Cyclisme féminin en Wallonie : une lueur d’espoir avec Dessart, Castrique et Vandenbroucke ?

Depuis que Ludivine Henrion a pendu son vélo au clou, le cyclisme féminin wallon fait grise mine mais le ciel semble s’éclaircir puisque trois coureuses du sud du pays possèdent une licence UCI au sein de l’ équipe Lotto-Soudal Ladies.

Alors que la saison 2019 touche doucement à sa fin, il nous a semblé bon de tirer un premier bilan.

Marie Dessart, l’amateure devenue pro

Marie Dessart (38 ans) a été championne du monde 35-40 ans de Gran Fondo en 2018 après avoir aussi bouclé quelques Ironman en triathlon. Elle a intégré l’équipe Lotto-Soudal Ladies et le top niveau du cyclisme sur route au printemps dernier. L’apprentissage ne s’est pas fait sans douleur car le Gran Fondo se présente différemment, les courses sont moins nerveuses, vu la distance, et l’écrémage se fait à l’usure par l’arrière. Plusieurs chutes et une fracture du poignet ont émaillé sa saison ; cela aurait pu la décourager mais il en faut plus pour l’abattre : « Je n’ai plus beaucoup d’années devant moi pour pouvoir faire mes preuves et je dois dire que rouler en peloton sur de petites routes sinueuses, passer les pavés, gérer le vent, les relances… ce n’est pas vraiment ma tasse de thé mais j’ambitionne de faire parler de moi sur des parcours plus vallonnés, moins nerveux ».

Hélas elle s’est présentée diminuée sur les classiques wallonnes et n’a pas été retenue pour le Giro Rosa, son principal objectif. Mais Marie Dessart est présélectionnée pour le prochain Tour de l’Ardèche, gageons que les étapes vers les monts d’Ardèche lui permettront de pouvoir exprimer tout son potentiel.

Cameron Vandenbroucke, l’ex-athlète

Cameron Vandenbroucke (20 ans) a quant à elle intégré l’équipe en cours de saison. Même si son nom fait référence dans le milieu cycliste, elle a plutôt un passé d’athlète. Elle fut vice-championne de Belgique cadette en cross-country et championne sur piste. Tout comme Marie Dessart, elle doit intégrer une multitude de paramètres en course avant de pouvoir faire parler d’elle : surmonter les chutes, maîtriser la technique et la tactique de course, le placement, la stratégie d’équipe et canaliser son énergie pour pouvoir anticiper ou réagir au moment opportun.

Jusqu’ici, elle a enchaîné les critériums et terminé deux courses professionnelles sur trois disputées (dont le championnat de Belgique sur route). Cameron Vandenbroucke est consciente de ses limites mais aussi de ses capacités et vu sa motivation, elle devrait nous réserver de belles surprises dans les années à venir. N’oublions pas qu’elle vient d’entrer dans la vingtaine.

Alana Castrique, l’espoir qui cartonne

Alana Castrique (20 ans) fait quant à elle figure de cheffe de file. Son passage par les catégories d’âge a fait d’elle une cycliste plus expérimentée qui semble par ailleurs avoir franchi un cap cette année. Davantage de maturité, de confiance en elle, de détermination lui ont permis de décrocher deux titres nationaux en U23 : sur route et contre-la-montre. Sa motivation et un entourage entièrement voué au cyclisme sont deux atouts qui devraient la conduire vers les sommets. Ses récents championnats d’Europe n’ont pas été à la hauteur de ses espérances mais c’est là une nouvelle étape dans son processus d’apprentissage : c’est en forgeant qu’on devient forgeron !

Voilà le haut du panier de notre cyclisme wallon ; croisons les doigts pour que nos jeunes pousses Lorie Martens, Elise Tahay, Justine Vromane, Camille Delestrait, Noa Selosse et toutes les autres finissent par leur emboîter le pas sur les traces de Ludivine Henrion et Marlène Wintgens pour nous réserver de bonnes surprises dans le futur.

La Fédération Cycliste Wallonie-Bruxelles ambitionne de redorer le blason de notre cyclisme féminin sous la houlette de Ludivine Henrion ; cette dernière en a les capacités, souhaitons qu’on lui en donne les moyens !

Roger Nicolas – Photo : Roger Nicolas/CyclismeRevue

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