Les Strade Bianche, Tirreno-Adriatico, Milan-Sanremo et le Tour de Sicile postposés suite à l’épidémie de coronavirus

La nouvelle est tombée officiellement ce jeudi vers midi après plus d’une semaine d’incertitudes : les épreuves masculine et féminine du Strade Bianche ne se dérouleront pas ce samedi en raison de l’épidémie de coronavirus (Covid-19) et une demande a été faite auprès de l’Union Cycliste Internationale (UCI) pour reprogrammer ces deux courses dans le calendrier international. Une première annulation qui en a déjà appelé d’autres, du moins en Italie.

Le gouvernement italien a annoncé ce mercredi des mesures urgentes et exceptionnelles pour contenir l’épidémie de coronavirus (Covid-19) qui contamine actuellement plus de 3000 personnes en Italie, principalement en Lombardie et en Vénétie. Écoles et universités fermés, événements extérieurs annulés, événements sportifs à huis clos… Face à ces décisions, RCS Sport, organisateur des principales courses cyclistes italiennes du calendrier, se voulait prudent et tentait depuis le début de la semaine de trouver une solution avec les autorités locales afin d’assurer l’organisation du Strade Bianche, de Tirreno-Adriatico et de Milan-Sanremo malgré ces consignes gouvernementales. Malgré cet optimisme affiché dans les médias par l’organisateur Mauro Vegni et son équipe, plusieurs équipes avaient déjà annoncé leur décision de ne pas participer au Strade Bianche comme Mitchelton-Scott, Astana, Groupama-FDJ, INEOS, CCC-Liv ou Parkhotel Valkenburg.

En juin ou en septembre ?

Et ce jeudi midi, après près d’une semaine d’incertitudes et de nouvelles contradictoires, RCS Sport a confirmé officiellement à la suite d’une réunion avec la préfecture de Sienne (lieu d’arrivée du Strade Bianche), l’annulation de ces éditions masculine et féminine du Strade Bianche, ce samedi 7 mars. Le Gran Fondo Strade Bianche, prévu le lendemain pour les amateurs, avait déjà été annulé mercredi. Mais il ne s’agit pas d’une annulation pure et dure : RCS Sport a demandé à l’UCI qu’une nouvelle date puisse être proposée dans le calendrier international pour l’organisation du Strade Bianche et du Strade Bianche dames. Mauro Vegni, patron de l’organisation, avait déjà expliqué dans La Gazzetta dello Sport que le mois de juin et le mois de septembre étaient envisagés pour assurer la tenue de ces compétitions en Toscane.

Ce n’est évidemment pas la première course annulée suite à l’épidémie de coronavirus. Le Tour de Hainan, qui devait se dérouler en Chine, a été annulé, alors que plusieurs courses chinoises (comme la manche du Women’s WorldTour sur l’île de Chongming), ainsi que les championnats d’Asie sur route, prévus en Malaisie, ont été postposés à une date encore indéterminée. Et on se souviendra évidemment de l’annulation des deux étapes de l’UAE Tour, et la mise en quarantaine des coureurs, du staff des équipes et de l’organisation de l’épreuve (les membres de Groupama-FDJ, Cofidis, Gazprom-RusVelo et UAE Team Emirates sont d’ailleurs toujours coincés aux Émirats Arabes Unis jusqu’au 14 mars prochain). Mais cette annulation du Strade Bianche est l’une des plus importantes, au vu de l’importance de l’épreuve dans le calendrier.

Quid des futures épreuves ?

[Mise à jour : vendredi 6 mars, 19h45] Les prochaines épreuves de RCS Sport sont également postposées vu leur proximité au niveau du calendrier : Tirreno-Adriatico devait démarrer mercredi prochain alors que Milan-Sanremo devait se dérouler le 21 mars, soit dans un peu plus de deux semaines à peine. Sachant que les décisions du gouvernement italien sont maintenues pour trois semaines au moins, RCS Sport a annoncé sa décision de reporter ces épreuves ainsi que le Tour de Sicile (prévu du 1er au 4 avril), avec l’espoir de les reporter en septembre ou en octobre. Bon nombre d’équipes avaient déjà annoncé qu’ils ne participeraient à ces deux épreuves, à savoir le Team INEOS, Groupama-FDJ, Ag2r-La Mondiale ou encore Mitchelton-Scott. Cette dernière a également expliqué qu’elle ne participera pas, par mesure de précaution, au GP de Larciano (8 mars) chez les hommes, et au Tour de Drenthe (15 mars), à Nokere-Koerse (18 mars) et au Trophée Alfredo Binda (22 mars) chez les dames.

L’UCI n’annule rien

D’autres annulations sont-elles attendues ? Outre les courses italiennes, le cas de Paris-Nice avait été évoqué. Le gouvernement français a toutefois annoncé ce mercredi qu’aucune annulation n’était actuellement imposée à ASO, organisateur de la course WorldTour. Et du côté de l’UCI, on explique qu’aucune course n’est actuellement annulée sur décision de la fédération internationale : « Toute décision éventuelle d’annulation sera prise par les autorités sanitaires des territoires concernés sur la base de l’évolution de la situation locale et de différents facteurs de risque identifiés. Les organisateurs et l’ensemble des membres de la famille cycliste seront tenus de s’y conformer« , explique l’UCI par voie de communiqué, ajoutant que des mesures sanitaires sont tout de même imposées comme une plus grande distance entre le public et les coureurs, une limitation du nombre d’équipes logées par hôtel, et des mesures d’hygiène plus strictes. Et… c’est tout. Pas question d’imaginer de nouvelles annulations pour la fédération, qui laisse le soin aux autorités locales de décider si une course cycliste sur des voies ouvertes peut avoir lieu sur leur territoire.

Côté belge, si le nombre de cas augmente au cours de la semaine après la découverte d’un premier cas le week-end dernier, aucune mesure particulière n’est annoncée pour les événements amassant des milliers de personnes, comme les courses cyclistes. Et à l’aube des classiques flandriennes, les annonces du gouvernement belge (en affaires courantes) sont attendues avec impatience. Pour éviter le couac de RCS Sport, qui a annoncé très tardivement cette annulation du Strade Bianche. Car ces organisations ne doivent pas oublier que la priorité reste la santé des coureurs. Et non la marchandisation de ceux-ci.

Photo : RCS Sport

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