Mondiaux de cyclisme sur route : notre présentation complète de la course messieurs

Une course de grimpeurs à Innsbruck ? Les pronostics s’annoncent depuis plus d’un an en faveur des spécialistes des longs cols. Mais un championnat du monde reste une course particulière, entre des tactiques souvent attentistes et des leaders qui préfèrent attendre le dernier moment pour claquer leurs cartouches. Certaines nations sont donc attendues pour bouleverser l’ordre établi et mener la course à l’arc-en-ciel.

Ce championnat du monde dessiné à Innsbruck, dans le Tyrol autrichien, annonce depuis un an une course intense dans une montagne qui profite d’habitude aux skieurs. La descente sera certes importante sur cette course au maillot irisé, mais ce sont bien les montées d’Igls et de Gramartboden qui devraient décider du futur porteur de cette tunique. Le tracé est l’un des plus difficiles de ces dernières années avec plus de 4850 mètres de dénivelé positif en moins de 260 kilomètres de course. Un col de 8 kilomètres à affronter à sept reprises, et une ascension finale unique de 2,8 km à 11,5% (!) de moyenne, voici qui devrait permettre aux grimpeurs les plus farouches du peloton de mener la course jusqu’au bout. Le parcours de ce Mondial ressemblerait presque à celui de Mendrisio, remporté en 2009 par Cadel Evans. Mais l’Australien devait faire face à des pourcentages moins importants dans la cité suisse. Cette fois, ce sont bien les pentes abruptes qui risquent de frapper les esprits et les cuisses.

Contrairement aux premières courses en ligne de ces championnats du monde, la course masculine devrait se jouer dans cette fameuse dernière montée, le « Höll », avec ses passages à 20%, à moins de huit kilomètres du but. Un véritable mur qui va profiter aux puncheurs habitués à ce type de montée sèche. Les favoris ne se bousculent pas forcément au portillon lorsqu’on décrit ce type de final, mais certains se détachent. Comme le Français Julian Alaphilippe. Repris dans le dernier kilomètre à Bergen l’an dernier, le leader de la Quick Step a cette fois un terrain bien plus à sa mesure pour décrocher la médaille d’or. Leader annoncé d’une équipe qui comptera également sur Thibaut Pinot et Romain Bardet pour faire bouger les lignes avant le dernier tour, Alaphilippe tient en plus une belle condition après ses succès sur le Tour de Grande-Bretagne et le Tour de Slovaquie. Il devra toutefois faire face à une armada espagnole qui comptera en Alejandro Valverde son représentant le plus vigoureux. Le vétéran ibère a montré toute sa vigueur sur le Tour d’Espagne, qu’il a terminé à la cinquième place. Certes épuisé en fin de course, Valverde reste LE spécialiste des courses d’un jour mais n’a pas encore pu profiter d’un titre mondial après six podiums… Il a cette fois un parcours parfait pour ses qualités et une équipe prête à le mener à la médaille d’or, notamment avec Enric Mas, surprenant deuxième de la Vuelta, en outsider.

L’équipe italienne sera également attendue sur ces routes pour mener les relais dans les faubourgs d’Innsbruck. La formation pourra en plus compter sur deux leaders de talent : Vincenzo Nibali, habitué des championnats du monde même s’il n’a pu encore remporter le maillot arc-en-ciel, et Gianni Moscon, revenu il y a deux semaines de suspension et vainqueur de la Coppa Agostoni et du Tour de Toscane durant la tournée italienne pré-Mondial. Dans de telles conditions, la Squadra Azzura devrait mener les débats tant en montée, qu’en descente. À moins que les Britanniques prennent les commandes, avec les frères Adam et Simon Yates en leaders de la sélection. Simon peut faire la différence dans la dernière montée de ce Mondial alors qu’Adam peut tenter une sortie en amont pour pousser les autres nations au travail. Le Polonais Michal Kwiatkowski, le Slovène Primoz Roglic ou encore le Néerlandais Tom Dumoulin, seront également attendus au tournant avec des coéquipiers capables également de mener les débats en montagne comme Rafal Majka, Matej Mohoric ou Wout Poels.

Et côté belge ? Dylan Teuns semble être l’une des meilleures chances de la sélection de Kevin De Weert vu ses qualités de grimpeur et sa capacité à faire mal à ses rivaux sur les hauts pourcentages. Sur le Tour d’Espagne, le coureur de la BMC a enchaîné les places d’honneur en altitude, mais sans toucher à la victoire. C’est en effet sur le plan tactique que le jeune coureur de la BMC semble pécher. Il devra donc cette fois jouer plus juste dans le final, sans trop faire d’effort intense inutilement en tête de peloton. Tim Wellens devrait également être un leader potentiel sur ces routes, certes difficiles, mais qu’il apprécie. Il jouera très certainement l’éclaireur dans les derniers kilomètres. Quant à Tiesj Benoot, également habitué aux murs, l’incertitude règne quant à son état de forme depuis une Vuelta sur laquelle il n’a jamais trouvé le rythme. Il reste à espérer qu’il a retrouvé la condition à force d’entraînements d’ici ce championnat du monde.

Le mode d’emploi de la course messieurs des championnats du monde de cyclisme sur route :

Départ : 9h51 à Kufstein

Arrivée : vers 16h45 à Innsbruck

Distance : 258,5 kilomètres

Partants : cliquez ici pour voir la liste des partants.

Palmarès :
2008 Alessandro Ballan (Ita)
2009 Cadel Evans (Aus)
2010 Thor Hushovd (Nor)
2011 Mark Cavendish (G-B)
2012 Philippe Gilbert (BEL)
2013 Rui Costa (Por)
2014 Michal Kwiatkowski (Pol)
2015 Peter Sagan (Svq)
2016 Peter Sagan (Svq)
2017 Peter Sagan (Svq)

Télévision :
– dès 9h40 sur La Deux puis dès 13h40 sur La Une (RTBF), avec Rodrigo Beenkens et John Lelangue aux commentaires.
– dès 10h30 sur Eurosport, avec Guillaume Di Grazia, Jacky Durand et Philippe Gilbert aux commentaires.
– dès 09h00 sur Één puis dès 10h00 sur Canvas puis dès 13h30 sur Één/Sporza (VRT), avec Michel Wuyts et José De Cauwer aux commentaires.
– dès 13h35 sur France 3 avec Alexandre Pasteur, Laurent Jalabert et Marion Rousse aux commentaires.

Météo : entre 18 et 22°C, légèrement nuageux avec éclaircies, vent d’est à nord soufflant entre 10 et 30 km/h.

Carte et profil :

Graphiques : Innsbruck-Tyrol 2018 – Photos : ASO/Alex Broadway – ASO/Unipublic/Gomez Sport

Grégory Ienco

Journaliste - Belge - 28 ans. Ancien responsable des sports sur les sites du groupe de quotidiens belges Sudpresse et du quotidien belge Le Soir, journaliste sportif depuis 2009 et responsable adjoint de CyclismeRevue depuis sa création en 2006.

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