Notre présentation complète de Paris-Nice : la course au soleil prend encore de la hauteur

La pluie et le vent risquent d’accompagner les coureurs en route vers le sud : Paris-Nice s’annonce en effet sous des conditions de Flandrien, malgré un parcours qui risque de favoriser les grimpeurs. L’arrivée inédite au sommet du col de Turini annonce en effet une bagarre entre spécialistes des pourcentages. Même le seul contre-la-montre individuel à affronter proposera quelques pentes pour bousculer les habitudes des rouleurs. Bref, les jambes vont souffrir durant cette première grande course par étapes de la saison.

Les moments-clés du parcours

Si le peloton devra évidemment être attentif aux bordures et aux chutes, sur des routes parfois étroites et rendant la nervosité omniprésente, les trois premières étapes de cette Course au soleil devraient sourire sans surprise aux sprinters. Certes, le final des 1re et 3e étapes offre une légère montée dans le final, mais rien de bien suffisant pour caler les ambitions des plus rapides du groupe. Les puncheurs devraient toutefois montrer le bout de leur guidon sur la quatrième étape avec quatre côtes répertoriées dans les 60 derniers kilomètres, et un final vallonné et sinueux à souhait, qui risque de faire plaisir aux habitués des attaques tardives. Une vingtaine de secondes d’avance au sommet de la côte de Chavanay, à une dizaine de kilomètres du but, pourraient suffire au futur vainqueur de cette étape digne d’une classique printanière.

Le lendemain, les favoris au classement général en découdront sur le seul contre-la-montre individuel de l’épreuve, soit 25,5 kilomètres autour de Barbentane. Ce chrono pour rouleurs promet tout de même de surprendre les spécialistes avec la montée vers l’abbaye de Saint-Michel de Frigolet à mi-étape, et un final en légère ascension, pour faire grimper l’acide lactique dans les derniers hectomètres. Les attaquants devraient ensuite trouver la sixième étape vers Brignoles à leur goût, avec trois ascensions dans les 60 derniers kilomètres, mais la descente finale sur Brignoles favorise la formation d’un peloton pour un sprint massif. Et les grimpeurs attendront, eux, le lendemain, et la septième étape. Depuis Nice, le peloton va en effet découvrir pour la première fois le col de Turini, célèbre pour les passages du rallye de Monte-Carlo ou le centre d’entraînement de l’AS Monaco. Cette fois, l’ascension sera entièrement réservée aux cyclistes, après une course déjà intense, ponctuée d’une dizaine d’ascensions répertoriées ou non. La montée finale risque de donner le futur vainqueur de Paris-Nice avec ses 14,9 km à 7,3% de moyenne, et surtout un profil très irrégulier, avec des passages à près de 12% tout au long du col.

La huitième et dernière étape consiste en un habituel circuit autour de Nice, avec le même final que l’an dernier, soit un enchaînement de la finale du col d’Éze, suivie de la côte des Quatre Chemins, une ascension irrégulière mais loin d’être complexe, avec une descente rapide vers le centre de la cité niçoise. C’est sur ce final que Marc Soler avait construit sa victoire au classement général l’an dernier, et un fin tacticien pourrait encore surprendre les meilleurs grimpeurs de la veille, s’il triomphe toutefois de la pluie et du vent annoncés tout au long de la semaine (cfr. La météo).

Les favoris

L’équipe Movistar apparaît sur les routes de Paris-Nice comme l’une des mieux armées pour triompher une seconde année consécutive sur la Côte d’Azur. Marc Soler, vainqueur l’an dernier après avoir trouvé la faille sur la dernière étape, est annoncé comme le leader d’une formation espagnole qui comptera également sur deux grimpeurs sud-américains au talent certain, Nairo Quintana (déjà vainqueur d’étape sur le Tour de Colombie) et Richard Carapaz. Le vainqueur du Tour d’Italie 2014 et quatrième du dernier Giro pourraient également jouer leur chance si leur N.1 espagnol ne peut suivre le rythme sur le col de Turini, mais sur une semaine, Soler semble bien capable de jouer le rôle de leader. Du moins s’il a bien récupéré du Tour de Colombie sur lequel il avait alors pris la place d’équipier. Car en face, d’autres équipes ramènent l’artillerie lourde sur les routes françaises. Notamment le Team Sky qui propose sur la liste des partants l’ancien champion du monde Michal Kwiatkowski, deuxième de sa seule participation à Paris-Nice en 2015 et vainqueur de Tirreno-Adriatico l’an dernier. Le Polonais a récemment terminé 10e de l’UAE Tour et aura des routes plus à sa convenance sur cette Course au soleil. À moins qu’il décide de tout donner pour l’autre leader en puissance de l’équipe britannique, le Colombien Egan Bernal, qui prépare pour sa part son premier Tour d’Italie, en mai prochain. Le coureur de 22 ans, quatrième du dernier Tour de Colombie, risque donc de ne pas trop se brusquer sur sa première course européenne de la saison.

Les Colombiens seront d’ailleurs en force. Miguel Angel Lopez (Astana), vainqueur du Tour de Colombie justement, arrive en Europe avec une ambition claire, et un moral boosté par les résultats de son équipe, qui a déjà engrangé 15 succès depuis le début de la saison, soit le meilleur total jamais réalisé à cette date par le groupe kazakh. Rigoberto Uran (EF Education First), également de retour en Europe, sera aussi attendu sur les cols les plus rudes de ce Paris-Nice, tout comme Sergio Luis Henao (UAE Team Emirates), discret sur le dernier Tour de Colombie qu’il a terminé à la 8e place. Et enfin, il reste l’énigme Esteban Chaves (Mitchelton-Scott), de retour après une fin d’année 2018 bousculée par un virus. De retour cette saison, il est jusqu’ici resté dans le peloton sans broncher et risque plutôt de jouer la carte de son équipier anglais Simon Yates, vainqueur d’étape sur le Tour d’Andalousie après un véritable numéro en solo sur les cols espagnols. Alors que le Français Romain Bardet (Ag2r-La Mondiale) sera évidemment scruté par ses compatriotes sur cette première grande course par étapes de la saison, face aux autres grimpeurs annoncés, tels George Bennett (Jumbo-Visma), Fabio Arù (UAE Team Emirates), Wilco Kelderman (Sunweb) ou encore… Bob Jungels (Deceuninck-Quick Step), récent vainqueur de Kuurne-Bruxelles-Kuurne.

Du côté des sprinters également, le plateau confirme que le printemps s’annonce en grande pompe. L’Australien Caleb Ewan (Lotto-Soudal), vainqueur d’étape surprise sur le barrage d’Hatta au Tour des Émirats Arabes Unis, l’Irlandais Sam Bennett (Bora-Hansgrohe), vainqueur d’étape sur cette même course deux jours plus tard, Matteo Trentin (Mitchelton-Scott), double vainqueur d’étape sur le Tour d’Andalousie, et Sonny Colbrelli (Bahrain-Merida), vainqueur d’étape au Tour d’Oman, sont les hommes en forme à surveiller sur les étapes de plaine. Les vétérans du sprint que sont André Greipel (Arkéa-Samsic) et Mark Cavendish (Dimension Data) pourraient également mener les emballages massifs attendus cette semaine. Sans oublier le Français Arnaud Démare (Groupama-FDJ) et Fabio Jakobsen (Deceuninck-Quick Step), remis des maladies qui les ont empêchés de participer au week-end d’ouverture des classiques belges, la semaine dernière.

La météo

Le temps sera particulièrement nuageux et menaçant au-dessus des coureurs, dès la première étape à Saint-Germain-en-Laye, avec un risque d’averses durant la journée et des rafales d’est soufflant jusqu’à 60 km/h. Le risque d’averses sera moins important sur les 2e et 3e étapes mais le vent sera toujours intense, entre 15 et 35 km/h selon les régions. La pluie reviendra en force dès la 4e étape, avec de nouvelles rafales jusqu’à 60 km/h. Le vent soufflera encore fort sur la 5e étape, malgré le retour des éclaircies. Avant l’annonce de nouvelles averses et d’un vent d’est fort sur les dernières étapes sur la côte d’Azur.

Le mode d’emploi de la 77e édition de Paris-Nice :

Dates : du dimanche 10 mars au dimanche 17 mars 2019

Distance : 1207 km dont 25,5 km en contre-la-montre individuel

Liste des partants : cliquez ici pour découvrir la liste des partants

Palmarès :
2009 Luis Leon Sanchez (Esp)
2010 Alejandro Valverde (Esp) Alberto Contador (Esp)
2011 Tony Martin (All)
2012 Bradley Wiggins (G-B)
2013 Richie Porte (Aus)
2014 Carlos Betancur (Col)
2015 Richie Porte (Aus)
2016 Geraint Thomas (G-B)
2017 Sergio Luis Henao (Col)
2018 Marc Soler (Esp)

Télévision :
– En direct de dimanche à dimanche sur la RTBF : dès 13h35 sur La Une pour la 1re étape, dès 15h15 sur La Deux de la 2e à la 6e étape, dès 15h20 sur La Une pour les 7e et 8e étapes.
– En direct de dimanche à dimanche sur France 3 : dès 13h35 pour la 1re étape, dès 15h20 de la 2e à la 6e étape, dès 15h15 pour les 7e et 8e étapes.
– En direct de dimanche à dimanche sur Eurosport 2 : dès 13h15 pour la 1re étape, dès 14h45 de la 2e à la 6e étape, dès 15h00 pour la 7e étape, dès 16h05 pour la 8e étape.
– En direct de dimanche à dimanche sur Één/Sporza (VRT) : dès 13h30 pour la 1re étape, dès 15h15 de la 2e à la 6e étape, dès 15h20 pour les 7e et 8e étapes.

La carte générale de la 77e édition de Paris-Nice :

Les cartes et profils de la 77e édition de Paris-Nice :

1re étape – Dimanche 10 mars 2019 : Saint-Germain-en-Laye > Saint-Germain-en-Laye (138,5 km)

Les difficultés du jour :
Km 20,5 – 3e cat. : Côte de Beynes (1,2 km à 5,2% de moyenne)
Km 112 – 3e cat. : Côte de Beule (2,8 km à 5,2%)

2e étape – Lundi 11 mars 2019 : Les Bréviaires > Bellegarde (163,5 km)

Les difficultés du jour :
Km 26,5 – 3e cat. : Côte de Senlisse (1,1 km à 5,5% de moyenne)
Km 54,5 – 3e cat. : Côte des Granges-le-Roi (1,5 km à 3,5%)

3e étape – Mardi 12 mars 2019 : Cepoy > Moulins/Yzeure (200 km)

4e étape – Mercredi 13 mars 2019 : Vichy > Pélussin (212 km)

Les difficultés du jour :
Km 18,5 – 3e cat. : Côte de Cheval-Rigon (5,7 km à 3,9% de moyenne)
Km 152,5 – 2e cat. : Côte de Trèves (3 km à 5,2%)
Km 168,5 – 1re cat. : Côte de Condrieu (1,9 km à 8,5%)
Km 183 – 2e cat. : Côte de Saint-Michel-sur-Rhône (3 km à 6,6%)
Km 201,5 – 2e cat. : Côte de Chavanay (3,1 km à 4,9%)

5e étape – Jeudi 14 mars 2019 : Barbentane > Barbentane (CLM indivuduel, 25,5 km)

6e étape – Vendredi 15 mars 2019 : Peynier > Brignoles (176,5 km)

Les difficultés du jour :
Km 114 – 2e cat. : Côte de la Sainte-Baume (5 km à 5% de moyenne)
Km 131 – 3e cat. : Côte de Mazaugues (1,3 km à 6,3%)
Km 159 – 2e cat. : Côte de Sainte-Philomène (8 km à 3,5%)

7e étape – Samedi 16 mars 2019 : Nice > Col de Turini/La Bollène-Vésubie (181,5 km)

Les difficultés du jour :
Km 10,5 – 2e cat. : Côte de Gattières (4,5 km à 4,8% de moyenne)
Km 47,5 – 2e cat. : Côte de Gourdon (7,7 km à 4,2%)
Km 70 – 2e cat. : Côte de Coursegoules (7,8 km à 5%)
Km 126 – 3e cat. : Côte de Gillette (2 km à 5,6%)
Km 160,5 – 1re cat. : Côte de Pelasque (5,7 km à 6,2%)
Km 181,5 – 1re cat. : Col de Turini (14,9 km à 7,3%)

8e étape – Dimanche 17 mars 2019 : Nice > Nice (110 km)

Les difficultés du jour :
Km 20,5 – 2e cat. : Côte de Levens (6,2 km à 5,6% de moyenne)
Km 36,5 – 2e cat. : Côte de Châteauneuf (5,3 km à 4,3%)
Km 51 – 2e cat. : Col de Calaïson (6,3 km à 4,5%)
Km 67,5 – 1re cat. : Côte de Peille (6,6 km à 6,8%)
Km 83,5 – 1re cat. : Col d’Éze (1,6 km à 8,1%)
Km 101 – 2e cat. : Col des Quatre Chemins (5,5 km à 5,5%)

Graphiques : ASO/Georoute

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