Tim Wellens : « Je rêve toujours d’une grande classique »

Le Limbourgeois Tim Wellens (Lotto-Soudal) ambitionne toujours une victoire sur une grande course d’un jour, et se consacrera pleinement à cet objectif en 2021. Quitte à laisser tomber l’idée de participer aux Jeux Olympiques, dans des conditions trop contraignantes à ses yeux.

À 29 ans, Tim Wellens n’est plus l’espoir des courses d’un jour que la Loterie Nationale belge portait au fil de ses résultats prometteurs, depuis ses succès sur l’Eneco Tour (ex-BinckBank Tour) et le Tour de Pologne à ses confirmations sur le Tour de Wallonie, le Tour d’Italie ou le Tour d’Espagne. Le Limbourgeois sait que ses plus belles années sont encore devant lui, mais qu’il ne doit plus tarder à affirmer son statut de leader de l’équipe belge. Il l’avoue d’ailleurs lui-même : s’il peut se satisfaire de deux victoires d’étape obtenues au forceps sur le dernier Tour d’Espagne, il reste déçu de cette dernière saison.

« On pourrait dire que j’ai connu une année difficile, même si j’ai gagné deux étapes sur le Tour d’Espagne », estime Tim Wellens, qui rappelle sa chute à l’entraînement, fin août, qui l’a contraint à manquer le Tour de France. « Maintenant, c’est difficile de faire un retour sur cette saison si compliquée. Mentalement, ces deux victoires m’ont quand même permis d’être plus relax, et de commencer ma préparation pour 2021 avec un certain sentiment de libération ». Cette préparation hivernale lui donne d’ailleurs une dose d’optimisme pour la suite : « Cet hiver a été plus ou moins la même chose que les années précédentes : j’ai pris 8 ou 9 jours de repos, sans le vélo. Mais quand j’ai repris l’entraînement, cette fois, mon niveau était plus élevé, mais c’était la seule différence ».

Reprise en France

Contrairement à 2020, Tim Wellens souhaite être en bonne forme dès les premières semaines de course. « L’an dernier, j’ai essayé d’être au top de ma condition un peu plus tard, mais cela n’a pas été parce que j’ai été un peu malade en Algarve, et je n’ai pas pu participer à Paris-Nice. Cette fois, je vais essayer d’être quand même plus performant sur les premières courses de la saison, et de conserver ensuite ma condition au maximum pour la suite du printemps », estime le coureur de Lotto-Soudal, qui démarrera sa saison au GP La Marseillaise en France (31 janvier) avant l’Étoile de Bessèges (du 3 au 7 février), le Tour d’Algarve ou le Tour d’Andalousie (du 17 au 21 février), et le Circuit Het Nieuwsblad (27 février).

« Je disputerai le Tour des Flandres, et je participerai ensuite à l’Amstel Gold Race et à Liège-Bastogne-Liège, avec un point d’interrogation pour la Flèche Wallonne. J’aimerais surtout rester frais d’ici Liège, et c’est compliqué en disputant la Flèche. Il faut voir ce que cela donne à ce moment-là, selon ma condition du moment », rapporte encore Tim Wellens quant à ses premiers objectifs printaniers.

Car il aimerait clairement s’offrir une grande course d’un jour cette année. « Je rêve toujours d’une victoire sur une grande classique. Je suis content de gagner des étapes, mais ma faim de victoires reste pour les classiques. C’est difficile de dire laquelle je préfère. Si je peux en choisir une, une en Belgique. Et si je pouvais choisir en Belgique, je dirais mes routes d’entraînement, soit Liège-Bastogne-Liège. Mais une autre classique, cela me va très bien aussi », sourit-il.

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« Possible de gagner des classiques et courses par étapes »

Viser avant tout les classiques voudrait-il dire se mettre en retrait sur les courses par étapes qui garnissent son palmarès ? Tim Wellens ne le voit pas comme ça : « C’est possible selon moi de gagner tant des classiques que des courses par étapes d’une semaine. Et je pourrais gagner certaines courses par étapes de renom comme Paris-Nice. J’aime bien le parcours de cette année, mais cela vient en même temps que le Strade Bianche, donc je laisse encore un point d’interrogation concernant ma participation à ces courses. Mais oui, je continuerai de viser les deux types d’épreuves », dit-il, avant de confirmer qu’il participera très certainement au Tour de France et ne doublera pas deux Grands Tours cette saison.

Cette saison 2021 s’annonce d’ailleurs particulièrement costaude, avec notamment les Jeux Olympiques de Tokyo, fin juillet. Mais Wellens ne se dit pas candidat, « surtout qu’il n’y a que cinq places disponibles », précise-t-il. « Même si j’ai été très heureux d’accompagner Greg Van Avermaet pour son titre à Rio, je sais que cela sera difficile en 2021 ». D’ailleurs, le Limbourgeois estime qu’il y a « trop de contraintes avec le jetlag, la possible quarantaine, les longs voyages, l’impact important que cela aura sur les courses suivantes… »

« Je veux soutenir l’équipe belge »

Concernant les championnats du monde, le coureur belge est par contre bel et bien candidat. « Le sélectionneur fédéral m’attend justement pour en discuter juste après cette conférence », indique-t-il aux journalistes présents lors de cette conférence de presse virtuelle de Lotto-Soudal.

« Tous les Belges veulent évidemment aller à ces Mondiaux en Belgique. Nous avons une chance de gagner avec Wout van Aert, mais actuellement, je pense que ma position est que je pourrai être présent pour soutenir l’équipe nationale. La pression sera en tout cas plus grande que pour le Tour des Flandres, cela sera sûrement encore plus grand que le départ du Tour de France à Bruxelles en 2019 ». Rien que cela… Mais Wellens compte bien être au rendez-vous, comme en 2020.

Photo : ASO/Unipublic/Photogomezsport/Luis Angel Gomez

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