Brussels Cycling Classic : sous l’orage, Merlier brille enfin en noir-jaune-rouge en Belgique

Les routes sinueuses et techniques dans le final de la Brussels Cycling Classic combinées à des trains de sprinters très nerveux et à une pluie arrosant les coureurs durant près de deux heures, ont mené à une course particulièrement dangereuse ce dimanche autour de Bruxelles. Le sprint final, dans les flaques, a permis au champion de Belgique Tim Merlier (Alpecin-Fenix) de triompher de la pluie, et de Davide Ballerini (Deceuninck-Quick Step) et Nacer Bouhanni (Arkéa-Samsic). Mais à quel prix…

La journée du peloton de la Brussels Cycling Classic avait pourtant débuté sous le soleil, avec une échappée de six coureurs parmi lesquels le Hervien Loïc Vliegen (Circus-Wanty Gobert) et les jeunes Belges Julien Van den Brande (Tarteletto-Isorex) et Cédric Beullens (Sport Vlaanderen-Baloise) (photo ci-dessous). Ces coureurs s’offraient jusqu’à quatre minutes d’avance sur un peloton déjà nerveux à l’aube de la dernière boucle brabançonne vers Alsemberg puis Bruxelles. Les équipes enchaînaient les relais pour éviter les mauvaises surprises de ces routes brabançonnes, principalement les coussins berlinois et autres casse-vitesses qui marquent les villages aux abords de la capitale. La pluie venait ajouter du stress dans le rang du peloton, dans la dernière heure et demie de course. Les offensives étaient légion dans les côtes d’Alsemberg, sans toutefois que les audacieux trouvent l’ouverture, ou du moins l’approbation de sprinters désireux d’en découdre en groupe sur le plateau du Heysel.

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Pieter Serry (Deceuninck-Quick Step), Dries De Bondt (Alpecin-Fenix), Julien Vermote (Cofidis), Jasper Philipsen (UAE Team Emirates), Aimé De Gendt (Circus-Wanty Gobert) ou encore Ilan Van Wilder (Sunweb) tentaient encore de fausser compagnie au peloton dans les 30 derniers kilomètres, mais le peloton restait encore attentif, s’étirant sur près d’un hectomètre, au grand dam de coureurs à l’arrache, qui ne pouvaient éviter les pièges de la route, à l’image de Willie Smit (Burgos-BH), victime d’un soleil après un coup de sa roue avant contre un coussin berlinois. La preuve que ces routes sont des plus dangereuses pour un peloton lancé à plus de 50 km/h… L’entrée dans Bruxelles n’était pas plus douce, les chutes étaient heureusement plus rares, mais la pluie se voulait plus intense. Les nuages gris n’étaient d’aucune empathie pour ces coureurs décidés à en finir au sprint.

Les trains passaient les uns devant les autres dans le long faux-plat montant de l’avenue Houba de Strooper, le long du stade Roi Baudouin, avant le virage à droite menant au faux-plat final jusqu’à la nouvelle ligne d’arrivée, posée au sommet du plateau du Heysel. D’habitude, cette arrivée pose déjà question vu le large virage à affronter ensuite. Sous l’orage, ce final était encore plus risqué. Le champion de Belgique Tim Merlier (Alpecin-Fenix) prenait, lui, tous les risques, et sortait de toute sa puissance dans les 150 derniers mètres pour s’imposer devant Davide Ballerini (Deceuninck-Quick Step) et Nacer Bouhanni (Arkéa-Samsic), entre les flaques. Des flaques qui causaient la glissade et la chute de Bouhanni puis de Ballerini, en prime dans les balustrades pour l’Italien.

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Merlier : « La pluie, pas à mon désavantage »

« C’était très glissant, mais dans l’ensemble, ce n’était pas si grave qu’annoncé », affirmait le vainqueur du jour au micro de la VRT après avoir levé les bras pour la première fois en noir-jaune-rouge sur les terres belges (il avait déjà connu cinq victoires à l’étranger depuis son titre national, en juin 2019). « Ce n’était en tout cas pas à mon désavantage », explique le cyclo-crossman, qui aime les tracés techniques. « J’ai toutefois repensé au sprint de l’an dernier. À l’époque, j’étais resté seul, alors que cette fois, j’ai encore des hommes autour de moi. Je suis un sprinter qu’il faut amener dans un train, et c’est ce que mes équipiers ont fait aujourd’hui. C’était un excellent travail ». Même si Merlier pensait être parti « trop tôt » : « Je doutais quant à ma position dans le peloton, je ne savais  pas vraiment ce que je devais faire, mais Jonas Rickaert, devant moi, m’a rassuré en me lançant très bien« .

Cervicales touchées pour Bouhanni

Ballerini, de son côté, rassure : « Je suis heureux car je n’ai eu aucune blessure sérieuse après cette chute. Ce virage après l’arrivée n’aurait pas dû être là, mais heureusement je vais bien et je peux continuer ma préparation pour les prochaines courses ». Alors que Nacer Bouhanni annonce qu’il va passer des radios ce lundi pour vérifier qu’il n’a rien de cassé : « En jetant le vélo dans le virage ma roue avant s’est dérobée sur la chaussée totalement détrempée. C’était dangereux comme arrivée, car à pleine vitesse comme nous étions nous ne pouvions pas virer correctement au final. J’étais en pleine vitesse lorsque je tombe, et au dernier moment j’ai tourné la tête par réflexe afin de ne pas prendre les barrières le visage en premier« . Bouhanni explique avoir des douleurs aux cervicales et du mal à respirer suite à cette chute qui devrait confirmer aux organisateurs qu’une telle arrivée doit être repensée, surtout quand la météo est aussi incertaine sur les terres belges.

Résultats de la 100e édition de la Brussels Cycling Classic (Bruxelles > Bruxelles, 203.7 km) :

1. Tim Merlier (Bel, Alpecin-Fenix) en 4h48:39
2. Davide Ballerini (Ita, Deceuninck-Quick Step)
3. Nacer Bouhanni (Fra, Team Arkéa-Samsic)
4. Florian Vermeersch (Bel, Lotto-Soudal)
5. Jasper Philipsen (Bel, UAE Team Emirates)
6. Pascal Ackermann (All, Bora-Hansgrohe)
7. Lawrence Naesen (Bel, Ag2r-La Mondiale)
8. Romain Seigle (Fra, Groupama-FDJ)
9. Amaury Capiot (Bel, Sport Vlaanderen-Baloise)
10. Edward Planckaert (Bel, Sport Vlaanderen-Baloise)

Photo de couverture : capture VRT – Photo article : Alain Vandepontseele/Alain VDP Photography

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