Face au nouveau règlement de l’UCI, les équipes WorldTour réduisent leur effectif

L’Union Cycliste Internationale (UCI) l’a décidé en septembre dernier : les Grands Tours ne pourront plus accueillir que des équipes de huit coureurs au lieu de neuf, et les autres épreuves professionnelles ne pourront inviter que sept coureurs par équipe au lieu de huit. Et cette nouvelle règlementation a des conséquences sur les contrats des coureurs du WorldTour.

Si la saison 2018 n’a pas encore débuté sous le soleil australien, les équipes du WorldTour et continentales professionnelles ont quasiment bouclé leur effectif pour la prochaine année. Depuis le mois d’octobre, certaines formations ont même déjà organisé des réunions entre les différents coureurs, pour notamment assurer la cohésion du groupe. Et les premiers stages sont attendus pour début décembre, afin de préparer la prochaine saison dans le sud de l’Europe, pour la plupart. Les effectifs sont donc quasiment ratifiés et il ne restera que quelques arrivées à officialiser d’ici les prochaines semaines.

Il est donc déjà temps de faire un premier bilan des équipes du WorldTour et de leur effectif pour 2018. Et la tendance n’est pas pour rassurer. En effet, alors que les groupes de la première division professionnelle atteignaient les 28 coureurs de moyenne ces cinq dernières années (entre 25 et 30 coureurs selon le règlement de l’UCI), les effectifs attendus pour la prochaine saison ne devraient pas dépasser les 28 pros. Les équipes Orica-Scott et EF Education First-Drapac sont même en-dessous des 23 coureurs requis pour assurer sa licence WorldTour d’ici le 1er janvier 2018. Jusqu’à présent, on compterait ainsi 25 coureurs de moins dans les 18 formations du WorldTour. Soit quasiment l’équivalent d’un effectif complet d’une autre équipe de première division.

Cette réduction des effectifs s’explique notamment par le nouveau règlement de l’UCI, mis en œuvre notamment à la demandes des grands organisateurs que sont ASO, RCS Sport et Flanders Classics. Pour la prochaine saison, les équipes ne peuvent en effet aligner que sept coureurs au lieu de huit sur l’ensemble des courses professionnelles, à l’exception des Grands Tours, où le nombre maximal sera de huit au lieu de neuf. Cela réduit logiquement le nombre de jours de course possibles pour les coureurs, même si le nombre d’épreuves de niveau WorldTour a augmenté la saison dernière. Les équipes ont donc fait le choix de limiter leur effectif.

En outre, bon nombre de formations ont fait le choix d’assurer la présence de leaders voire de lieutenants au salaire plus important, plutôt que plusieurs coureurs, plutôt considérés comme des équipiers. On peut notamment le voir chez Movistar, qui comptera trois coureurs de moins qu’en 2017. L’équipe espagnole a ainsi perdu plusieurs coureurs qu’on pouvait considérer comme lieutenants comme Jonathan Castroviejo ou les frères Herrada, mais a décidé d’engager Mikel Landa, qui empoche un salaire de leader. Difficile, du coup, d’engager d’autres coureurs avec une telle signature, à moins d’une augmentation de budget.

Pour sa part, l’équipe BMC Racing Team a eu du mal à engager des jeunes coureurs alors que la formation ne devrait tenir encore qu’une saison, avec certitude, avant la prise en main probable de Tag Heuer. Du coup, l’équipe perd des plumes et doit avant tout compter sur ses contrats existants ainsi que des arrivées de coureurs déjà confirmés comme Simon Gerrans ou Jürgen Roelandts.

Bref, difficile pour les équipes du WorldTour de poursuivre avec un effectif similaire à ces dernières années au vu des nouvelles règles mises en place. L’arrivée de nouvelles équipes continentales professionnelles (comme Vital Concept ou Euskadi Murias) peut toutefois permettre l’émergence de jeunes espoirs, et ces dernières n’ont visiblement pas limité leur effectif au contraire de leurs grandes sœurs du WorldTour. Il reste désormais à voir lors de la période de transferts 2018-2019 si cette nouvelle règlementation risque d’appauvrir les noyaux à moyen terme. Notamment au vu des récentes déclarations du nouveau président de l’UCI David Lappartient qui annonce même la possibilité de réduire le nombre de coureurs par équipes dans un Grand Tour à six… Au grand dam des coureurs eux-mêmes.

Photo : ASO

Grégory Ienco

Journaliste – Belge – 27 ans.

Ancien responsable des sports sur les sites du groupe de quotidiens belges Sudpresse et du quotidien belge Le Soir, journaliste sportif depuis 2009 et responsable adjoint de CyclismeRevue depuis sa création en 2006.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


Pin It on Pinterest