Tour des Flandres – Femmes : dix ans après, Van Vleuten fait encore parler sa puissance

En 2011, la Néerlandaise Annemiek van Vleuten (Movistar Team) célébrait le plus beau succès de sa carrière sur le Tour des Flandres, sur l’ancienne arrivée à Merelbeke. Dix ans plus tard, auréolée de trois titres de championne du monde et d’un titre de championne d’Europe, elle file en solitaire vers Audenarde pour remporter son deuxième Tour des Flandres dans son style habituel. En puissance et avec la bénédiction de rivales qui se sont annihilées après le Paterberg.

La carte tactique avant tout

Le peloton de ce 18e Tour des Flandres féminin bougeait peu à l’approche des principaux «bergs» de la journée. Le duel attendu entre les collectifs de Trek-Segafredo et du Team SD Worx rendait la course plus tactique qu’attendu, et les offensives se faisaient rares. Dans le Kanarieberg, à plus de 40 kilomètres de l’arrivée, Annemiek van Vleuten (Movistar Team) testait les jambes de ses adversaires, sans parvenir à s’isoler. «Je voulais tenter quelque chose sur cette côte, mes équipières m’avaient bien placé au pied. Mais avec le vent de face, je me suis rendu compte qu’il valait mieux attendre», explique la championne d’Europe, tancée un temps pour un jet de bidon juste avant ce Kanarieberg. Un jet finalement autorisé par le jury des commissaires.

La championne de France Audrey Cordon-Ragot (Trek-Segafredo) tentait bien de mettre du piment dans ce final, mais personne ne suivait cette tentative. Pas plus que celle de Cecilie Uttrup Ludwig (FDJ Nouvelle-Aquitaine Futuroscope) à la sortie du Kruisberg. La bataille se voulait tactique, et les principales favorites attendaient bien l’enchaînement devenu mythique du Vieux Quaremont et du Paterberg pour se mettre la victoire en poche.

La malchance de Kopecky

La décision intervenait dans le Vieux Quaremont, au pied duquel la championne de Belgique Lotte Kopecky (Liv Racing) enterrait ses chances de succès. Toujours bien placée, la sprinteuse a été victime d’un bris de chaîne, la contraignant à un changement de vélo pendant que ses adversaires filaient à toute vitesse sur les pavés. «Nous étions en tête à tous les moments importants, je me sentais moi-même très forte. Mais après ce problème, j’étais trop loin derrière pour encore jouer un rôle», se désole la championne de Belgique, en grande forme depuis le début de la saison.

«On était dans le dur dans le Vieux Quaremont», confirme Lisa Brennauer (Ceratizit-WNT), qui suivait le bon mouvement mené par Anna van der Breggen, Demi Vollering (Team SDWorx), Marta Cavalli, Cecilie Uttrup Ludwig (FDJ Nouvelle-Aquitaine Futuroscope), Elisa Longo Borghini (Trek-Segafredo), Grace Brown (Team BikeExchange) et Annemiek van Vleuten (Movistar Team). «Au sommet du Vieux Quaremont, je me disais : ‘esperar’, ‘esperar’. Je devais encore y croire face à mes rivales», confie la championne d’Europe, dans le rouge avant la descente vers le Paterberg.

Derrière Van Vleuten, l’attente

Dans cette ultime ascension, Annemiek van Vleuten mettait la pression d’emblée, et filait à toute vitesse sur le mur pavé à 20%, manquant même de chuter près des barrières. Une poussée contre une barrière lui permettait de remettre la machine en marche. «J’ai tout donné dans le Paterberg, j’étais totalement «kapot» au sommet. Je savais qu’il n’y avait pas d’autre possibilité d’attaquer ensuite. SD Worx et FDJ avaient un avantage, donc il fallait en profiter», raconte Van Vleuten. Et derrière, s’il n’y avait que quelques secondes d’avance sur cet ultime sommet, la chasse avait du mal à se lancer.

«J’étais proche de Van Vleuten sur le Paterberg. Ensuite, j’espérais que les FDJ allaient travailler un peu plus pour réduire l’écart», rapporte la championne d’Italie Elisa Longo Borghini. «J’avais décidé de ne pas trop rouler car j’avais Van Dijk et Deignan derrière. Je suis déçue que mes équipières n’aient pas pu revenir, on aurait alors pu gagner la course. C’est comme cela…»

«Certaines ne voulaient pas rouler, c’était dommage car on aurait pu revenir en étant bien coordonnées», lance pour sa part Grace Brown, toujours à l’offensive dans ce final. «Tout le monde savait que j’étais rapide dans le sprint», commente la deuxième du jour, Lisa Brennauer. «Il n’y a pas eu de véritable entente, même si on a tenté de collaborer. J’espérais encore qu’on puisse revenir mais sous le panneau des trois derniers kilomètres, j’ai compris qu’on ne reviendrait pas, donc je me suis concentrée sur mon sprint».

Cela profitait à Van Vleuten, pourtant pas rassurée à la sortie du Paterberg. «J’ai compté les kilomètres jusqu’à l’arrivée, j’étais à fond. Mon directeur sportif me disait que cela allait après, que je gagnais des secondes sur les poursuivantes», réagit la Néerlandaise, heureuse de décrocher dix ans plus tard son deuxième succès sur le Ronde, et surtout une première classique pour sa nouvelle équipe, Movistar. «Cela rend les choses encore plus belles pour mon équipe, tout le monde a super bien roulé. Cela rend ce succès encore plus spécial», sourit Van Vleuten, qui se concentrera désormais sur les classiques ardennaises, où elle sera à nouveau la principale favorite, face aux armadas de Trek-Segafredo et SD Worx.

L’analyse, les réactions et les résultats de la 105e édition masculine, remportée par Kasper Asgreen

Résultats de la 18e édition féminine du Tour des Flandres (Audenarde > Audenarde, 152.4 km) :

  1. Annemiek van Vleuten (P-B, Movistar Team)
  2. Lisa Brennauer (All, Ceratizit-WNT)
  3. Grace Brown (Aus, Team BikeExchange)
  4. Elisa Longo Borghini (Ita, Trek-Segafredo Women)
  5. Demi Vollering (P-B, Team SDWorx)
  6. Marta Cavalli (Ita, FDJ Nouvelle-Aquitaine Futuroscope)
  7. Cecilie Uttrup Ludwig (Dan, FDJ Nouvelle-Aquitaine Futuroscope)
  8. Anna van der Breggen (P-B, Team SDWorx)
  9. Marlen Reusser (Sui, Alé BTC Ljubljana)
  10. Kristen Faulkner (USA, Team TIBCO-SVB)

Cliquez ici pour découvrir les résultats complets du Tour des Flandres

Photo : capture VRT/Sporza

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