Notre présentation complète de la Flèche Brabançonne : les puncheurs reprennent le flambeau

Les pavés n’ont pas encore totalement quitté les roues des coureurs, mais le dénivelé se fera plus important dès ce mercredi avec la Flèche Brabançonne, transition idéale des classiques flandriennes aux ardennaises. Une des seules épreuves durant laquelle les puncheurs et grimpeurs côtoient les Flandriens qui ont trusté la Une de la presse cycliste ces dernières semaines.

Messieurs

Les points-clés du parcours

Désormais rendez-vous traditionnellement marqué par les côtes de la région d’Overijse, la Flèche Brabançonne connaît cette année un petit changement qui risque de corser la course. Les coureurs devront une nouvelle fois grimper près de trente côtes sur l’ensemble de l’épreuve (même si la plupart de ces ascensions ne seraient même pas répertoriées sur une étape du Tour de France), mais le tracé a connu une modification importante du côté d’Alsemberg, ancien site d’arrivée de la semi-classique brabançonne. Cette fois, le peloton tournera deux fois autour d’Alsemberg, avec deux passages par le Bruine Put ou le Menisberg, des petites buttes qui peuvent attiser l’appétit des attaquants si une décision n’a pu être menée lors de la descente vers Braine-l’Alleud.

Le juge de paix de cette course reste toutefois le circuit final autour d’Overijse qui n’a pas bougé d’un iota. Les coureurs devront se farcir trois circuits et demi, avec notamment le Schavei comme côte idéale pour les puncheurs, à moins de 200 mètres de la ligne d’arrivée. La pente est à près de 9% au pied de cette ascension finale, à grimper quatre fois sur la course, alors que son final est une vraie rampe en faux-plat montant. Il faudra donc être costaud pour sortir dans cette montée et devancer le sprint. Et pour ceux qui aiment l’offensive, on leur conseille l’Hertstraat, et sa longue ligne droite pavée à 8% de moyenne, ou encore l’Ijskelderlaan, à moins de 5 kilomètres du but et dont les quelques pavés peuvent aussi aider ceux qui aiment le gros braquet et les risques, avec cette descente sinueuse qui suit jusqu’à Overijse. Bref, même si le profil ne présente pas de grandes ascensions bien longues, les coureurs ne connaîtront jamais de répit sur ces cuvettes incessantes.

Les favoris

Finalement sur la liste des partants de cette Flèche Brabançonne malgré son départ sur chute du Tour du Pays Basque, le Français Julian Alaphilippe (Deceuninck-Quick Step) arborera logiquement la pancarte de favori sur cette course qui sied parfaitement à ses qualités de puncheur. Vainqueur sur le Strade Bianche et Milan-Sanremo, puis vainqueur d’étape sur le Tour du Pays Basque, le coureur français de 25 ans veut prouver que cette embardée en Espagne n’a pas cassé sa motivation, ni sa condition physique, qu’il souhaite parfaite pour les prochaines classiques ardennaises. Et avec l’équipe qui s’annonce à ses côtés, Alaphilippe est l’homme à battre sur ces routes belges.

Il fera face à un coureur d’une autre équipe belge, dont les qualités de puncheur ne sont plus à démontrer : Tim Wellens (Lotto-Soudal). Surprenant 34e du Tour des Flandres après s’être montré à l’offensive comme à son habitude, dès sa première expérience sur le Ronde, le coureur limbourgeois retrouvera un terrain à sa guise. Il s’était imposé en solo à Overijse l’an dernier et peut refaire le même coup, sur ce tracé qui sied parfaitement à ses qualités d’attaquant. Il aura en outre Jelle Vanendert et Maxime Monfort pour le garder au chaud avant le final. Et une victoire permettrait à Lotto-Soudal de sauver son printemps, difficile sur les pavés. Alors qu’un Néerlandais pointe le bout de son nez parmi les favoris et veut confirmer que son premier printemps parmi les grands est une réussite : le champion des Pays-Bas Mathieu van der Poel (Corendon-Circus) retrouve le peloton après une courte pause, et son dernier succès sur le Circuit de la Sarthe. Le coureur batave a le punch nécessaire pour cette épreuve, mais il aura également une sacrée pancarte et devra donc se défaire de quelques favoris pour espérer s’imposer dans la cité des raisins.

Et en cas d’arrivée groupée, quelques sprinters habitués aux côtes ont également une carte à jouer. À commencer par l’ancien vainqueur italien Sonny Colbrelli (Bahrain-Merida), déjà en forme sur les premières classiques printanières. Il connaît par cœur ces routes brabançonnes, et aura donc un statut particulier dans le peloton. Tout comme l’Australien Michael Matthews (Sunweb), qui n’a jamais connu la réussite sur cette Flèche, mais qui reste un adversaire de taille quand le dénivelé est important, alors qu’un sprint peut se profiler. Le Sud-Africain Daryl Impey (Mitchelton-Scott) a également une carte à jouer sur la chaussée de Bruxelles, dans un petit groupe, alors que le Français Bryan Coquard (Vital Concept-B&B Hôtels) rêve d’une première victoire de prestige pour sa formation sur ces routes flamandes.

D’autres outsiders s’annoncent également sur ce circuit pour attaquants, sur lequel il risque de n’y avoir aucun temps mort. Le vainqueur surprise du Tour des Flandres Alberto Bettiol (EF Education First) a ainsi récupéré durant dix jours et peut prétendre à un résultat sur ces routes vallonnées. De même que le Portugais Rui Costa (UAE Team Emirates), de retour en compétition après un accident à l’entraînement en mars. Enrico Gasparotto (Dimension Data), Ben Hermans (Israel Cycling Academy) ou encore Giovanni Visconti (Neri Sottoli-Selle Italia-KTM) peuvent quand à eux jouer de leur expérience pour faire la différence à Overijse.

La météo

Le ciel sera particulièrement chargé ce mercredi, même si le risque d’averses sera quasiment nul. Les températures seront fraiches, entre 11 et 14 degrés. Le vent soufflera de sud à sud-ouest entre 10 et 20 km/h et soufflera de côté durant la majeure partie de la course.

La carte interactive et le profil de la 59e édition de la Flèche Brabançonne :

Cliquez ici pour découvrir la carte interactive sur mobile.

Le mode d’emploi de la 59e édition de la Flèche Brabançonne :

Présentation des coureurs : de 10h45 à 12h15 sur la Grote Markt de Louvain.

Départ fictif : 12h30 sur la Grote Markt de Louvain.

Départ réel : 12h40 sur la chaussée de Tervueren (N3), après 6 kilomètres en cortège.

Distance : 196,2 kilomètres

Arrivée : vers 17h27 sur la chaussée de Bruxelles (N4) à Overijse.

Difficultés :
Km 13,4 – Côte 1 : Smeysberg – Passage vers 13h00
Km 41,8 – Côte 2 : Chaussée d’Alsemberg – Passage vers 13h41
Km 45,9 – Côte 3 : Alsemberg – Passage vers 13h47
Km 52,2 – Côte 4 : Bruine Put – Passage vers 13h56
Km 56,0 – Côte 5 : Menisberg – Passage vers 14h02
Km 60,6 – Côte 6 : Lotsestraat – Passage vers 14h09
Km 68,0 – Côte 7 : Bruine Put – Passage vers 14h20
Km 71,8 – Côte 8 : Menisberg – Passage vers 14h25
Km 76,5 – Côte 9 : Lotsestraat – Passage vers 14h32
Km 84,8 – Côte 10 : Eigenbrakelsesteenweg – Passage vers 14h44
Km 89,5 – Côte 11 : Rue Pierre Flamand – Passage vers 14h51
Km 103,4 – Côte 12 : Rue François Dubois – Passage vers 15h11
Km 109,2 – Côte 13 : Hertstraat – Passage vers 15h20
Km 115,8 – Côte 14 : Holstheide – Passage vers 15h29
Km 121,8 – Côte 15 : Ijskelderlaan – Passage vers 15h38
Km 125,9 – Côte 16 : Schavei – Passage vers 15h44
Km 128,8 – Côte 17 : Hagaard – Passage vers 15h49
Km 132,6 – Côte 18 : Hertstraat – Passage vers 15h54
Km 139,2 – Côte 19 : Holstheide – Passage vers 16h04
Km 145,2 – Côte 20 : Ijskelderlaan – Passage vers 16h13
Km 149,2 – Côte 21 : Schavei – Passage vers 16h18
Km 152,2 – Côte 22 : Hagaard – Passage vers 16h23
Km 156,0 – Côte 23 : Hertstraat – Passage vers 16h28
Km 162,6 – Côte 24 : Holstheide – Passage vers 16h38
Km 168,6 – Côte 25 : Ijskelderlaan – Passage vers 16h47
Km 172,6 – Côte 26 : Schavei – Passage vers 16h53
Km 175,5 – Côte 27 : Hagaard – Passage vers 16h57
Km 179,3 – Côte 28 : Hertstraat – Passage vers 17h02
Km 185,9 – Côte 29 : Holstheide – Passage vers 17h12
Km 191,9 – Côte 30 : Ijskelderlaan – Passage vers 17h21
Km 196,0 – Côte 31 : Schavei – Passage vers 17h27

Liste des partants : cliquez ici pour découvrir la liste des partants.

Palmarès :
2009 Anthony Geslin (Fra)
2010 Sébastien Rosseler (BEL)
2011 Philippe Gilbert (BEL)
2012 Thomas Voeckler (Fra)
2013 Peter Sagan (Svq)
2014 Philippe Gilbert (BEL)
2015 Ben Hermans (BEL)
2016 Petr Vakoc (Tch)
2017 Sonny Colbrelli (Ita)
2018 Tim Wellens (BEL)

Programme TV :
– dès 15h15 sur La Deux (RTBF).
– dès 15h20 sur Één/Sporza (VRT), avec les commentaires de Michel Wuyts et José De Cauwer.
– dès 15h15 sur Eurosport 1.

DAMES

Les points-clés du parcours

Chez les dames, le circuit a également connu quelques modifications autour de Gooik. Le peloton féminin s’écartera en effet de la cité brabançonne pour un petit tour sur le circuit masculin autour de Lot et Alsemberg, avec deux passages sur le Bruine Put et le Menisberg pour bien chauffer les jambes. Cela risque d’être toutefois insuffisant pour faire sauter les éventuelles sprinteuses désireuses de jouer la gagne sur ce tracé particulièrement plat. Car sur le circuit final de Gooik, à couvrir à trois reprises (et demi), seul un secteur pavé viendra perturber la dynamique du peloton mais sinon, les faux-plats sont rares pour creuser l’écart avec le peloton.

Les favorites

Cette 2e édition de la Flèche Brabançonne (4e si l’on considère les deux autres éditions de la Pajot Hills Classic, course déjà tracée autour de Gooik) ne dévoilera pas le peloton féminin le plus imposant de ce printemps, avec notamment l’absence de certaines armadas comme Boels-Dolmans ou Trek-Segafredo. Mais les favorites ne manquent pas dans le Brabant. Avec notamment la triple championne du monde Marianne Vos (CCC-Liv), troisième l’an dernier, et clairement celle qui peut triompher sur ces routes, tant au sprint qu’à l’offensive. Elle fera notamment face à Leah Kirchmann (Sunweb), deuxième l’an dernier, et habituée des emballages en petit groupe. La Cubaine Arlenis Sierra (Astana) pourrait pour sa part profiter du profil plat de cette épreuve pour s’offrir une demi-classique belge à son palmarès déjà bien fourni. L’Italienne Elisa Balsamo (Valcar Cylance) peut également jouer sa carte sur ce genre de profil, tout comme la Néerlandaise Marjolein van ´t Geloof (Alé Cipollini).

Côté belge, Sofie de Vuyst (Parkhotel Valkenburg) sera attendue dans le final de cette course pour femmes rapides et puissantes. Tout comme Kelly Van den Steen (Lotto-Soudal), en bonne forme sur le dernier Tour des Flandres féminin, ou encore Shari Bossuyt (Rogelli-Gyproc U23), la pépite de la poste belge.

La météo

Le ciel sera nuageux ce mercredi, avec un risque d’averses très léger en fin de course. Les températures seront fraiches, entre 11 et 14 degrés. Le vent soufflera de sud à sud-ouest entre 10 et 20 km/h.

La carte et le profil de la 4e édition de la Flèche Brabançonne :

Le mode d’emploi de la 4e édition de la Flèche Brabançonne :

Présentation des coureuses : de 10h45 à 11h45 sur la Kerkplein à Gooik.

Départ fictif : 12h01 sur la Dropsstraat à Gooik.

Départ réel : 12h07, sur le Markt de Sint-Kwintens-Lennik, après 3,6 kilomètres en cortège.

Distance : 136,7 kilomètres

Arrivée : vers 15h27 sur la Dorpsstraat à Gooik.

Difficultés :
Km 16,8 – Côte 1 : Alsemberg – Passage vers 12h32
Km 21,4 – Côte 2 : Lotsestraat – Passage vers 12h38
Km 28,8 – Côte 3 : Bruine Put – Passage vers 12h49
Km 32,6 – Côte 4 : Menisberg – Passage vers 12h55
Km 37,3 – Côte 5 : Lotsestraat – Passage vers 13h02
Km 44,7 – Côte 6 : Bruine Put – Passage vers 13h12
Km 72,3 – Secteur pavé 1 : Schavolliestraat – Passage vers 13h53
Km 91,0 – Secteur pavé 2 : Schavolliestraat – Passage vers 14h20
Km 109,6 – Secteur pavé 3 : Schavolliestraat – Passage vers 14h47
Km 128,3 – Secteur pavé 4 : Schavolliestraat – Passage vers 15h15

Liste des partantes : cliquez ici pour découvrir la liste des partantes.

Palmarès :
2016 Marianne Vos (P-B)
2017 Annette Edmondson (Aus)
2018 Marta Bastianelli (Ita)

Programme TV :
– dès 11h50 sur la page Facebook de Proximus Sports.

Graphiques : Flanders Classics

Grégory Ienco

Journaliste - Belge - 29 ans. Ancien responsable des sports sur les sites du groupe de quotidiens belges Sudpresse et du quotidien belge Le Soir, journaliste sportif depuis 2009 et responsable adjoint de CyclismeRevue depuis sa création en 2006.

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