Le Samyn : le sprint gagnant pour Merlier, la confiance pour Van der Poel

Il a longtemps été difficile d’imaginer quelle équipe allait tirer son épingle du jeu sur ce Samyn offensif. Malgré sa force de frappe, la Deceuninck-Quick Step a subi la fin de course au contraire de la formation Alpecin-Fenix qui, malgré un ennui mécanique pour Mathieu Van der Poel dans le final, a su jouer la carte collective pour faire briller l’ex-champion de Belgique Tim Merlier à Dour.

Les pavés du Samyn ont une nouvelle fois offert une course spectaculaire. Sur le circuit sinueux et technique de Dour, il fallait savoir manœuvrer du guidon, tâter du frein et emmener le gros braquet pour espérer la victoire. La description idéale de Mathieu Van der Poel, vous dites ? Le champion des Pays-Bas a bien essayé de s’extirper du peloton, mais il a pris un peu de retard cette fois. La première offensive majeure émanait en effet d’un groupe d’une trentaine d’hommes, avec notamment Sep Vanmarcke (Israel Start-up Nation), Victor Campenaerts (Qhubeka ASSOS), Mark Cavendish (Deceuninck-Quick Step)… À près de deux tours de l’arrivée, ce peloton conséquent toutefois trop de coureurs désireux d’attendre dans les roues plutôt qu’à se consacrer aux relais. Et à une quarantaine de kilomètres du but, Mathieu Van der Poel lançait une attaque franche avec Florian Sénéchal (Deceuninck-Quick Step), John Degenkolb (Lotto-Soudal) et Amaury Capiot (Arkéa-Samsic) dans la roue, qui provoquait du coup le retour du deuxième peloton sur ce groupe d’attaquants.

Un guidon cassé pour Van der Poel

Les offensives suivantes de Victor Campenaerts, puis Lukasz Wisniowski (Qhubeka ASSOS) ne changeaient pas le scénario de la course. Sous la conduite d’une équipe Deceuninck-Quick Step très présente, le peloton filait vers un emballage massif. À moins que… Dans l’ultime secteur pavé de la chaussée de Belle Vue, à trois kilomètres de l’arrivée, Van der Poel accélérait dans son style puissant habituel, avec Florian Sénéchal sur le porte-bagages, puis Sep Vanmarcke, Lukasz Wisniowski et Danny van Poppel (Intermarché-Wanty-Gobert). «Je suis parti avec un groupe particulièrement dangereux. Mais je ne pouvais pas mettre plus de puissance car mon guidon s’est cassé sur ce secteur pavé», rapporte Van der Poel à l’arrivée.

La cocotte droite était en effet brisée : impossible d’aller en danseuse dans de telles conditions. «C’est pourquoi j’ai tout de suite dit dans mon oreillette qu’on allait rouler pour Tim Merlier. J’ai ensuite fait tout ce que j’ai pu pour paralyser le groupe de tête», rapporte le champion des Pays-Bas. Ce que confirme Tim Merlier : «Mathieu voulait tenter quelque chose, mais avec son guidon cassé, il m’a dit qu’il allait préparer le sprint pour moi».

Van der Poel : «J’étais encore frais»

Et dans ce dernier kilomètre, Van der Poel a mené le peloton jusqu’aux 300 derniers mètres. «C’est dommage que je n’ai pas pu rouler et collaborer avec le groupe [sorti dans le secteur pavé], mais je n’avais pas le choix avec ce guidon. J’étais encore frais à l’arrivée. Je sens que la forme est bonne, même si je n’ai pas été aussi bon qu’à Kuurne. Je peux aller en Italie avec un bon sentiment», rapporte encore le champion néerlandais à l’aube du Strade Bianche, prévu samedi prochain en Toscane.

Merlier : «Une très bonne équipe»

En attendant, il a pu profiter de la victoire de son équipier Tim Merlier, qui a dû réagir à l’accélération du Norvégien Rasmus Tiller (Uno-X Pro Cycling Team), parti quand personne ne s’attendait à ce que Van der Poel laisse sa place. Merlier est toutefois revenu en force sur le jeune coureur norvégien, avant de le déposer et de célébrer sa première victoire de la saison.

«Je suis très heureux. On avait une très bonne équipe au départ, et on a très bien roulé jusqu’à l’arrivée», confie l’ex-champion de Belgique. «Mathieu a fait un super boulot dans le final, c’est super de content sur lui dans ce type d’arrivée». Le sprinter de 28 ans se rassure en prime pour la suite du printemps, avec notamment Milan-Sanremo, Gand-Wevelgem et le Tour des Flandres en vue. Et au vu de son sprint et de sa montée en puissance, Tim Merlier sera un outsider à suivre sur les pavés et bergs du Nord.

Résultats de la 53e édition du Samyn (Quaregnon > Dour, 205.4 km) :

  1. Tim Merlier (Bel, Alpecin-Fenix) en 4h34:29
  2. Rasmus Tiller (Nor, Uno-X Pro Cycling Team)
  3. Andrea Pasqualon (Ita, Intermarché-Wanty-Gobert Matériaux)
  4. Sep Vanmarcke (Bel, Israel Start-up Nation)
  5. Hugo Hofstetter (Fra, Israel Start-up Nation)
  6. Amaury Capiot (Bel, Team Arkéa-Samsic)
  7. John Degenkolb (All, Lotto-Soudal)
  8. Dimitri Claeys (Bel, Team Qhubeka ASSOS)
  9. Timothy Dupont (Bel, Bingoal-Wallonie Bruxelles)
  10. Milan Menten (Bel, Bingoal-Wallonie Bruxelles)

-> Les résultats complets du Samyn masculin

Photo : capture RTBF

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