Le Samyn : une course de gladiateurs sourit à Hofstetter

Une explosion de joie à l’arrivée, des sanglots avant le podium… : le Français Hugo Hofstetter (Israel Start-up Nation) n’a pu cacher ses émotions fortes qui l’ont mené à la victoire ce mardi sur Le Samyn, la première classique de sa jeune carrière. Le sprinter alsacien de 26 ans a survécu à une course de gladiateurs, durant laquelle les attaques n’ont jamais cessé, au point de bousculer l’ordre établi des sprinters à l’arrivée.

Le rythme était soutenu sur les routes du Samyn, rendues encore plus difficiles à arpenter par une pluie qui surprenait les coureurs en début d’après-midi. Sur ces routes étroites de campagne et ces pavés encore plus cassants que sur les principales classiques flandriennes, il était difficile de tenir la distance sans une bonne dose de gestion. Au risque de plonger au fil des circuits autour de Dour, à l’image de Niki Terpstra (Total-Direct Énergie), Bryan Coquard (B&B Hôtels-Vital Concept) ou Jasper Stuyven (Trek-Segafredo), tous trois victimes d’un excès d’efforts dans les derniers kilomètres d’une classique compliquée, durant laquelle aucune échappée n’a vraiment pu prendre la distance. Si ce n’est dans le dernier tour, à l’initiative du Luxembourgeois Alex Kirsch (Trek-Segafredo), qui menait un tempo de leader sur la rue du Vert Pignon, tout en lâchant son leader Stuyven, incapable de suivre cette offensive.

Kirsch partout

D’autres leaders tenaient bon, et ce sont donc 12 coureurs venus de 11 équipes différentes qui se détachaient dans les 15 derniers kilomètres pour se jouer la victoire à Dour. Seule la formation Deceuninck-Quick Step présentait deux membres en tête, avec Florian Sénéchal, tenant du titre, et Tim Declercq. Mais il manquait le sprinter attendu de la sélection, Alvaro José Hodeg, lâché dans cette même rue du Vert Pignon. Alors, tout le monde collaborait, et les vaines tentatives d’attaque étaient rapidement annihilées par l’un et l’autre. Ces offensives restaient d’ailleurs très souvent à l’état de feu-follet, tant chacun attendait le dernier secteur pavé de la journée, la rue de Belle Vue, à moins de 3 kilomètres de l’arrivée. Et c’est encore Kirsch avec Sénéchal qui menaient une vive accélération sur cette route cabossée, avant de voir le groupe se reformer. Ou du moins ce qu’il en restait, vu l’effort intense consenti dans la montée en faux-plat de Dour.

Un sprint d’une dizaine d’hommes s’annonçait donc sur cette arrivée en montée. Clément Venturini (Ag2r-La Mondiale) lançait de très loin (à plus de 300 mètres de la ligne), Aimé De Gendt (Circus-Wanty Gobert), déjà deuxième l’an dernier, sortait du bois à 150 mètres, et dans sa roue, Hugo Hofstetter (Israel Start-up Nation) profitait de l’effort du Belge pour le déborder et remporter sa première victoire de la saison, et surtout son premier trophée depuis le seul qui garnit son palmarès, une étape du Tour de l’Ain en 2018. Il explosait de joie, criait toute l’énergie qui lui restait sur la ligne, et tombait en pleurs dans la tente lui permettant de retrouver ses esprits. Une véritable libération pour le transfuge de la Cofidis, qui avait déjà montré sa bonne condition dimanche dernier sur Kuurne-Bruxelles-Kuurne avec une sixième place dans le sprint final.

Hofstetter : « Changer d’équipe m’a fait du bien »

« Je suis content de gagner aussi tôt dans la saison. Changer d’équipe m’a fait beaucoup de bien, merci à l’équipe et aux sponsors qui m’ont fait confiance. Je suis aussi content pour ma copine qui fête son anniversaire aujourd’hui », rigolait-il au micro de la RTBF après avoir repris des couleurs. « On travaille beaucoup chez les pros mais on n’est pas souvent récompensé. On travaille très dur à l’entraînement, on fait énormément de sacrifices pour parfois finir 2e, 3e alors qu’on ne connaît que le vainqueur dans les livres d’histoire. Sur ce sprint, je devais croire en moi. Je savais que ce pouvait être une belle victoire. Aussi, j’ai essayé de gérer mon effort car j’étais un peu moins bien qu’à Kuurne-Bruxelles-Kuurne. J’avais décidé de rester en retrait dans l’avant-dernier tour, pour tout donner le dernier tour. Et cela a bien fonctionné. J’espère qu’il y aura d’autres victoires par la suite », ajoute Hofstetter, heureux comme tout de ce deuxième succès pro.

De Gendt : « Il faudra que je tente en solo »

Deuxième, Aimé De Gendt restait heureux de ce qu’il a pu réaliser, lui qui n’était pas intrinsèquement le meilleur sprinter du groupe de tête. « J’étais content de ma course, je me sentais très fort mais cela n’a pas suffi pour faire la différence dans le dernier secteur pavé. C’était difficile aussi de bien gérer le sprint. J’étais dans la roue de Venturini, j’ai un peu hésité, et c’est là que j’ai un peu manqué mon sprint. J’aurais peut-être dû encore attendre un peu. Je pense que l’année prochaine, il vaudra mieux que je tente en solo« , souriait le  représentant de Circus-Wanty Gobert au micro de la RTBF. Qui a terminé dans ce sprint devant le jeune David Dekker (SEG Racing Academy), le plus jeune fils de l’ancien pro Erik Dekker et actuel champion des Pays-Bas chez les espoirs. Impressionnant tout au long de la journée, il a confirmé que sa victoire sur le Ster van Zwolle, dimanche dernier, n’est qu’une étape dans son objectif de devenir pro et profiter des classiques printanières à l’avenir.

Résultats de la 52e édition du Samyn (Quaregnon > Dour, 201.9 km) :

1. Hugo Hofstetter (Fra, Israel Start-up Nation)
2. Aimé De Gendt (Bel, Circus-Wanty Gobert)
3. David Dekker (P-B, SEG Racing Academy)
4. Clément Venturini (Fra, Ag2r-La Mondiale)
5. Florian Sénéchal (Fra, Deceuninck-Quick Step)
6. Giacomo Nizzolo (Ita, NTT Pro Cycling)
7. Alex Kirsch (Lux, Trek-Segafredo)
8. Gianni Vermeersch (Bel, Alpecin-Fenix)
9. Tim Declercq (Bel, Deceuninck-Quick Step)
10. Dries Van Gestel (Bel, Total-Direct Énergie)

Photo : capture RTBF

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