Jeux Paralympiques – Tokyo 2020 : cinq médailles et un record du monde refusé pour la Belgique

Les Jeux Paralympiques de Tokyo ont confirmé la réussite du paracyclisme belge. Sur les quinze médailles engrangées par la Belgique cet été, cinq ont été remportées par le contingent cycliste. Seul l’or manque pour combler l’appétit noir-jaune-rouge.

Ces Jeux Paralympiques ont démarré en trombe pour le groupe belge, avec la médaille de bronze remportée dès la deuxième journée de compétition par Griet Hoet et sa pilote Anneleen Monsieur, vainqueur du kilomètre féminin en classe B (handicap visuel). Les deux femmes de 43 ans, ensemble sur le vélo depuis 2015, avaient déjà enchaîné les médailles sur la poursuite individuelle, le kilomètre et la vitesse individuelle lors des championnats du monde de paracyclisme de 2017 à 2020 (quatre de bronze et trois d’argent), après une huitième place lors de leurs premiers Jeux Paralympiques à Rio, en 2016. Elles s’offrent désormais une première médaille paralympique, sur une épreuve qui n’était pourtant pas leur objectif principal.

La réussite n’a pas été de leur côté durant l’ensemble de la compétition. Quatrièmes de la poursuite individuelle, toujours sur la piste tokyoïte, Griet Hoet et Anneleen Monsieur ont ensuite connu une course en ligne difficile sur le circuit automobile de Fuji et sous une pluie intense. Victimes d’une chute, les deux femmes ont décidé de s’arrêter face à leurs blessures. « Nous terminons tout de même avec une médaille et avons battu notre record personnel sur la poursuite. Nous pouvons être fières de notre parcours », se réjouit Griet Hoet.

Deux médailles pour le champion du monde Celen

Dans la catégorie T1-T2 (handicap lourd), le champion du monde sur route Tim Celen a également connu la pluie, tant sur le contre-la-montre que sur la course en ligne. À seulement 23 ans, le cycliste belge s’est offert la médaille de bronze sur le chrono, avant une deuxième place sur la course en ligne, son principal objectif. « En tant que champion du monde, je venais ici pour l’or. Mais j’ai rapidement vu dans les montées que plusieurs coureurs étaient plus fort. J’ai suivi mon propre rythme, car je savais que je pouvais reprendre du temps dans les descentes. (…) J’y ai toujours cru, et cela m’a permis d’aller chercher cette médaille dont je suis très fier. Même si j’étais déçu à l’arrivée, j’étais content de cette médaille sur le podium », réagit-il à la VRT, confirmant ensuite son ambition d’aller chercher l’or à Paris, en 2024 : « Le parcours sera plus plat et me conviendra mieux ».

Le bronze puis l’incompréhension pour Hordies

Toujours sur la route, le Bruxellois Maxime Hordies, tétraplégique, s’est offert une médaille de bronze sur le contre-la-montre en catégorie H1. « C’était le maximum que je pouvais obtenir avec ma forme du moment. Mais je suis heureux d’obtenir une première médaille pour mes premiers Jeux Paralympiques », réagit au micro de la VRT celui qui avait suivi les Jeux Paralympiques de Rio… en spectateur. Hordies, champion du monde sur route en 2019, espérait encore mieux sur la course en ligne, mais connaissait une certaine déception face à l’organisation. L’épreuve se déroulait entre coureurs de catégorie H1 (handicap important des membres inférieurs) et H2 (handicap plus léger des membres inférieurs). Et les cyclistes H1 ont rapidement été distancés… et ont tout simplement été arrêtés par l’organisation, alors que Hordies roulait en sixième position, en tant que premier représentant de la catégorie H1.

« Le fait que nous devions rouler avec des coureurs H2 ici aujourd’hui, alors qu’hier il y avait un contre-la-montre séparé pour les coureurs H1, est incroyable », s’étonne Maxime Hordies sur l’antenne de la RTBF. « Lors d’une compétition normale, il y a un podium séparé pour les H1. Alors pourquoi pas ici ? L’organisation ne veut pas distribuer trop de médailles sur la route, mais elle en veut sur la piste », s’interroge-t-il. Il espère désormais que cela pourra changer pour les Jeux 2024.

Encore sur la route, Jonas Van de Steene, 34 ans, s’est classé 4e de l’épreuve en ligne en catégorie H4, après une 9e place sur le contre-la-montre, alors que Jean-François Deberg, 39 ans, a terminé 5e de la course en ligne des H3 après une 8e place sur le chrono.

Un record manqué puis l’argent pour Vromant

Ces Jeux Paralympiques resteront longtemps dans l’esprit d’Ewoud Vromant. Champion du monde de la poursuite individuelle, le pistard enregistré en catégorie C2 (amputé de la jambe droite), arrivait à Tokyo avec une sacrée motivation. Et dès le deuxième jour de compétition, il réalisait une performance de choix : la première place en séries de la poursuite individuelle et un nouveau record du monde ! Mais le jury des commissaires décidait de le disqualifier en raison d’une position jugée irrégulière sur la selle (trop sur l’avant de la selle). « Cette règle est faite pour une question de sécurité pour le coureur. Je ne suis évidemment pas d’accord avec la décision. (…) Ce fut vraiment dur quand j’ai eu ma femme et les enfants en ligne », réagissait sur le moment Vromant à l’agence Belga.

Engagé une semaine plus tard sur le contre-la-montre sur route, le coureur de 37 ans a réussi à retrouver la concentration et la motivation pour obtenir une médaille d’argent. « J’ai eu un sentiment d’impuissance ces derniers jours. Sur la poursuite, j’ai senti cette médaille me glisser des mains. Et je ne peux rien y faire. (…) Finalement, je me suis reconcentré, et je n’ai jamais commencé un contre-la-montre avec autant d’ardeur », commente Vroment à la VRT. « Je peux quand même parler de Jeux Paralympiques réussis. J’ai fait tout ce que j’ai pu pour que cela fonctionne ».

Comme le reste de la délégation belge qui peut être fière de ces Jeux Paralympiques de Tokyo, les plus prolifiques en termes de médailles pour le plat pays qu’est le nôtre.

Photo : Tokyo 2020

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