Notre présentation complète de Tirreno-Adriatico 2019 : le rendez-vous idéal des puncheurs

Alors que le vent souffle sur le peloton de Paris-Nice, où les grimpeurs attendent avec impatience les premières montagnes de la Course au soleil, les puncheurs ont eux pris la direction de l’Italie, sur un terrain qui s’annonce moins venteux mais plus escarpé, avec sur les routes de Tirreno-Adriatico, une succession de murs qui risquent de plaire aux habitués des classiques présents sur la Course entre deux mers. Bienvenue dans le paradis des classicmen !

Les moments-clés du parcours

Alors que ces dernières années, l’organisation de Tirreno-Adriatico tentait de mettre en avant les spécialistes de la montagne en proposant une sorte de mini-Tour d’Italie sur des sommets souvent enneigés entre Camaiore et San Benedetto del Tronto, la course entre deux mers fait cette année la part belle aux habitués des côtes abruptes pour bouleverser les habitudes. Il est vrai que Paris-Nice propose déjà l’un des plus beaux cols de ce début de saison avec une montée vers le col de Turini et les candidats attendus sur les prochaines classiques printanières préféraient donc se mettre sur la liste de départ d’une course moins rude en termes d’altitude. RCS Sport les a attendus et propose donc une course d’une semaine sans le moindre col et sans dépasser les 700 mètres d’altitude. Même s’ils devront passer par les habituels rendez-vous de Tirreno-Adriatico, à savoir un contre-la-montre par équipes d’ouverture à Lido di Camaiore, sur près de vingt kilomètres, et un contre-la-montre individuel final, d’une dizaine de bornes, à San Benedetto del Tronto, de l’autre côté de la Botte. Les rouleurs capables de passer les bosses risquent donc de prendre l’avantage sur ces routes, du moins s’ils tiennent ensuite sur les étapes suivantes, face au vent annoncé (cfr. La météo).

Même s’il n’y aura pas de grand col au programme de cette 54e édition de Tirreno-Adriatico, les étapes n’en seront pas moins ardues. Dès la 2e étape vers Pomarance, les puncheurs auront déjà une chance de faire la différence avec un petit mur à 16% à six kilomètres du but, avant de longues routes sinueuses autour de 4% de moyenne. Les sprinters comme Peter Sagan (Bora-Hansgrohe) ou Greg Van Avermaet (CCC) peuvent ainsi jouer la victoire sur ces routes. Avant les 4e et 5e étapes qui s’annoncent comme les plus brutales. Vers Fossombrone, sur 223 km de course, la 4e étape proposera un double circuit final qui risque de faire exploser le peloton : la côte de Cappuccini, à moins de 6 km de la ligne d’arrivée, propose une ascension à 10,6% de moyenne sur près de 1500 mètres. Un vrai profil de côte de classique ardennaise donc. Et sur la 5e étape, le circuit autour de Recanati s’annonce encore plus explosif avec deux côtes à affronter à quatre reprises, dont l’ascension finale d’un kilomètre à près de 14% de moyenne ! Un mur intense à affronter à seulement deux kilomètres de la ligne d’arrivée, avec en prime un faux-plat montant pour clôturer ce circuit. Le classement général pourrait donc se jouer sur ces quelques pourcentages.

Les favoris

De nombreux grimpeurs et sprinters ont pris la décision d’opter pour Paris-Nice et ses routes plus montagneuses, mais la liste des partants de Tirreno-Adriatico n’en reste pas moins intéressante. Les spécialistes des classiques ont en effet décidé de prendre le chemin de l’Italie pour préparer Milan-Sanremo et les classiques printanières qui suivent. L’ancien champion du monde Peter Sagan (Bora-Hansgrohe) sera ainsi attendu tant sur les sprints que sur les « muri » italiens, tout comme le champion olympique Greg Van Avermaet (CCC). Mais dans les côtes les plus rudes, ils devront faire face au puncheur en forme du moment, le vainqueur du Strade Bianche Julian Alaphilippe (Deceuninck-Quick Step). Le Français a clairement les bases pour s’offrir la victoire sur une telle course, après avoir déjà montré ses capacités de tout-terrain sur le Tour de San Juan, en début de saison. Il sera donc un candidat clair pour le classement général face notamment à Vincenzo Nibali (Bahrain-Merida), encore attendu aux avant-postes après s’être montré très discret en début de saison, Thibaut Pinot (Groupama-FDJ), costaud sur les classiques ardéchoises, Adam Yates (Mitchelton-Scott), 5e du récent Tour d’Andalousie, Tim Wellens (Lotto-Soudal), double vainqueur d’étape au Tour d’Andalousie, ou encore Jakob Fuglsang (Astana) et Alexey Lutsenko (Astana), respectivement 2e du Strade Bianche et vainqueur du Tour d’Oman.

Mais ces coureurs pourront-ils contrer les grands rouleurs de cette édition ? Le Britannique Geraint Thomas (Sky), s’il n’a pas encore montré ses meilleures qualités depuis le début de la saison, risque ainsi d’être aux avant-postes après le contre-la-montre d’ouverture et pourrait donc jouer le classement général. De même pour Rohan Dennis (Bahrain-Merida), qui a déjà mené longuement Tirreno-Adriatico avant de craquer dans les cols les plus rudes. Mais l’Australien n’est pas connu comme un spécialiste des côtes aux forts pourcentages. Au contraire de Primoz Roglic (Jumbo-Visma), vainqueur autoritaire de l’UAE Tour, qui bénéficiera en plus de son équipier-modèle Laurens De Plus pour l’épauler sur les pentes italiennes. Ou encore de Tom Dumoulin (Sunweb), également en verve sur les cols de l’UAE Tour, et clairement sur un terrain idéal pour ajouter une course italienne à son palmarès déjà bien rempli.

Et du côté des sprinters ? La liste est bien moins longue que sur Paris-Nice, il est vrai. Plusieurs coureurs véloces ont tout de même pris la décision de la Botte pour se préparer en vue de Milan-Sanremo. Nacer Bouhanni (Cofidis) a ainsi décidé de s’engager sur Tirreno-Adriatico, cette année, et sera l’un des coureurs les plus attendus sur les deux étapes taillées pour un emballage massif. L’Italien Elia Viviani (Deceuninck-Quick Step) sera toutefois aux aguets pour le priver d’un succès, et a clairement montré sa grande forme sur aux Émirats Arabes Unis. Il sera donc aux avant-postes tout comme Sacha Modolo (EF Education First) et Giacomo Nizzolo (Dimension Data), décidés à briller sur leurs terres. Mais attention au Colombien Fernando Gaviria (UAE Team Emirates), également attendu dans la plaine. Il y aura donc du spectacle également sur le plat.

La météo

La première étape devrait se dérouler sous la pluie et des nuages gris, avec un risque d’averses toute l’après-midi, et des températures entre 9 et 12°C, et des rafales de vent d’est entre 10 et 25 km/h. La suite sera plus agréable pour le peloton avec des éclaircies annoncées dès la deuxième étape et des températures entre 12 et 15°C, et même des pics à 18°C lors des étapes du week-end. Le vent commencera toutefois à souffler fort dès la deuxième étape : venant d’ouest à nord-ouest, Éole soufflera des rafales entre 20 et 45 km/h. Il faudra donc faire attention aux bordures sur les routes italiennes, comme à Paris-Nice…

Dans les Marches, dès la 5e étape, les nuages gris reviendront hanter les coureurs avec un risque d’averses et un vent fort jusqu’à 45 km/h sur les murs de Recanati. Enfin, les 6e et 7e étapes, sur la côte thyrénéenne, devraient se dérouler sous les nuages, avec un léger risque d’averses et un vent venant du nord et de l’ouest qui sera plus calme que les jours précédents.

Le mode d’emploi de la 54e édition de Tirreno-Adriatico :

Dates : du mercredi 13 mars au mardi 19 mars 2019

Distance : 1048,6 kilomètres en sept étapes, dont 21,5 km de contre-la-montre par équipes et 10,1 km de contre-la-montre individuel

Liste des partants : cliquez ici pour découvrir la liste des partants

Palmarès :
2009 Michele Scarponi (Ita)
2010 Stefano Garzelli (Ita)
2011 Cadel Evans (Aus)
2012 Vincenzo Nibali (Ita)
2013 Vincenzo Nibali (Ita)
2014 Alberto Contador (Esp)
2015 Nairo Quintana (Col)
2016 Greg Van Avermaet (BEL)
2017 Nairo Quintana (Col)
2018 Michal Kwiatkowski (Pol)

Diffusion TV :
– en direct tous les jours dès 13h30 sur Eurosport Player.
– en direct tous les jours (sauf samedi et dimanche) dès 13h30 sur L’Équipe.
– en direct tous les jours dès 15h40 sur Rai Due.

Les cartes et profils de la 54e édition de Tirreno-Adriatico :

1re étape – Mercredi 13 mars 2019 : Lido di Camaiore > Lido di Camaiore (21.5 km, CLM par équipes)

2e étape – Jeudi 14 mars 2019 : Camaiore > Pomarance (195 km)

3e étape – Vendredi 15 mars 2019 : Pomarance > Foligno (226 km)

4e étape – Samedi 16 mars 2019 : Foligno > Fossombrone (221 km)

5e étape – Dimanche 17 mars 2019 : Colli al Metauro > Recanati (180 km)

6e étape – Lundi 18 mars 2019 : Matelica > Jesi (195 km)

7e étape – Mardi 19 mars 2019 : San Benedetto del Tronto > San Benedetto del Tronto (10.1 km, CLM individuel)

Graphiques : RCS Sport/OpenStreetMap

Grégory Ienco

Journaliste - Belge - 29 ans. Ancien responsable des sports sur les sites du groupe de quotidiens belges Sudpresse et du quotidien belge Le Soir, journaliste sportif depuis 2009 et responsable adjoint de CyclismeRevue depuis sa création en 2006.

Pin It on Pinterest