Euro de cyclo-cross à Tabor: les incontournables Van der Poel et Pidcock, pour le reste la bouteille à encre

Tabor, la ville de la Bohême-du-Sud, accueille en cette fin de semaine les championnats d’Europe de cyclo-cross, avec deux incontournables, Mathieu Van der Poel chez les élites et Thomas Pidcock en U23, et de belles occasions dans les autres catégories. En effet, on voit mal – sauf accident ou incident – qui pourrait bien venir battre ces deux-là, même si le champion des Pays-Bas fut accroché lors du dernier DVV Trophée.

Une affaire batave chez les élites

Dans la catégorie reine, pas trop de soucis à se faire du côté des Néerlandais. En l’absence

Mathieu Van der Poel

 programmée – et sans doute pas très judicieuse – du champion du Monde, Wout van Aert, le chemin est libre pour – qui sait – un podium 100% hollandais. En effet, au vu de cette première moitié de saison, personne n’ose venir contester la suprématie de Mathieu Van der Poel, qui fait de ses sorties des exemples du genre, tantôt en un long cavalier seul, tantôt en une lutte finale victorieuse, devant des adversaires combatifs, mais impuissants. À ses côtés, Lars van der Haar devient le pion de rechange, celui qui devrait palier à une défaillance de son compatriote. Et puis, on peut penser voir Corné van Kessel revenir au plus haut niveau, facilitant le jeu d’équipe nationale.

Hormis l’armada néerlandaise, il faudra se méfier des hommes du cru, avec à la tête de la sélection tchèque un certain Michael Boroš qui, assisté de ses coéquipiers, pourrait très bien créer la surprise. On l’a vu pointer le nez lors du Koppenberg, même s’il suivait à bonne distance des leaders. Toutefois, en terre connue, et sur un tracé spécialement conçu pour les locaux, il devrait participer à la conclusion.

Quant à la Belgique, on peut y croire, l’absence de Van Aert ne doit pas être prise comme excuse, mais très difficile de pronostiquer un succès du genre Toon Aerts, l’an dernier. La sélection de Sven Vanthourenhout comprend bien entendu les Kevin Pauwels, Klaas Vantornout et autre Gianni Vermeersch, mais ce n’est pas de ce côté qu’il faudra attendre le bon de sortie. Les jeunes loups, comme Laurens Sweeck, Tim Merlier ou Daan Soete doivent se montrer, et ils en sont capables, sans pour cela atteindre l’apogée. Côté français, pas de quoi pavoiser non plus. Steve Chainel, malgré notre admiration pour l’homme, ne peut pas rivaliser. Quant aux Matthieu Boulo et Fabien Canal, on devrait espérer ne pas trop perdre de distance.

Et si Sanne Cant revenait au Top, au bon moment?

En ce qui concerne les dames élites, l’opposition néerlandaise devrait également parler. Un quatuor composé de Kaptheijns, de Boer, Brand et Worst semble la voie à suivre, même si Maud ne fut pas à son affaire sur la pente du Koppenberg. Son début de saison la met en position de force par rapport à ses concurrentes, et la formation batave n’a rien à envier aux hommes. Décevante depuis fin août, mais aussi malade, la championne du Monde, Sanne Cant se reprenait sur le dernier Superprestige de Ruddevoorde, pour accéder au podium, mais d’emblée devait déclarer forfait au Koppenberg. Elle sera bien là à Tabor, c’est du moins sa volonté, mais pourra-t-elle faire jeu égal avec les Néerlandaises ? Loes Sels et Ellen Van Loy prennent de l’âge, tandis que Jolien Verschueren nous revient de nulle part, avec son podium du dernier DVV. Deux Britanniques, Nikki Brammeier et la surprenante Helen Wyman, compléteront les chances de podium.

Thomas Pidcock l’homme à (a)battre

En catégorie espoirs, un seul nom apparaît en tête d’affiche. Le Britannique Pidcock ne va pas se formaliser avec cette épreuve, tant la concurrence semble très loin de faire jeu égal, pour la victoire s’entend. Ce garçon cassait déjà la « baraque » en débutants et juniors, et comme il monte encore en puissance, même un Eli Iserbyt devra batailler ferme pour espérer prendre le maillot. Gros peloton tchèque, mais ces coureurs ne se déplacent pas hors du pays, et les qualités des uns et des autres n’apportent pas d’eau au moulin de la concurrence. Côté français, lorsque l’on sait qu’un Antoine Benoist espère un top-15, la chose est dite. La surprise pourrait venir des Néerlandais – encore eux – avec un certain Jens Dekker, ou les Belges Thomas Joseph et Thijs Aerts, mais cela pour le podium. On fera toutefois attention aux « laboureurs » polonais ou slovaques.

La voie tracée pour Laura Verdonschot?

En U23 filles, difficile de se prononcer, mais des noms sortent du lot, comme la Belge Laura Verdonschot, les Néerlandaises Ceylin Del Carmen Alvarado et Fleur Nagengast, ou la Française Marion Norbert Riberolle. Mais face à l’opposition des pays de l’Est, on ne peut que composer et voir venir la future championne d’Europe. L’Italie sera toutefois à suivre.

Ryan Kamp, porte-drapeau des juniors?

Chez les plus jeunes, et la catégories juniors pour ces championnats, encore et toujours une domination néerlandaise, avec en tête de liste Ryan Kamp et son compère Pim Ronhaar. Mais ici, toute l’attention du public se portera sur Jakub Schierl et Tomas Kopecky, des enfants du pays, avec de sérieuses qualités. Seul, peut-être, Jarno Bellens, le Belge peut se mêler à la partie, tout comme le Suisse Loris Rouiller. Au vu du Koppenberg, il ne serait pas possible d’oublier le Britannique Ben Tulett, capable de venir ponctuer l’effort et vaincre sans conteste.

Les listes des engagés:

Juniors-Hommes

U23_Femmes

U23_Hommes

Dames

Elites

Le site officiel de l’événement: http://www.cyklokros.cz/

Photos : UEC – Robert Genicot


Robert Genicot

Correspondant de presse depuis 1978. Administrateur de l'APFJS (Association Professionnelle Francophone des Journalistes Sportifs), aile francophone de Sportspress. Fondateur et rédacteur en chef du site Cycling-Review.eu en 2005 devenu CyclismeRevue en 2008.

Laisser un commentaire

Pin It on Pinterest