Championnats du monde de paracyclisme : trois médailles, dont deux titres, pour la Belgique

Les championnats du monde de paracyclisme sur route se déroulaient ce week-end à Maniago. Sur un parcours vallonné particulièrement corsé, la sélection belge est revenue d’Italie avec trois médailles, dont deux d’or, une première depuis 2011. Une belle moisson, donc !

Les Mondiaux de paracyclisme, disputés le week-end dernier à Maniago, ont souri aux Belges. Plutôt habitués aux places d’honneur ces dernières années, sans pouvoir toucher au podium depuis 2011 et le titre mondial de Kris Bosmans en C3, les hommes et femmes du comité paralympique belge ont cette fois enchaîné les performances de choix. Cela avait commencé le vendredi avec le tandem composé de Griet Hoet et Anneleen Monsieur (déficience visuelle et sa guide) qui terminait quatrième du contre-la-montre à seulement 15 secondes d’une médaille. « L’année dernière aux Mondiaux en Afrique du Sud, nous avions aussi pris la quatrième place« , expliquait Griet Hoet à l’arrivée. Et plus tard dans la journée, Ewoud Vromant (amputation, C2) terminait cinquième du contre-la-montre de sa catégorie, à seulement 13 secondes du podium. « C’était le minimum… Mais j’espérais plus« , avouait-il pour sa part, confirmant les vraies ambitions noire-jaune-rouges sur ces courses au maillot arc-en-ciel.

Le lendemain, Jean-François Deberg, actif en handbike (C3), s’offrait le titre mondial sur la course en ligne longue de 68 kilomètres. Soit le premier maillot arc-en-ciel pour la Belgique depuis 2011 ! « C’est une énorme surprise, je ne réalise toujours pas. Les premiers tours ont été très rapides. Je suis parti assez vite histoire d’écrémer un maximum », explique le sportif de 36 ans, déjà médaillé de bronze aux Jeux paralympiques de Rio en 2016. « J’avais l’ambition d’être champion du monde, je l’avais déjà dit l’année passée lors d’une interview… Je savais que j’avais le potentiel. C’est maintenant chose faite. (…) Je vais maintenant avoir l’honneur de porter ce beau maillot de champion du monde pendant un an ». Le coureur originaire de Baelen pourra ainsi même porter le tricot irisé la saison prochaine lorsque la Coupe du monde de paracyclisme repassera par Ostende.

Et dimanche, ce sont cette fois Kris Bosmans (C3) et Louis Clincke (C4) qui se mettaient en évidence à Maniago. Kris Bosmans, champion du monde en 2011 et vice-champion paralympique en 2016, retrouvait le plaisir de l’arc-en-ciel au terme d’une course difficile face à l’Italien Fabio Anobile, qui s’est conclue dans le dernier virage par le débordement du coureur belge. « À 500m de l’arrivée, Anobile a pris les devants, avec moi dans sa roue. Il a craqué et j’ai pris la tête », explique le champion du monde de 38 ans. Le coureur d’Overijse continue ainsi à remplir son palmarès avec les Jeux paralympiques de 2020, à Tokyo, en vue. De même pour Louis Clincke, qui a pris la médaille de bronze lors de la course en ligne en catégorie C4 pour son premier championnat du monde. Dans le sprint final, le jeune cycliste de Lembeke a débordé ses rivaux pour accrocher la troisième place. « J’étais très nerveux. J’ai senti lors du dernier kilomètre qu’il me restait du jus », explique celui qui a connu un grave accident et une lourde revalidation voici cinq ans avant d’arriver dans le monde du paracyclisme. « Tu veux reprendre ta vie en main après ton traumatisme, prouver que tu peux encore faire quelque chose. Ici nous respectons les uns les autres entre concurrents, et faisons ce que nous aimons ». Une vraie preuve de courage, qui confirme la nécessité de promouvoir ces épreuves paralympiques.

Photo : Belgium Paralympics

Grégory Ienco

Journaliste - Belge - 28 ans. Ancien responsable des sports sur les sites du groupe de quotidiens belges Sudpresse et du quotidien belge Le Soir, journaliste sportif depuis 2009 et responsable adjoint de CyclismeRevue depuis sa création en 2006.

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