Championnats d’Europe sur route 2020 à Plouay : Van Vleuten et Hvideberg sourient sous la pluie

Après deux sprints massifs sur les deux premières courses en ligne de ces championnats d’Europe, les courses destinées aux espoirs et aux élites dames ce jeudi se voulaient bien plus débridées, suite à des conditions climatiques désavantageuses. Face au vent et à la pluie, les organismes se sont rapidement usés, laissant leurs chances aux esprits offensifs. La championne du monde Annemiek van Vleuten et le récent vice-champion de Norvège Jonas Iversby Hvideberg l’ont confirmé, s’offrant chacun un titre continental dans leur catégorie respective.

Un vent à décorner les bœufs et une pluie cassante accompagnaient ce jeudi les participantes de ces championnats d’Europe, offrant un plateau bien plus imposant que la course masculine. Il faut dire que les dames n’ont pas de Tour de France à enchaîner ce week-end, même si plusieurs d’entre elles seront au départ de Nice pour La Course by le Tour, classique féminine disputée avant la première étape de la Grande Boucle masculine, samedi. Les meilleures représentantes du cyclisme européen étaient donc bien présentes pour une épreuve qui s’annonçait offensive, malgré les deux sprints massifs qui avaient conclu ce mercredi les premières courses en ligne de ces championnats d’Europe. Les Néerlandaises, grandes favorites au vu de leur collectif impressionnant, voulaient en tout cas que cette course soit explosive, et enchaînaient tout au long de l’épreuve les attaques pour réduire le peloton au minimum. Le vent et la pluie aidaient finalement à réduire le groupe des leaders à peau de chagrin.

Anna van der Breggen, récente championne des Pays-Bas sur route et championne d’Europe du contre-la-montre, tentait sa chance, tout comme la tenante du titre continental sur route Amy Pieters ou l’ex-championne d’Europe Chantal van den Broek-Blaak. Mais l’offensive la plus dangereuse émanait une nouvelle fois de la championne du monde Annemiek van Vleuten, qui suivait le bon coup avec l’Italienne Elisa Longo Borghini et la Polonaise Katarzyna Niewiadoma à trois tours de la fin. Elles étaient rejointes un tour plus tard par Chantal van den Broek-Blaak au terme d’un bel effort en solitaire, confirmant la suprématie néerlandaise sur ce type d’épreuve. Pourtant, Van Vleuten semblait souvent à la rupture tandis que van den Broek-Blaak lâchait prise dans la côte du Lézot lors d’une attaque de Longo Borghini destinée à déloger les Néerlandaises de sa roue, dans le dernier tour de course. Mais Van Vleuten restait, elle, bien accrochée.

« Fière de toute l’équipe »

Mieux, Van Vleuten tentait d’attaquer l’Italienne sur un faux-plat montant et parvenait à prendre une cinquantaine de mètres, avant de voir sa concurrente la reprendre. Niewiadoma et van den Broek-Blaak revenaient au pied de la côte de Restergal, mais encore une fois, Longo Borghini et Van Vleuten se livraient un duel que leurs deux concurrentes ne pouvaient pas suivre. La dernière attaque était lancée par la championne du monde, qui lançait son sprint à la fin de la descente, à près de 300 mètres du but. Trop loin ? C’est mal connaître la Néerlandaise qui ne voyait jamais Longo Borghini la déborder. Annemiek van Vleuten ajoute ainsi à son palmarès l’un des seuls titres qui manquaient encore à son palmarès déjà bien fourni.

« On alignait une dream team aujourd’hui et on voulait une course très dure. Je suis donc fière de voir qu’on était quasiment toutes ensemble dans le final », souriait Van Vleuten à l’arrivée. « On savait que cela allait être une course compliquée mais on l’a bien gérée. Je suis super fière de voir comme nous avons roulé avec toute mon équipe, je suis heureuse de ce qu’on a pu réaliser ensemble. » Le collectif néerlandais pouvait aligner plusieurs cartes et cela a fonctionné. « Si cela avait pu se terminer au sprint, j’aurais certainement eu une grande chance. Mais Annemiek gagne, donc je dois être heureuse, aussi vu qu’elle voulait rouler pour moi dans le final », explique pour sa part Chantal van den Broek-Blaak à la NOS.

Seule Belge représentée dans le groupe des favorites dans les derniers tours, Lotte Kopecky a pris pour sa part la septième place, en tant que deuxième du sprint du peloton, arrivé trois minutes après la nouvelle championne d’Europe. Pas de regret toutefois : Kopecky n’avait pu suivre les mouvements néerlandais sur cette course rendue compliquée par les conditions météorologiques.

Un orage dans le dernier tour chez les espoirs

Chez les espoirs, si les nuages noirs s’amoncelaient tout au long de la matinée dans le ciel de Plouay, c’est dans les vingt derniers kilomètres que l’orage a frappé les coureurs, qui avaient jusqu’ici mené une course particulièrement offensive. Si le peloton ne laissait pas plus de deux minutes d’avance à l’échappée matinale, avant de rester à distance raisonnable de huit hommes de tête qui avaient jusqu’ici survécu au regroupement général, trois hommes parvenaient à s’isoler à cinq kilomètres de l’arrivée. Le Tchèque Vojtech Repa, rescapé de la première échappée du jour, le Danois Anthon Charmig et le Norvégien Jonas Iversby Hvideberg ne tenaient la tête de la course que pour quelques secondes, mais tenaient la distance dans la descente détrempée vers Plouay. Le trio se disputait l’or au sprint, et la victoire revenait finalement à Hvideberg, sociétaire de l’équipe Uno-X Pro Cycling Team, l’équipe norvégienne qui façonne les espoirs du pays.

« J’étais très proche d’un titre de champion de Norvège le week-end dernier (NDLR : il a terminé 2e derrière Sven Erik Bystrøm), je sentais que j’avais donc les jambes. Mais gagner aujourd’hui, c’est énorme, c’est mon premier grand résultat », confirme le coureur de 21 ans à l’arrivée.

Dans le clan belge, on se satisfera de la septième place du sprinter du groupe, Jordi Meeus, qui malgré sa bonne condition du moment n’a pu faire mieux dans le sprint du peloton. Stan Van Tricht avait pour sa part réussi à accrocher le wagon du contre de 18 coureurs parti derrière Repa et ses équipiers de l’échappée matinale, mais le coureur de 20 ans a lâché prise à deux tours de la fin.

Résultats de la course en ligne des élites femmes (109,2 km) :

1. Annemiek van Vleuten (Pays-Bas) en 2h50:46
2. Elisa Longo Borghini (Italie)
3. Katarzyna Niewiadoma (Pologne) à 0:06
4. Chantal van den Broek-Blaak (Pays-Bas)
5. Audrey Cordon-Ragot (France) à 2:30
6. Lisa Brennauer (Allemagne) à 3:28
7. Lotte Kopecky (Belgique)
8. Marianne Vos (Pays-Bas)
9. Elena Cecchini (Italie)
10. Amy Pieters (Pays-Bas)

30. Jesse Vandenbulcke (Belgique) à 11:50
35. Valerie Demey (Belgique)

Résultats de la course en ligne des espoirs hommes (136,5 km) :

1. Jonas Iversby Hvideberg (Norvège) en 3h11:17
2. Anthon Charmig (Danemark)
3. Vojtech Repa (République tchèque) à 0:02
4. Markus Pajur (Estonie) à 0:04
5. Olav Kooij (Pays-Bas)
6. Jason Tesson (France)
7. Jordi Meeus (Belgique)
8. Colin Heiderscheid (Luxembourg)
9. Carlos Salgueiro (Portugal)
10. Michele Gazzoli (Italie)

35. Stan Van Tricht (Belgique)
44. Florian Vermeersch (Belgique)
50. Jens Reynders (Belgique)
87. Sébastien Grignard (Belgique) à 5:20

Photo : capture Eurosport

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