Kevin Pauwels prend sa retraite : les cinq faits d’armes du champion belge de cyclo-cross

En deçà de ses meilleures performances depuis deux saisons, Kevin Pauwels (Marlux-Bingoal) a annoncé sa décision de prendre sa retraite sportive au terme de cet hiver, à l’âge de 34 ans. Le coureur belge, double vainqueur de la Coupe du monde et cinq fois sur le podium du championnat du monde, a enchaîné les résultats de prestige en 13 saisons, malgré une personnalité d’introverti et une carrière passée derrière les grands champions que furent Sven Nys, Niels Albert, Zdenek Stybar, Lars Boom et enfin Wout van Aert et Mathieu van der Poel.

En interview, il n’était pas le plus causant. Souvent caché derrière des réponses très courtes, Kevin Pauwels est loin d’être le cyclocrossman le plus charismatique du peloton. Loin des grandes envolées de Bart Wellens ou du comportement joueur de Zdenek Stybar, le coureur anversois a toujours préféré assurer ses exploits sportifs sans trop de bruit. Car lors de la majeure partie de sa carrière, Pauwels a été l’un des spécialistes des labourés les plus réguliers de cette dernière décennie. Depuis ses titres de champions du monde junior et espoir en 2002 et 2004 jusqu’à sa dernière saison hivernale, le coureur belge a toujours été aux avant-postes d’un challenge particulier ou d’un championnat national, continental ou mondial. Retour sur les grands faits d’armes de ce cyclocrossman atypique, souvent bloqué par les grandes stars du sport hivernal ces dernières saisons.

2009 – Sa première victoire en Coupe du monde à Heusden-Zolder

Champion du monde junior 2002 et champion du monde espoir en 2004, Kevin Pauwels passe professionnel chez Fidea, la grande écurie belge du cyclo-cross, en 2006. Il enchaîne les Top 10 sur les principales épreuves de l’hiver avant de déjà faire forte impression à 23 ans dès son premier Mondial chez les pros, en 2007 à Hooglede-Gits, lors d’une course remportée par Erwin Vervecken. Il lui faudra toutefois patienter un an avant de retrouver les avant-postes plus régulièrement. Et décrocher son premier succès pro, sur le circuit particulièrement technique et boueux d’Overijse. Avant, un an plus tard, de détrôner le champion du monde Niels Albert et le champion de Belgique Sven Nys, après un long solo sur le circuit de Heusden-Zolder, soit sa première victoire en Coupe du monde. L’Anversois connaissait bien le parcours : c’est là qu’il a remporté son titre de champion du monde chez les juniors.

2012 – Sa première victoire finale en Coupe du monde

S’il a encore gagné en Coupe du monde à Pontchâteau lors de la saison 2010-2011 et terminé deuxième du classement général dominé par Niels Albert, vainqueur de trois manches, Kevin Pauwels a surtout pris de la hauteur l’hiver suivant. En 2011-2012, sous les couleurs de l’équipe de Jurgen Mettepenningen, qu’il ne quittera plus jusqu’à la fin de sa carrière, Pauwels va livrer un beau duel avec Sven Nys en Coupe du monde. Le champion belge va s’offrir trois manches, alors que Pauwels va s’imposer à Tabor, Igorre, Heusden-Zolder et Hoogerheide, le plus important pour terminer devant Nys au classement général final. La même année, Pauwels s’offre également la victoire finale au Trophée Gazet van Antwerpen grâce à ses victoires sur le Koppenberg, à Renaix et à Hasselt, et termine 2e du Superprestige et 3e du championnat du monde.

2015 – Sa deuxième victoire finale en Coupe du monde

Encore deuxième de la Coupe du monde en 2012-2013 après ses victoires à Tabor, Namur et Rome, Kevin Pauwels connaît une saison plus compliquée par la suite malgré une nouvelle médaille de bronze au Mondial à Coxyde. C’est toutefois pour mieux revenir en verve en 2014-2015. Toujours régulier, l’Anversois s’offre les manches boueuses de Milton Keynes et Namur, alors que Mathieu van der Poel et Wout van Aert remportent leur première manche de Coupe du monde chacun. Cette régularité sur les podiums permet à Pauwels de glaner une deuxième victoire finale en Coupe du monde. En prime, il s’offre des victoires en Superprestige à Zonhoven, Francorchamps et Middelkerke, sur des épreuves réputées comme techniques et exigeantes.

2017 – Troisième du Mondial derrière Van Aert et Van der Poel

S’il gagne moins que par le passé, Kevin Pauwels n’en reste pas moins un coureur capable de se placer sur un podium lors de la saison 2016-2017. Il ne se laisse pas faire malgré la domination de Wout van Aert et Mathieu van der Poel et termine encore deuxième du championnat de Belgique puis deuxième de la Coupe du monde. Il se permet même de terminer troisième du championnat du monde à Belvaux, au Luxembourg. Une dernière consécration internationale pour le coureur qui va ensuite connaître des petites blessures et des courses plus éreintantes.

2019 – Sa dernière victoire à Zonnebeke

Plus en retrait, Kevin Pauwels a profité de cette saison 2018-2019 pour réaliser deux derniers coups d’éclat. Il s’impose en solo à Hasselt en décembre, en l’absence des habituels favoris, avant de devancer le futur champion du monde espoir Tom Pidcock sur le cyclo-cross de Zonhoven, son dernier succès professionnel. Il reste évidemment les cyclo-cross de Hulst, Louvain et Oostmalle pour briller, mais Pauwels l’a déjà annoncé : il n’ira pas plus loin. « Je n’ai plus les mêmes moyens, que ce soit lors des entraînements ou même lors des courses », avoue le sociétaire de Marlux-Bingoal. « C’est amusant quand tout va bien mais pas quand cela se passe comme ces dernières semaines. (…) J’ai connu trop peu d’autres grandes performances au-delà des deux victoires acquises cette saison. En tout cas, j’avais en tête depuis le début de la saison que cela serait peut-être mon dernier hiver ». Kevin Pauwels restera en tout cas dans les esprits comme l’un des plus talentueux cyclocrossmen belges de ce début de siècle.

Photo : Grégory Ienco/CyclismeRevue

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