Entre le Giro et le Tour de France, les favoris font déjà leur choix

À trois mois du prochain Tour d’Italie, les spécialistes des courses de trois semaines commencent déjà à imaginer leur programme pour ces épreuves d’endurance si particulières. Il faut toutefois faire un choix : préfère-t-on l’audace italienne ? Ou le spectacle français ? Entre le Giro et le Tour de France, à peine séparés de six semaines, les coureurs doivent souvent prendre une décision pour éviter de se griller durant l’été. Qui seront les candidats au maillot rose et ceux qui lui préféreront le jaune ? On fait le point à l’aube des premières courses par étapes européennes.

Sur le Tour d’Italie

Entre Jérusalem et Rome, les principaux spécialistes de la haute montagne se montre pour l’instant frileux à l’idée de traverser Israël et l’Italie durant le prochain mois de mai. Serait-ce dû à l’incertitude qui règne autour de la sécurité à Jérusalem, lieu du prologue du prochain Giro ? Ou au parcours entre classicisme et audace proposé par les organisateurs de l’épreuve italienne ? Toujours est-il que le Tour d’Italie a encore du mal à ramener un peloton d’une certaine consistance par rapport à son homologue français.

Certes, RCS Sport aurait pu se targuer cette année de confirmer la présence de Chris Froome (Sky) sur ses routes, mais moins de deux semaines après l’annonce officielle, le Britannique se retrouvait pris dans une affaire de salbutamol qui ne risque pas de se conclure d’ici le début de la prochaine édition du Giro. Au grand dam des institutions cyclistes et des supporters qui attendant avant tout une décision et la clarté autour de ce dossier obscur. Sans le quadruple vainqueur du Tour, qui donc pourra jouer le maillot rose sur les hauteurs transalpines ? Le vainqueur sortant Tom Dumoulin (Sunweb) apparaît déjà comme un favori naturel au vu des dispositions qu’il a affiché en montagne en 2017.

Derrière le Néerlandais, le champion d’Italie Fabio Arù (UAE Team Emirates) tentera une nouvelle fois d’accrocher la tunique rose sur son tableau de trophées, après avoir quelque peu déçu sur le dernier Tour de France malgré trois jours en jaune. Le coureur sarde a désormais de nouvelles couleurs et toujours une équipe de grimpeurs à ses côtés. Il devrait donc jouer les premiers rôles. Tout comme Domenico Pozzovivo (Bahrain-Merida), qui doit toutefois s’améliorer en contre-la-montre avant d’espérer s’approche du podium, ou encore Esteban Chaves (Mitchelton-Scott) ou Miguel Angel Lopez (Astana), deux pépites colombiennes, qui ont besoin de se montrer plus constant. Simon Yates (Mitchelton-Scott) viendra aussi supporter Chaves, alors que Louis Meintjes (Dimension Data), Michael Woods (EF-Drapac) et George Bennett (LottoNL-Jumbo) joueront dans la cour des grands avec un statut de leader à confirmer et assumer.

Le Français Thibaut Pinot (FDJ) a également annoncé, tardivement ce mercredi, qu’il sera également de la partie sur cette course au maillot rose après s’être offert une victoire d’étape et une quatrième place au classement général lors de sa première participation l’an dernier. Il enchaînera ensuite sur le Tour de France, sans toutefois préciser quel Grand Tour le coureur franc-comtois privilégiera au printemps prochain.

Sur le Tour de France

On ne reviendra pas sur le cas Froome, déjà évoqué plus haut pour le Giro. Les organisateurs du Tour ont au moins l’avantage de pouvoir patienter près de deux mois de plus, mais au vu des déclarations du directeur du cyclisme chez ASO Christian Prudhomme, qui souhaite un jugement rapide quant au cas du vainqueur sortant, autant dire que le leader de la Sky ne risque pas d’avoir un accès aussi libre qu’attendu au départ de l’épreuve française. Qu’importe la présence de Froome, le plateau de la prochaine Grande Boucle annonce un sacré défi entre ténors du peloton. Le podium de l’an dernier, soit le Français Romain Bardet (Ag2r-La Mondiale) et le Colombien Rigoberto Uran (EF-Drapac), a évidemment confirmé sa présence pour la conquête du maillot jaune. L’Italien Vincenzo Nibali (Bahrain-Merida) espérera y conquérir une deuxième victoire finale, et comptera notamment sur les pavés pour faire la différence. C’est notamment à cette occasion qu’il découvrira pour la première fois le Tour des Flandres en avril prochain.

Surtout, le trio « magique » de la Movistar s’annonce également au départ : le Colombien Nairo Quintana sera le leader annoncé d’une formation qui compte également sur le vétéran espagnol Alejandro Valverde et le grimpeur ambitieux Mikel Landa. Ce dernier aurait même des envies de leadership en vue de cette prochaine échéance. Derrière, d’autres souhaiteront clairement en profiter, comme l’Australien Richie Porte (BMC), désireux de confirmer ses prétentions de l’an dernier, malheureusement coupées net par une vilaine chute dans la descente du Mont du Chat. Le Russe Ilnur Zakarin (Katusha-Alpecin), le Danois Jakob Fuglsang (Astana), l’Irlandais Dan Martin (UAE Team Emirates) ou encore le Luxembourgeois Bob Jungels (Quick Step) seront pour leur part considérés comme des outsiders à surveiller sur le prochain parcours.

Il est difficile d’imaginer actuellement d’autres concurrents en vue de ce prochain Tour de France. Alors que côté belge, Tim Wellens (Lotto-Soudal) semble plutôt attiré par l’Italie, alors que Tiesj Benoot (Lotto-Soudal) est attendu sur le Tour de France, se donnant deux saisons avant de choisir sa carrière, entre classiques et Grands Tours. Mais peu de candidats belges s’annoncent toutefois pour un éventuel Top 10 sur ces courses de trois semaines, si ce n’est l’habituel Maxime Monfort (Lotto-Soudal), qui a annoncé sa préférence pour le Tour cette saison.

Photo : ASO/Tour de France

Mise à jour le 31 janvier à 21h15 : Thibaut Pinot annoncé lors de la présentation officielle de l’équipe Groupama-FDJ qu’il participera au Tour d’Italie avant d’enchaîner avec le Tour de France. Le texte a donc été mis à jour en conséquence.

Grégory Ienco

Journaliste - Belge - 27 ans. Ancien responsable des sports sur les sites du groupe de quotidiens belges Sudpresse et du quotidien belge Le Soir, journaliste sportif depuis 2009 et responsable adjoint de CyclismeRevue depuis sa création en 2006.

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