Philippe Gilbert pour trois ans chez Lotto-Soudal : un coup parfait

La nouvelle était dans l’air du temps depuis le début de l’été, elle a été officialisée ce lundi : Philippe Gilbert quitte Deceuninck-Quick Step en fin de saison et rejoindra Lotto-Soudal pour les trois prochaines saisons. Un bon coup pour l’équipe belge qui s’assure un leader expérimenté, et pour le coureur remoucastrien qui construit sa fin de carrière en toute quiétude.

Le monde cycliste reste petit et il n’est pas rare que certains transferts s’ébruitent dans les coulisses du peloton alors que l’annonce des premiers mouvements n’est prévue, sur décision de l’Union Cycliste Internationale (UCI), que le 1er août. Ainsi, depuis la confirmation par Deceuninck-Quick Step que Philippe Gilbert ne sera pas inscrit sur le Tour de France, le départ du coureur de 37 ans semblait acté et sa signature chez le concurrent belge Lotto-Soudal était même annoncé avec insistance. Encore fallait-il que ce transfert soit confirmé par les deux parties. Il a fallu attendre le 19 août, à quelques jours du départ du Tour d’Espagne auquel Philippe Gilbert prendra part, pour que la nouvelle soit officielle : Lotto-Soudal a dégainé en premier, annonçant l’arrivée de l’ancien champion du monde pour trois saisons. Une sorte de retour aux sources pour Gilbert, qui avait déjà couru pour trois saisons sous l’égide de la Loterie Nationale (à l’époque Omega Pharma-Lotto). Il avait alors remporté 31 de ses 75 victoires sous cette tunique, et parmi ses plus beaux succès en prime. Entre 2009 et 2011, il a en effet remporté deux fois le Tour de Lombardie, deux fois l’Amstel Gold Race, la Flèche Wallonne, Liège-Bastogne-Liège, la Clasica San Sebastian, le GP de Québec, un double titre de champion de Belgique, une victoire d’étape sur le Tour de France avec le maillot jaune en prime, et s’était classé à la tête du classement mondial en 2011.

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Un vrai leader arrive

L’arrivée de Philippe Gilbert chez Lotto-Soudal est une bonne nouvelle pour la formation belge qui se cherche justement un grand leader sur les classiques. Cela fait en effet plusieurs printemps que le groupe de Marc Sergeant fait chou blanc sur les pavés ou dans les vallons. Le coureur remoucastrien a l’expérience pour enchaîner les résultats sur ces courses, et sera même le grand leader de la formation vu le départ de Tiesj Benoot pour Sunweb. Philippe Gilbert, on le sait, vise avant tout le Grand Chelem sur les classiques historiques de la saison, et souhaite encore trouver la victoire sur Milan-Sanremo, après avoir déjà remporté le Tour des Flandres et Paris-Roubaix sous la tunique de Deceuninck-Quick Step. Il pourra également compter sur, ou épauler, Tim Wellens sur les classiques ardennaises, offrant enfin plus d’options au groupe Lotto-Soudal durant le printemps.

« Ces dernières années, j’ai pu observer l’équipe de l’extérieur et je pense qu’elle manquait peut-être d’un leader dans ces épreuves », confirme Philippe Gilbert. « Je veux aider l’équipe à évoluer à un plus haut niveau, par mes propres performances certes, mais également en veillant à ce que mes coéquipiers puissent donner le meilleur d’eux-mêmes. Je serai tout aussi satisfait s’ils sont aux avant-postes ou s’ils parviennent à gagner. » Le Remoucastrien s’annonce donc comme un leader/capitaine de route, amené à mener les troupes et à pousser les jeunes à grandir dans une formation qui a réussi à faire évoluer de nombreux espoirs au plus haut niveau. Certes, Lotto-Soudal a vu Tiesj Benoot et Victor Campenaerts (parti au Team NTT, ex-Dimension Data) quitter le navire, alors que le groupe pleure encore la disparition du talent belge Bjorg Lambrecht. Mais l’arrivée de Philippe Gilbert peut justement permettre à l’équipe belge de reprendre une place de choix sur les grandes courses d’un jour.

« Il ne lâche rien »

Marc Sergeant, manager sportif de Lotto-Soudal, ne s’inquiète d’ailleurs pas du fait que Philippe Gilbert a aujourd’hui 37 ans et clôturera probablement sa carrière dans trois saisons, à l’âge de 40 ans. « L’âge est une notion toute relative, l’important est avant tout de se sentir en forme. Il a toujours l’envie et il ne lâche rien, c’est ça son secret. En ce qui concerne son programme, il a toujours été actif de février à octobre. Il pourrait tout à fait combiner certaines classiques flamandes et wallonnes, que ce soit pour jouer sa carte personnelle ou pour partager son expérience et renforcer l’équipe », confirme-t-il.

Alors que Deceuninck-Quick Step souhaitait ne lui offrir qu’un contrat d’une saison, vu son âge, Philippe Gilbert a finalement trouvé un accord pour trois saisons, et peut donc tranquillement construire sa fin de carrière, comme il le souhaite. Le coureur belge sait qu’il n’a plus les mêmes qualités que lors de sa saison exceptionnelle en 2011. Mais il a une expérience et une endurance qui peuvent encore faire des merveilles. Autant qu’il en profite durant ces prochains mois, avant de jouer le capitaine de route avec les jeunes pousses qui joueront la victoire sur les mêmes classiques qu’il a arpenté durant ses 17 ans de carrière. Cela avait fonctionné chez Deceuninck-Quick Step, les dirigeants de Lotto-Soudal veulent désormais profiter de ce partage d’expérience.

Photo : ASO/Pauline Ballet

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