Les cinq leçons à retenir du Tour Down Under : Sagan en verve, Porte de retour…

Sous le chaud soleil australien, les leaders du peloton ont déjà affiché leur grande condition. Les sprinters attendus sur le tracé de ce 20e Tour Down Under ainsi que les quelques grimpeurs présents ont répondu présent, sans tergiverser. La victoire finale est finalement revenue au Sud-Africain Daryl Impey (Mitchelton-Scott), puncheur décidé à grimper de niveau durant cette nouvelle saison. Face à Richie Porte (BMC) ou encore Peter Sagan (Bora-Hansgrohe), l’ancien maillot jaune a en tout cas déjà passé un cap à l’occasion de ce Tour Down Under. Retour sur les hauts faits de cette première course du WorldTour.

Déjà deux victoires : Peter Sagan peut se reposer jusqu’en mars

Vainqueur du critérium pré-Tour Down Under dans les rues d’Adélaïde, le champion du monde Peter Sagan était attendu comme le grand favori sur l’ensemble des sprints massifs de l’épreuve australienne. Pourtant, le Slovaque a dû patienter jusqu’à la quatrième étape pour lever les bras sur une véritable course pro. Sagan a surtout dû faire parler sa puissance sur une étape plus corsée, au terme d’une course animée, avant de triompher au sprint. Le champion du monde n’a donc pas perdu grand-chose de ses qualités de puncheur rapide, et peut se reposer sur ses lauriers en vue du printemps. Peter Sagan va désormais prendre une pause auprès de son épouse et de son fils, né cet automne, avant de reprendre la compétition sur le Strade Bianche, en Toscane, le 3 mars prochain. Pour une fois, il fera l’impasse sur l’ouverture de la saison belge, le 24 février, au Circuit Het Nieuwsblad. Au grand dam des spécialistes des Flandriennes qui espéraient une première joute face au Slovaque.

Richie Porte est déjà de retour !

Depuis sa terrible chute dans la descente du Mont du Chat, sur la 9e étape du Tour de France, l’Australien Richie Porte n’avait repris sa monture dans une course professionnelle qu’à deux reprises. Après un abandon sous la pluie lors de la Japan Cup, en octobre dernier, le leader de la BMC avait surtout repris des couleurs sur ses terres australiennes, avec une troisième place sur le championnat d’Australie du contre-la-montre. Attendu comme le favori sur ce Tour Down Under, malgré une certaine incertitude en cas d’arrivée au sommet plus intense, Porte n’a pas déçu ses supporters. Sur Willunga Hill, il a été implacable : une attaque intense avec Jay McCarthy (Bora-Hansgrohe) dans la roue avant une nouvelle accélération plus puissante dans le dernier kilomètre et le voici parti pour une quatrième victoire consécutive sur le juge de paix du Tour Down Under.

« Cela a été une période difficile. Je pense toutefois que je peux réussir ma meilleure saison et je suis motivé pour cela », avoue le coureur australien de 32 ans, de nouveau décidé à conquérir le Tour de France en juillet prochain. « J’ai travaillé dur en Tasmanie et l’entraînement m’a fait beaucoup de bien. J’espère surtout arriver en Juillet en forme. » S’il n’a pu enrichir ce succès d’étape d’un deuxième maillot ocre sur les épaules, après son succès au général l’an dernier, Richie Porte a surtout confirmé que cette lourde chute n’a pas effacé son talent. Il reste désormais à connaître son état de forme sur les prochaines courses par étapes, plus complexes et aux cols plus éreintants.

Daryl Impey, un premier Africain au sommet du WorldTour

À 33 ans, Daryl Impey veut enfin prendre du galon. Chez Mitchelton-Scott, le coureur sud-africain semble surtout reprendre le rôle laissé par Simon Gerrans, parti cet hiver chez BMC. Capable de grimper sur des côtes abruptes et de sprinter parmi des pelotons plus restreints, Impey a enchaîné deux podiums d’étape pour s’offrir le maillot ocre de leader et, en prime, le classement général de ce 20e Tour Down Under. Déjà vainqueur du Tour de Turquie (2009) et du Tour d’Alberta (2014) par le passé, il devient surtout le premier coureur africain à triompher au général d’une course par étapes du WorldTour.

Et Daryl Impey a déjà d’autres grands objectifs pour cette prochaine saison. « Les classiques ardennaises sont mon prochain objectif. L’Amstel Gold Race, plus particulièrement », confirme-t-il en conférence de presse. « J’adorerais également gagner le championnat d’Afrique du Sud, le mois prochain. C’est quelque chose qu’il manque encore à mon palmarès (NDLR : il a déjà été six fois champion d’Afrique du Sud du contre-la-montre), et d’autres courses me conviennent aussi comme le Tour de Catalogne ». Pointé comme leader sur ce Tour Down Under, Impey risque donc de connaître un peu plus de pression au cours du prochain printemps, mais au vu de ses performances en Australie, Mitchelton-Scott semble miser sur le bon cheval.

André Greipel retrouve sa pointe de vitesse

Absent sur le Tour Down Under depuis 2014, le sprinter allemand André Greipel n’a pas manqué son retour parmi les coureurs les plus rapides d’Adélaïde. À peine arrivé sur le territoire australien, le vétéran de Lotto-Soudal a remporté la première et la sixième étapes du Tour Down Under, toutes deux au terme d’un sprint disputé, notamment face au jeune Caleb Ewan, pépite du sprint australien. Greipel est encore un vigoureux sprinter, malgré une saison 2017 en demi-teinte et compte sur ce bon début de saison sous l’été austral pour reprendre confiance. Cela lui suffira-t-il en vue des prochains Grands Tours ? Le « Gorille » a en tout cas l’habitude d’enchaîner les bonnes performances dès le début de saison, et reste un candidat sérieux en vue du Tour d’Italie et du Tour de France. « Tous les grands sprinters ne sont pas ici, mais j’ai quand même battu Ewan, Viviani et Sagan. Donc pas des moindres », confirme Greipel.

Thomas De Gendt est déjà prêt pour de nouvelles attaques

On n’arrête pas Thomas De Gendt (Lotto-Soudal). Alors qu’il a conclu sa saison le 24 octobre dernier sur le Tour de Guangxi, en Chine, le coureur gantois a déjà repris la compétition dès janvier sur le Tour Down Under, comme il en a l’habitude depuis quatre années. Locomotive pour André Greipel lors des longues étapes de plaine, le meilleur grimpeur de la dernière édition du Tour Down Under a également profité de l’étape-reine vers Willunga Hill pour tenter sa chance. Dans l’échappée du jour, le Belge a pris ses distances dès la première ascension de la côte du jour, en solo. Il a finalement été repris à dix kilomètres du but après une vingtaine de bornes en solitaire. De Gendt n’a cette fois pas pu se porter sur le podium, pour ses qualités d’attaquant ou ses points empochés au sommet des côtes australiennes, mais il a encore confirmé ses ambitions offensives en vue de la prochaine saison. Vivement le prochain Tour de France…

Photos : Bora-Hansgrohe/BettiniPhoto


Grégory Ienco

Journaliste - Belge - 27 ans. Ancien responsable des sports sur les sites du groupe de quotidiens belges Sudpresse et du quotidien belge Le Soir, journaliste sportif depuis 2009 et responsable adjoint de CyclismeRevue depuis sa création en 2006.

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