Gand-Wevelgem in Flanders Fields : notre présentation complète des éditions 2020

La période des classiques flandriennes est raccourcie cette saison : face à la recrudescence des cas de Covid-19 et l’annulation de Paris-Roubaix suite à ce retour de crise, les habitués des pavés n’auront que trois occasions pour briller en une semaine. Cela débutera ce dimanche entre Ypres et Wevelgem pour la traditionnelle classique du vent et des « Plugstreets », Gand-Wevelgem in Flanders Fields.

La 9e édition féminine

Le parcours

Comme pour les hommes, l’épicentre de Gand-Wevelgem a été déplacé du côté d’Ypres. L’épreuve n’a du coup plus beaucoup de rapport avec le chef-lieu de Flandre Orientale, mais les difficultés sont ainsi rassemblées autour de la cité médiévale. Les femmes partiront vers la Côte belge, avant de faire rapidement demi-tour pour une longue traversée des champs vers les premières ascensions de la journée, logées après soixante kilomètres sur les plateaux flandriens. Dans les vallons de Heuvelland, les coureuses vont enchaîner en seulement quinze kilomètres le Scherpenberg, le Vidaigneberg, le Baneberg, le Monteberg et le final du Mont Kemmel, par son versant le plus aisé (avec tout de même un passage pavé jusqu’à 10%). Les côtes sont courtes, et seront surtout l’occasion de tester les jambes, et de faire un premier repérage avant un deuxième tour de circuit plus court.

Après cet enchaînement, le peloton féminin filera vers les fameux Plugstreets, ces rues empierrées sur les champs de bataille des précédentes guerres mondiales. Des chemins de campagne destinés à saluer la mémoire de ceux qui ont combattu pour la liberté au siècle dernier. Pour les coureuses, il s’agira d’éviter crevaison et autre souci mécanique sur ces rues d’un autre temps, qui proposeront notamment sur le troisième secteur une légère montée qui peut faire monter les lactates dans les cuisses. Avant le deuxième circuit d’ascensions, réduit à une montée du Monteberg, suivi des pavés du Mont Kemmel. Cela semble bien court pour faire la différence avant les 30 kilomètres de plaine qui suivent jusqu’à Wevelgem, après un dernier passage par Ypres. Une arrivée en peloton n’est donc pas à négliger, vu la longue transition jusqu’à l’arrivée, et surtout les longues lignes droites bordées par le vent. Ce ne sera pas forcément à l’avantage d’attaquantes coriaces.

Les favorites

Au vu du parcours proposé et des chaussées à traverser jusque Wevelgem, il semble difficile d’imaginer autre chose qu’un sprint massif sur cette neuvième édition féminine de Gand-Wevelgem in Flanders Fields. Pour la première fois, elles auront droit à une arrivée plus tardive que les hommes, et pourront une nouvelle fois confirmer que les courses féminines sont souvent plus intenses et surprenantes. Et nul doute que les offensives marqueront le passage des côtes du jour. Mais les sprinteuses sont nombreuses à vouloir jouer leur carte sur ces routes, surtout au vu du calendrier réduit qui leur reste. Double vainqueur de l’épreuve, la Néerlandaise Kirsten Wild (Ceratizit-WNT), spécialiste de la piste, devait revenir sur l’épreuve avec l’espoir d’un triplé, qui serait de bon ton à l’aube de la reprise sur l’anneau. Elle a finalement dû annuler sa venue en raison d’un test Covid-19 positif annoncé ce samedi soir. La liste des favorites n’en reste pas moins intéressante. Notamment du côté de Sunweb, où sa compatriote Lorena Wiebes espère retrouver la victoire, plus d’un mois après sa dernière course en Belgique, alors que Coryn Rivera a montré sur la Flèche Brabançonne qu’elle montait en puissance et pouvait donc se faire une place dans un sprint.

La Belge Jolien D’Hoore (Boels-Dolmans) sera l’une des favorites sur des routes qu’elle apprécie, elle qui a montré sur le récent championnat de Belgique sur route ou sur les Trois Jours d’Aigle, qu’elle avait encore le jump pour faire sa place. Championne de Belgique devant D’Hoore, Lotte Kopecky (Lotto-Soudal Ladies) compte également faire parler sa puissance et sa grande condition du moment, à l’aube de dire adieu à une équipe belge en pleine restructuration. L’Australienne Chloe Hosking (Rally Cycling) reste de son côté une concurrente à surveiller, du moins si elle parvient à enchaîner les côtes de Heuvelland, tout comme la Britannique Hannah Barnes et l’Américaine Alexis Ryan chez Canyon-SRAM.

Car il y aura aussi des puncheuses pour tenter de faire la différence avant le final. Chez Trek-Segafredo, le duo Lizzie Deignan (récente vainqueur de Liège-Bastogne-Liège)-Elisa Longo Borghini (5e de la Flèche Wallonne et 3e du Giro Rosa et du Mondial), sera certainement le plus attendu dès que les pourcentages s’envoleront. Des offensives que suivra avec attention Grace Brown (Mitchelton-Scott), vainqueur en solitaire de la Flèche Brabançonne, mercredi dernier. La Néo-Zélandaise Mikayla Harvey (Paule Ka), révélation du Giro Rosa et encore bien placée lors des classiques ardennaises, et l’Américaine Lauren Stephens (TIBCO-SVB), récemment échappée sur la Flèche Brabançonne, peuvent également tirer leur épingle du jeu sur de telles ascensions.

La météo

Le ciel sera nuageux avec des averses en début de course, avant un temps plus ensoleillé au fil de la journée, les températures varieront entre 11 et 13 degrés, le vent soufflera de nord-nord-ouest à nord-ouest entre 30 et 40 km/h.

Le profil de la 9e édition féminine de Gand-Wevelgem :

Sur demande de l’organisation, les amateurs de cyclisme sont invités à suivre Gand-Wevelgem en télévision et de ne pas venir sur le parcours de l’épreuve au vu de la crise du Covid-19. Pour cette raison, l’itinéraire-horaire précis n’est pas diffusé.

Le mode d’emploi de l’épreuve féminine :

Départ : dès 13h45 devant la Porte de Menin à Ypres

Distance : 141 kilomètres

Arrivée : vers 17h30 sur la Vanackerestraat à Wevelgem

Les difficultés du jour :
Secteur pavé 1 – Km 30 : Veurnestraat (800 mètres)
Côte 1 – Km 61 : Scherpenberg (600 m à 3,2% de moyenne)
Côte 2 – Km 66 : Vidaigneberg (800 m à 6,5%)
Côte 3 – Km 67 : Baneberg (300 m à 4,9%)
Côte 4 – Km 73 : Monteberg (1 000 m à 5,1%)
Côte 5 – Km 74 : Mont Kemmel (400 m à 7,7%)
Plugstreet 1 – Km 89,5 : Hill 63 (1 300 mètres)
Plugstreet 2 – Km 92 : Christmas Truce (1 400 mètres)
Plugstreet 3 – Km 93,5 : The Catacombs (600 mètres)
Côte 6 – Km 104,5 : Monteberg (1 000 m à 5,1%)
Côte 7 – Km 106 : Mont Kemmel (400 m à 7,7%)

Liste des partantes : cliquez ici pour découvrir la liste des partantes

Direct TV :
– En direct dès 16h30 sur RTBF Auvio
– En direct dès 16h30 sur Één/Sporza (VRT) et Sporza.be
– En direct dès 15h45 sur Eurosport Player et GCN Race Pass

Palmarès :
2012 Lizzie Armitstead (G-B)
2013 Kirsten Wild (P-B)
2014 Lauren Hall (USA)
2015 Floortje Mackaij (P-B)
2016 Chantal Blaak (P-B)
2017 Lotta Lepistö (Fin)
2018 Marta Bastianelli (Ita)
2019 Kirsten Wild (P-B)

La 82e édition masculine

Le parcours

En raison du Covid-19, l’organisatrice de Gand-Wevelgem a dû se tailler en deux pour faire rentrer le nouveau circuit de sa classique qui d’habitude traverse allègrement la frontière franco-belge. D’abord, le départ a été légèrement déplacé du côté d’Ypres, passant de la Grand-Place capable d’accueillir une foule de passionnés à la Porte de Menin, où l’étroitesse de la route empêchera tout public de se rassembler. Ensuite, le tracé a dû être revu pour éviter un passage en France, et garder l’ensemble du peloton sur territoire belge, sans autre formulaire de douane. Le peloton devra ainsi se lancer dans une première boucle de 50 bornes entre Ypres et Gullegem avant une boucle jusqu’à Furnes et une descente vers les collines de Heuvelland, où les choses sérieuses pourront débuter après plus de 130 kilomètres dans le vent.

Comme chez les femmes, le circuit se composera d’un enchaînement en une quinzaine de kilomètres du Scherpenberg, du Vidaigneberg, du Baneberg, du Monteberg et du final du Mont Kemmel, par son versant le moins corsé. Les coureurs redescendront ensuite vers les Plugstreets pour un triple passage qui permettra de faire la différence entre les chanceux et les autres, sur des chemins empierrés et piégeux. Les difficultés ne s’arrêtent pas : après un nouveau passage du Monteberg et du Mont Kemmel, via le Belvédère, le peloton masculin reprendra une petite boucle avec le Scherpenberg, le Vidaigneberg et le Baneberg, avant de grimper le Mont Kemmel par son versant le plus rude (600 mètres, dont les 200 derniers pavés, à plus de 12% de moyenne). Le mur risque de faire mal aux plus récalcitrants, et peut aider les attaquants explosifs, avant la descente technique et les 30 derniers kilomètres dans la plaine jusqu’à Wevelgem.

Les favoris

Longtemps considérée comme une classique idéale pour les sprinters, Gand-Wevelgem offre ces dernières années un profil plus compliqué, qui a tendance à éliminer les coureurs les plus rapides mais moins costauds du peloton. Il s’agit en effet d’avoir la meilleure pointe de vitesse, encore faut-il tenir plus de 200 kilomètres dans le vent, et franchir les quelques côtes pavées qui font monter le rythme cardiaque dans la zone rouge. Bonne nouvelle pour les coureurs : les passages transfrontaliers sont éliminés cette saison, permettant une course plus ramassée, sans grande chaussée pour laisser pénétrer le vent. Les sprinters ont donc plus de chance de tenir la distance, ou du moins de conserver des équipiers jusque dans les dernières lignes droites vers Wevelgem. Ainsi, il n’est pas étonnant de citer le vainqueur sortant Alexander Kristoff (UAE Team Emirates) comme favori de cette épreuve, moins rude sur le papier que l’an dernier, alors que ses rivaux du Tour de France ont également décidé de s’engager sur ces routes flandriennes, comme le champion d’Irlande Sam Bennett (Deceuninck-Quick Step), qui peut profiter du repos pris après le Tour pour enchaîner les succès de prestige, Pascal Ackermann (Bora-Hansgrohe), qui veut étoffer son palmarès sur les classiques, ou Caleb Ewan (Lotto-Soudal), qui sera l’atout numéro 1 de la Loterie Nationale belge, bien épaulé par l’ancien vainqueur de l’épreuve et encore deuxième l’an dernier, John Degenkolb.

Que les sprinters ne s’y trompent toutefois pas : il faudra se dépasser pour triompher sur cette première classique flandrienne de l’automne. Car les puncheurs ne manquent pas à l’appel. À commencer par le champion des Pays-Bas Mathieu van der Poel (Alpecin-Fenix), en grande forme depuis début septembre. Vainqueur du BinckBank Tour, sixième de Liège-Bastogne-Liège puis deuxième de la Flèche Brabançonne en une semaine, le coureur batave s’améliore au fil des classiques, et paraît donc à son pic pour cette campagne particulière de classiques. Il a en tout cas les armes pour briller sur de telles routes. Il fera notamment face à Wout van Aert (Jumbo-Visma), LE coureur du mois de cette deuxième partie de saison, qui avait décidé de prendre une pause après sa double médaille d’argent aux championnats du monde à Imola. Le coureur belge affirme être « fin prêt » pour cette semaine flandrienne, et a prouvé qu’il pouvait tant attaquer que gagner dans un sprint massif. Personne ne voudra de lui dans la roue…

Deuxième de l’ultime étape du BinckBank Tour à Grammont, Oliver Naesen (Ag2r-La Mondiale) a également confirmé voici une semaine sa grande condition malgré une frayeur au début du Tour du Bénélux, craignant pour son genou gauche. Finalement, l’ancien champion de Belgique a montré qu’il avait toujours l’explosivité, et peut profiter de cette saison particulière pour enfin lever les bras sur une classique flandrienne. Ce sera également le cas pour le Danois Mads Pedersen (Trek-Segafredo), en verve depuis le début du Tour de France, et désormais clair leader de sa formation après avoir joué les équipiers de luxe. Alors que le Suisse Stefan Küng (Groupama-FDJ) bénéficiera enfin d’un statut de leader au sein d’une jeune formation qui manque peut-être d’expérience sur ces routes. L’Italien Sonny Colbrelli (Bahrain-McLaren), en bonne place sur le BinckBank Tour (3e de la dernière étape) et sur la Flèche Brabançonne (4e), peut également jouer sa carte tant dans une échappée que dans un emballage massif, tout comme son compatriote Matteo Trentin (CCC), propulsé leader de sa formation suite au forfait de Greg Van Avermaet. Enfin, du côté d’EF Pro Cycling, on comptera sur les offensives de Sep Vanmarcke et d’Alberto Bettiol, tandis que Deceuninck-Quick Step peut aussi surprendre et jouer la carte offensive de Kasper Asgreen.

La météo

Le ciel sera très nuageux avec des averses probables en matinée puis hautement probables au fil de la course, les températures varieront entre 10 et 12°C, le vent soufflera d’ouest-nord-ouest à nord-ouest entre 15 et 20 km/h en matinée puis entre 20 et 35 km/h en fin de course.

Le profil de la 82e édition masculine de Gand-Wevelgem :

Sur demande de l’organisation, les amateurs de cyclisme sont invités à suivre Gand-Wevelgem en télévision et de ne pas venir sur le parcours de l’épreuve au vu de la crise du Covid-19. Pour cette raison, l’itinéraire-horaire précis n’est pas diffusé.

Le mode d’emploi de l’épreuve masculine :

Départ : dès 10h00 devant la Porte de Menin à Ypres

Distance : 233 kilomètres

Arrivée : vers 15h55 sur la Vanackerestraat à Wevelgem

Les difficultés du jour :
Secteur pavé 1 – Km 104 : Veurnestraat (800 mètres)
Côte 1 – Km 135 : Scherpenberg (600 m à 3,2% de moyenne)
Côte 2 – Km 139,7 : Vidaigneberg (800 m à 6,5%)
Côte 3 – Km 140,9 : Baneberg (300 m à 4,9%)
Côte 4 – Km 146,5 : Monteberg (1 000 m à 5,1%)
Côte 5 – Km 148,3 : Mont Kemmel (400 m à 7,7%)
Plugstreet 1 – Km 163,8 : Hill 63 (1 300 mètres)
Plugstreet 2 – Km 165,8 : Christmas Truce (1 400 mètres)
Plugstreet 3 – Km 167,4 : The Catacombs (600 mètres)
Côte 6 – Km 178,2 : Monteberg (1 000 m à 5,1%)
Côte 7 – Km 179,9 : Mont Kemmel (400 m à 7,7%)
Côte 8 – Km 187,3 : Scherpenberg (600 m à 3,2% de moyenne)
Côte 9 – Km 192,1 : Vidaigneberg (800 m à 6,5%)
Côte 10 – Km 193,3 : Baneberg (300 m à 4,9%)
Côte 11 – Km 198,4 : Mont Kemmel/Ossuaire (600 m à 12,1%)

Liste des partants : cliquez ici pour découvrir la liste des partants

Direct TV :
– En direct dès 13h35 sur La Une (RTBF) et RTBF Auvio
– En direct dès 9h30 puis 13h30 sur Één/Sporza (VRT) et Sporza.be
– En direct dès 13h30 sur Eurosport Player et GCN Race Pass

Palmarès :
2010 Bernhard Eisel (Aut)
2011 Tom Boonen (BEL)
2012 Tom Boonen (BEL)
2013 Peter Sagan (Svq)
2014 John Degenkolb (All)
2015 Luca Paolini (Ita)
2016 Peter Sagan (Svq)
2017 Greg Van Avermaet (BEL)
2018 Peter Sagan (Svq)
2019 Alexander Kristoff (Nor)

Couverture : Flanders Classics – Profils : La Flamme Rouge

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