ASO a des plans sanitaires stricts pour le Tour de France

Alors que la pandémie de coronavirus semble connaître un rebond dans certains pays, l’inquiétude grandit autour du calendrier cycliste remanié en cette fin de saison. Pour faire face à cette crise sanitaire, ASO, organisateur du Tour de France, veut mettre en place un protocole sanitaire particulier, en plus des mesures déjà préconisées par l’Union Cycliste Internationale (UCI). Le tout pour protéger au mieux les coureurs, les suiveurs indispensables et le public, qui sera limité.

La saison cycliste professionnelle sur route reprend petit à petit. Des kermesses s’organisent sur des circuits automobiles, dans des villages flamands… Les championnats de Slovaquie ont consacré Primoz Roglic (Jumbo-Visma) et Tadej Pogacar (UAE Team Emirates), alors que les championnats de Suisse du contre-la-montre ont mis à l’honneur, près de l’aéroport de Berne, Marlen Reusser (Paule Ka) et Stefan Küng (Groupama-FDJ). Et ce mercredi, la première étape de la Dookola Mazowsza, une course par étapes polonaise classée 2.2, signait le début officiel du calendrier UCI 2020 version 2.0. L’étape a toutefois été arrêtée suite à l’accident d’un motard sur le circuit, menant à l’annulation de l’étape du jour pour des raisons de sécurité.

Le cyclisme sur route semble donc enfin relancé, même si la prudence reste grandement de mise. L’Union Cycliste Internationale (UCI) avait publié en juin dernier un protocole sanitaire avec de nombreuses mesures sanitaires à assurer autour des différentes courses organisées en cette deuxième moitié d’année. Mais même ces règles semblent dérisoires face à une pandémie de coronavirus qui semble repartir dans de nombreux pays. Comme en Roumanie, où la tenue du Sibiu Tour, prévu du 23 au 26 juillet, s’annonce en pointillés. Certaines régions d’Espagne et du Portugal connaissent également un rebond du nombre de contaminations à l’heure d’écrire ces lignes, tout comme au Luxembourg, en Israël ou dans certaines régions britanniques. L’organisation d’événements de masse dans ce contexte reste donc fragile.

5 000 spectateurs maximum

ASO, principal organisateur de courses cyclistes en France, l’a bien compris et compte proposer un protocole sanitaire particulier pour permettre la tenue en août et septembre du Critérium du Dauphiné et du Tour de France. Plus précisément, ASO a préparé deux scenarii pour faire face aux règles sanitaires en place en France lors de ces prochaines semaines. Un premier plan tient compte des mesures actuelles et propose simplement le respect des gestes barrières et de la distanciation physique entre les cyclistes, les suiveurs et le public. Le deuxième plan propose des mesures plus strictes, qui seront testées donc sur le Dauphiné, du 12 au 16 août, avant une mise en œuvre sur le Tour de France, du 29 août au 20 septembre.

Le quotidien L’Équipe a révélé ces mesures sanitaires strictes qui sont attendues. D’abord, le public sera limité sur le bord des routes. Des espaces de 5 000 spectateurs maximum seront prévus par les services préfectoraux pour éviter au maximum les contacts physiques dans la foule. Au départ et à l’arrivée des étapes, les cars des équipes ne seront plus accessibles ni au public, ni aux invités, ni aux journalistes. De même, les journalistes ne pourront plus être sur la zone d’arrivée. Seuls les soigneurs et assistants d’équipes pourront entourer les coureurs après la ligne. Ensuite, aucune remise du maillot jaune ne sera prévue : les coureurs endosseront le maillot avant de monter sur le podium. Le public sera également filtré au pied de plusieurs cols, avec des montées seulement accessibles à pied ou à vélo. En outre, la caravane publicitaire sera réduite de 40%.

Pour les équipes, un étage par hôtel sera dédié à chaque entourage (coureurs, assistants, directeurs sportifs…), avec un espace de restauration pour chaque groupe. Aucun avion n’est prévu pour le transport des coureurs, qui feront donc le transfert entre les Pyrénées et la Charente-Maritime, le 6 septembre, en voiture ou en bus. Chacun dans sa bulle avant et après la course, donc, et pas question de se mélanger pour éviter les contaminations.

« Le Tour restera une fête »

Les plans définitifs d’ASO seront communiqués dans les prochains jours, annonce encore L’Équipe. Ceux-ci confirment en tout cas que le public ne risque pas d’être au cœur du Tour, cette année, alors que plusieurs journalistes, comme le commentateur de la VRT Michel Wuyts et son consultant José De Cauwer, ont déjà confirmé qu’ils ne se rendraient pas sur les routes françaises vu les conditions. Cela n’empêche pas le directeur du cyclisme chez ASO, Christian Prudhomme, de voir avec optimisme l’organisation de cette fin de saison. « Ce qu’il faut dire aux gens, c’est que chacun, individuellement, se devra de respecter les gestes barrières. J’en appelle au sens civique des amateurs de vélo. Les selfies et les autographes, ce sera pour une prochaine fois. Est-ce que cela empêchera le public de s’enthousiasmer au bord des routes ou devant la télé : je suis absolument convaincu que non. Le Tour restera une fête, les sourires seront toujours les mêmes ! », confie-t-il dans une interview à La Dernière Heure, samedi dernier.

Christian Prudhomme ajoute qu’il ne souhaite pas d’un Tour à huis clos, d’où cette discussion permanente avec les autorités françaises pour assurer l’organisation de l’épreuve la plus médiatique du calendrier cycliste : « Personne ne pourrait imaginer que les élus qui ont dit o u i au déplacement du Tour auraient donné la même réponse si cela avait été synonyme de huis clos. Ce n’était pas envisageable car cela aurait été perçu comme une forme de trahison de notre part envers les collectivités. On ne peut pas concevoir le Tour sans public. Cette épreuve, c’est tellement plus que du sport… », estime-t-il dans la DH. Le Tour pourra-t-il donc être plus que la crise actuelle ? Le monde du cyclisme a en tout cas les yeux rivés sur cette course pas comme les autres, qui risque bien d’impacter toutes les autres du calendrier.

Photo : ASO/Fabien Boukla

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