Tour de Wallonie 2018 : notre présentation complète d’une course rêvée pour les puncheurs

Le Tour de Wallonie se présente cette année avec un tracé pour les puncheurs et une participation intéressante à l’aube de la dernière partie de saison. Comme chaque année, l’épreuve wallonne confirme son envie d’être une alternative sérieuse au Tour de France, à l’aube des derniers grands rendez-vous de l’année.

Les moments-clés

La première étape de ce Tour de Wallonie sourira d’abord aux sprinters, vu le profil particulièrement plat présenté dans le Hainaut. Entre La Louvière et Les Bons Villers, aucune grande difficulté ne sera vraiment présente pour bousculer les coureurs les plus rapides du peloton et seul le faux-plat montant dans le dernier kilomètre pourrait mettre à mal les ambitions de coureurs peu habitués aux grands plateaux.

La deuxième étape donnera déjà le ton général de ce Tour de Wallonie avec un circuit final autour de Namur qui risque de mener déjà un grand chamboulement dans le classement général. Les habitués du Grand Prix de Wallonie y retrouveront des routes familières, avec les habituelles côtes de la vallée mosane à affronter avant la montée vers la Citadelle de Namur, une des plus belles ascensions du sud du pays. Toutefois, les coureurs ne devront pas grimper une mais deux fois le point culminant de la capitale wallonne, avant de redescendre vers le centre-ville où la ligne d’arrivée est tracée au terme d’une descente sinueuse. Le final se veut donc technique et il faudra donc compter une bonne quinzaine de secondes d’avance au sommet de la Citadelle pour croire au succès d’étape.

La troisième étape sera également taillée pour les habitués des fortes pentes avec un final très ardu entre Chimay et La Roche-en-Ardenne. Même si les côtes ne seront pas légion en début de journée, le terrain sera très vallonné et ne proposera que de très rares passages sur le plat. De quoi bien chauffer les cuisses avant le final et ses deux côtes en moins de trente kilomètres autour de La Roche. Si la côte de Samrée fera office de mini-col (six kilomètres de montée en Belgique, c’est rare), ce sera surtout la côte de Pied Monté et ses passages à 12% qui pourront aider les puncheurs à faire la différence avant la descente rapide sur les pentes de la côte de La Roche-en-Ardenne, d’habitude empruntée dans l’autre sens lors de Liège-Bastogne-Liège.

La quatrième étape sera l’étape ardennaise de ce Tour de Wallonie. Comme la veille, le peloton ne sera jamais tranquille sur ces toboggans de la province de Liège. Les premiers kilomètres se feront sur les hauteurs, avant le retour dans la vallée mosane qui va permettre aux coureurs les plus explosifs de se faire les dents sur les quelques côtes menant vers Herstal. Attention notamment à la côte de la Vieille Voie et ses passages à 15%, et la côte de Vivegnis (jusqu’à 10%) qui risquent de faire la différence dans les 15 derniers kilomètres.

La cinquième et dernière étape entre Huy et Waremme sera par contre plus aisée pour les sprinters malgré les quelques difficultés que les amateurs de la Flèche Wallonne connaissent bien comme la côte d’Ereffe et le Mur d’Amay. La journée se conclura en effet dans les plateaux de Hesbaye, où le vent pourrait jouer un rôle s’il se veut plus virulent. Le circuit final ne propose en tout cas pas de grande difficulté mais si un emballage massif se confirme à Waremme, le peloton devra surtout faire attention au dernier virage dangereux situé à moins de 500 mètres de la ligne.

Les favoris

Si les sprinters ont deux chances de trouver la victoire sur ce Tour de Wallonie, ce sont surtout les coureurs explosifs et réputés bons grimpeurs qui sont attendus pour la lutte au classement général. La star de l’épreuve sera d’ailleurs un spécialiste des cols qui aurait très bien pu jouer le maillot jaune sur le Tour de France s’il n’avait pas connu des pépins de santé après le Tour d’Italie : Fabio Arù (UAE Team Emirates). Le coureur sarde reprendra seulement la compétition après deux mois sur le flanc en raison d’une difficulté à retrouver la plénitude de ses moyens depuis le Giro. Arù sera donc attendu pour ce retour en course, surtout au vu des profils présentés durant cette semaine. Mais s’il ne se sent pas encore au mieux, préservant ses chances pour le Tour d’Espagne et les championnats du monde, le grimpeur italien pourrait céder le relais à son équipier Przemyslaw Niemiec, plus habitué aux cols longs et usants.

Derrière, les équipes belges seront évidemment attendues aux avant-postes pour briller sur leurs terres. Du côté de Lotto-Soudal, l’équipe présente de sacrés atouts pour briller dans le sud du pays. Maxime Monfort et Jelle Wallays sont autant d’éléments qui savent grimper, mais le véritable leader devrait être Tim Wellens, brillant dès que les pentes se font plus abruptes. Si les fortes chaleurs s’éteignent au fil des jours, le coureur limbourgeois risque de se placer en tête sur les côtes prévues. Alors que chez Quick Step, la pression risque de retomber sur les épaules du jeune Français Rémi Cavagna, qui avait failli remporter le Tour de Belgique l’an dernier, et qui compte en ses rangs des équipiers particulièrement jeunes mais motivés pour progresser sous le signe du Wolfpack.

Toujours au sein des équipes noires-jaunes-rogues, le Luxembourgeois Alex Kirsch (WB Veranclassic Aqua Protect) est également attendu sur ces routes qu’il apprécie particulièrement. Après être passé non loin de la victoire sur son tour national, il aura certainement à cœur de faire briller les couleurs de l’équipe locale sur ces routes wallonnes. Alors que du côté de Wanty-Groupe Gobert, on pourrait tenter sa chance avec Xandro Meurisse, un coureur complet qui aime tant se lancer dans un sprint en petit comité que dans un coup pour puncheurs. Le Français Hugo Hofstetter (Cofidis) pourrait pour sa part surprendre vu sa pointe de vitesse et sa capacité à tenir la distance sur les courtes côtes. De même que Jonathan Hivert (Direct Énergie), attendu sur ce type de parcours usant.

La météo

Le temps sera principalement ensoleillé même si des nuages risquent d’amener des averses et des orages locaux lors de la première étape (samedi). Les nuages seront aussi plus nombreux lundi et mardi. Les températures resteront chaudes entre 25 et 27°C jusque dimanche, puis autour de 25°C de lundi à mercredi. Les rafales de vent seront plus fortes, venant du sud-ouest, dimanche et lundi.

Le mode d’emploi de la 45e édition du Tour de Wallonie (2.HC) :

Dates : du samedi 28 juillet au mercredi 1er août 2018.

Distance : 878,7 kilomètres, sur cinq étapes en ligne.

Liste des partants : cliquez ici pour découvrir la liste des partants.

Télévision :
– les deux dernières étapes en direct sur La Une (RTBF), mardi et mercredi à 15h15.
– les deux dernières étapes en direct sur Eurosport, mardi et mercredi à 15h15.

Palmarès :
2008 Sergueï Ivanov (Rus)
2009 Julien El Farès (Fra)
2010 Russell Downing (G-B)
2011 Greg Van Avermaet (BEL)
2012 Giacomo Nizzolo (Ita)
2013 Greg Van Avermaet (BEL)
2014 Gianni Meersman (BEL)
2015 Niki Terpstra (P-B)
2016 Dries Devenyns (BEL)
2017 Dylan Teuns (BEL)

Les cartes, profils et horaires des étapes de la 45e édition du Tour de Wallonie :

1re étape – Samedi 28 juillet 2018 : La Louvière > Les Bons Villers (193,4 km)

> Cliquez ici pour découvrir l’itinéraire-horaire de la caravane publicitaire et du peloton sur la 1re étape.

2e étape – Dimanche 29 juillet 2018 : Villers-la-Ville > Namur (167,2 km)

> Cliquez ici pour découvrir l’itinéraire-horaire de la caravane publicitaire et du peloton sur la 2e étape.

3e étape – Lundi 30 juillet 2018 : Chimay > La Roche-en-Ardenne (169,2 km)

> Cliquez ici pour découvrir l’itinéraire-horaire de la caravane publicitaire et du peloton sur la 3e étape.

4e étape – Mardi 31 juillet 2018 : Malmedy > Herstal (161,4 km)

> Cliquez ici pour découvrir l’itinéraire-horaire de la caravane publicitaire et du peloton sur la 4e étape.

5e étape – Mercredi 1er août 2018 : Huy > Waremme (187,5 km)

> Cliquez ici pour découvrir l’itinéraire-horaire de la caravane publicitaire et du peloton sur la 5e étape.

Photo : – Graphiques : Tour de Wallonie/TRW’Organisation

Grégory Ienco

Journaliste - Belge - 28 ans. Ancien responsable des sports sur les sites du groupe de quotidiens belges Sudpresse et du quotidien belge Le Soir, journaliste sportif depuis 2009 et responsable adjoint de CyclismeRevue depuis sa création en 2006.

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