tokyo

Distance : 234 kilomètres

Difficultés :
Km 80,5 – GPM 1 : Doushi Road (4,3 km à 6,1% de moyenne)
Km 96,5 – GPM 2 : Kagosaka Pass (2,2 km à 4,7%)
Km 139,2 – GPM 3 : Fuji Sanroku (14,3 km à 6%)
Km 201,0 – GPM 4 : Mikuni Pass (6,5 km à 10,6%)
Km 212,7 – GPM 5 : Kagosaka Pass (2,2 km à 4,7%)

Arrivée : vers 10h15 sur le circuit automobile Fuji International Speedway

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Les favoris

À la sortie du Tour de France, à peine quelques heures après avoir posé ses roues sur les pavés des Champs-Élysées, une cinquantaine de concurrents de la Grande Boucle se sont envolés pour le Japon. Objectif : Jeux Olympiques. Cette épreuve masculine a beau se dérouler tous les quatre (ou cinq) ans, l’ambition de l’or est grande parmi une grande partie du peloton. Surtout quand la liste des partants est réduite par la décision du CIO de limiter le nombre de coureurs à cinq maximum. Sur une course de plus de 200 kilomètres, cela limite la capacité de contrôle d’un peloton jusqu’à l’arrivée. Alors, il faut composer avec ces effectifs atrophiés, avec la chaleur consternante qui s’annonce et avec des inconvénients sanitaires doublés d’un décalage horaire pas évident à digérer.

Qui donc parviendra à éviter ces différents aléas pour s’engager en pleine forme sur les routes tokyoïtes ? Avec le champion olympique en titre parmi ses représentants, la Belgique apparaît comme la nation à vaincre sur ce parcours montagneux à souhait. Avec l’absence d’arrivée au sommet d’un long col, les coureurs choisis par Sven Vanthourenhout peuvent espérer ramener une médaille de ce périple japonais grâce à un collectif de puncheurs offensifs. Greg Van Avermaet n’endossera pas le statut de leader malgré le dossard n°1 qu’il apposera sur son dos, mais il sera d’un grand appui pour l’homme en forme du moment, Wout van Aert. Triple vainqueur d’étape sur le Tour de France, le coureur de la Jumbo-Visma n’a fait que monter en puissance durant ce mois de juillet, à tel point que son entraîneur ose affirmer qu’il n’était sur la dernière étape du Tour qu’à 95% de son plein potentiel. Il semble arriver dans sa meilleure condition sur ces J.O., et compte jouer son va-tout soit dans une attaque, soit dans un sprint en petit comité sur ces routes. Il connaît désormais bien les désavantages d’une course en tant que grand favori, après sa deuxième place aux derniers Mondiaux d’Imola. Il sera encore une fois grandement surveillé, mais sait qu’il ne sera pas l’unique cartouche de l’équipe belge. Il y aura en effet Remco Evenepoel, qui est arrivé au Japon le 11 juillet dernier, et enchaîne les blocs d’entraînement pour retrouver sa pleine condition. La pépite de Deceuninck-Quick Step ne veut toutefois pas se mettre de pression, et comprend après son abandon sur le Giro que cette saison est avant tout de transition, et qu’une place d’honneur sur cette épreuve olympique serait déjà une réussite vu sa condition.

Derrière ce bloc belge, un autre groupe national s’annonce comme intraitable : la Slovénie. Le vainqueur du Tour de France Tadej Pogacar a certes baissé quelque peu pavillon sur le contre-la-montre final de l’épreuve, mais il semble en avoir gardé sous la pédale pour cette course olympique. « Pogi » ne fera d’ailleurs que l’épreuve en ligne et pourra donc se délivrer à 100% sur les pentes du Mont Fuji. Le grimpeur est capable de creuser l’écart en une montée et de tenir la distance sur ses rivaux, mais il aura cette fois un peloton d’une autre envergure que ce qu’il a connu sur un Tour de France où les équipes ont été décimées par les chutes. Il aura en prime l’appui de son compatriote Primoz Roglic, dont l’état de santé reste toutefois un mystère après sa lourde chute en début de Tour et son abandon au bout de la 9e étape. L’équipe Jumbo-Visma affirme qu’il a pu s’entraîner à un bon niveau en vue de Tokyo, et qu’il sera en prime prêt pour la course en ligne et le contre-la-montre de ces Jeux. Avant de viser une troisième Vuelta consécutive. Le ton est donné.

Surprenant septième du dernier Tour de France, le Kazakh Alexey Lutsenko sera pour sa part leader unique. Mais ses qualités de puncheur et son endurance en font un concurrent des plus intéressants pour cette épreuve olympique. Lui qui aime la chaleur, le coureur d’Astana sera attendu parmi les favoris sur le Mikuni Pass. Il restera toutefois à savoir s’il aura récupéré de ses efforts du Tour, sur lequel il s’est retrouvé propulsé leader de sa formation suite à l’état de santé en berne de son équipier danois Jakob Fuglsang. Ce dernier, deuxième à Rio, sera également cité parmi les outsiders ce samedi s’il retrouve sa pleine forme, mais son abandon avant la toute fin du Tour interroge. Vainqueur d’étape sur le Tour de France, le Néerlandais Bauke Mollema apparaît également comme un candidat à une médaille sur de telles routes exigeantes, qui font penser à un Tour de Lombardie que le Néerlandais a déjà remporté. Et avec Wilco Kelderman, 4e du dernier Tour, et le revenant Tom Dumoulin pour le soutenir, les « Oranje » seront inévitablement à l’avant-plan.

Présent au Japon depuis plus d’une semaine, Adam Yates sera le leader d’une sélection britannique qui compte également sur des grimpeurs aguerris, mais pas forcément reconnus pour leur science dans les courses d’un jour. Son frère Simon Yates, qui a quitté le Tour sur blessure, Geraint Thomas, également touché par une chute et une épaule déboitée sur le Tour, et Tao Geoghegan Hart, devront faire au mieux pour viser une médaille. De même dans le clan allemand avec Maximilian Schachmann comme leader annoncé mais une formation qui manque d’atouts sur les classiques. La Colombie, également, annonce une armada, malgré l’absence de Daniel Martinez, positif au Covid-19 : Sergio Higuita, Esteban Chaves, Nairo Quintana et Rigoberto Urán se sont usés sur les routes du Tour et devront trouver une tactique audacieuse pour briller au Japon. Alors que l’Équatorien Richard Carapaz, deuxième du Tour, n’aura qu’un équipier pour l’épauler jusqu’à l’arrivée.

Le Canadien Michael Woods, offensif sur le Tour, le Français David Gaudu, de retour en bonne condition en fin de Tour, le Norvégien Tobias Foss, le Polonais Rafal Majka, l’Espagnol Alejandro Valverde, le Suisse Marc Hirschi ou encore l’Italien Gianni Moscon sont d’autres outsiders cités pour mener la vie dure aux puncheurs sur ces routes vallonnées au pied du Mont Fuji.

La liste des partants : cliquez ici pour découvrir la liste des partants

Le palmarès :

1980 – Moscou (URSS) : 1. Sergueï Soukhoroutchenkov (URSS) – 2. Czeslaw Lang (Pol) – 3. Youri Barinov (URSS)
1984 – Los Angeles (USA) : 1. Alexi Grewal (USA) – 2. Steve Bauer (Can) – 3. Dag Otto Lauritzen (Nor)
1988 – Séoul (CdS) : 1. Olaf Ludwig (GDR) – 2. Bernd Gröne (FRG) – 3. Christian Henn (FRG)
1992 – Barcelone (Esp) : 1. Fabio Casartelli (Ita) – 2. Erik Dekker (P-B) – 3. Dainis Ozols (Let)
1996 – Atlanta (USA) : 1. Pascal Richard (Sui) – 2. Rolf Sørensen (Dan) – 3. Max Sciandri (G-B)
2000 – Sydney (Aus) : 1. Jan Ullrich (All) – 2. Alexandre Vinokourov (Kaz) – 3. Andreas Klöden (All)
2004 – Athènes (Grè) : 1. Paolo Bettini (Ita) – 2. Sérgio Paulinho (Por) – 3. Axel Merckx (BEL)
2008 – Pékin (Chn) : 1. Samuel Sánchez (Esp) – 2. Fabian Cancellara (Sui) – 3. Alexandr Kolobnev (Rus)
2012 – Londres (G-B) : 1. Alexandre Vinokourov (Kaz) – 2. Rigoberto Urán (Col) – 3. Alexander Kristoff (Nor)
2016 – Rio de Janeiro (Bré) : 1. Greg Van Avermaet (BEL) – 2. Jakob Fuglsang (Dan) – 3. Rafal Majka (Pol)

La météo

Le ciel sera particulièrement ensoleillé avec quelques nuages possibles dans l’après-midi, les températures seront comprises entre 27 et 32°C, le vent soufflera d’est à nord-est entre 10 et 15 km/h.

Le programme TV

  • En direct dès 4h00 sur Tipik et sur RTBF Auvio
  • En direct dès 4h00 sur France 2 puis dès 6h00 France 3 puis dès 10h00 sur France 2, et dès 4h00 sur France.tv
  • En direct dès 4h00 sur Eurosport 1 et sur Eurosport Player
  • En direct dès 4h00 sur Één et sur Sporza.be

 


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Photo de couverture : Tokyo 2020 – Graphiques : ProCyclingMaps

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